Les Incorruptibles : le test complet du DVD

The Untouchables

Édition Spéciale Collector

1987. Réalisé par Brian De Palma
Avec Kevin Costner, Sean Connery et Charles Martin Smith

Édité par Paramount Pictures

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Le 03/01/2005
Critique

Los Angeles. 1987. Fort de succès critiques et publics colossaux, l’un des parrains d’Hollywood décide de s’attaquer à l’un des épisode mouvementé de l’histoire des Etats-Unis : la lutte d’une poignée d’agents assermentés pour faire respecter la Prohibition et diminuer l’influence de la Mafia. L’idée du studio est d’adapter sur grand écran la série TV « Les Incorruptibles ». Celle du réalisateur est d’offrir une vision alternative au romanesque de cette même série. Oui Eliot Ness est un héros. Oui on lui doit l’arrestation du célèbre Al Capone. Mais il convient de rendre floue la limite entre le Bien et le Mal, la Vérité et le Mensonge, la Justice et le Crime.

Objectif avoué du réalisateur : transformer cette véritable machine à fric en thriller politique inspiré. Au programme, noirceur et perversité : la spécialité d’un De Palma toujours prêt à pourfendre le boy-scoutisme hollywoodien et ses wagons de clichés. Armé d’une filmographie à faire pâlir un producteur et d’un scénario retors et inspiré, De Palma s’y colle et taille dans le vif : mise en scène brutale aux entournures sanglantes (cf. la scène ou Sean Connery se vide littéralement sur la parquet de sa salle à manger), « Les Incorruptibles » se voient assaisonnés à la sauce Scarface. Les protagonistes, eux non plus, ne seront pas épargnés : policiers trouillards, juges véreux, mentor au bout du rouleau, vilains bon chic bon genre soucieux de leur image de bon père de famille, pas de doute, c’est bien l’univers de Brian De Palma.

Seuls les décors résistent à cette réappropriation de l’oeuvre par le réalisateur. Tocs, criards, dépourvus de toute subtilité, il puent le théâtral et laissent un arrière-goût de factice à l’ensemble. Sans doute parce qu’ils sont la preuve qu’une superproduction vide d’âme et de sens se préparait. Une banale exploitation d’une franchise TV à succès comme il en existe aujourd’hui des milliers. Les décors montrent qu’il s’en est fallu de peu. Heureusement ! Le film ne leur ressemble pas ! De Palma prend même un malin plaisir à en extirper toute la fausseté qui s’en dégage.

Comme s’il voulait signifier au spectateur de regarder au-delà des apparences… au delà de ce qui nous est dessiné. Y aurait-il un second degré ? Evidemment, car pris au premire degré, « Les Incorruptibles » n’a que peu d’intérêt. Grattez un peu et vous verrez appraître derrière le thriller grandiloquent une diatribe politiquement engagée. La peinture féroce d’une Amérique bien pensante où le puritanisme est pretexte et le dollar roi. Le tableau d’une Amérique en pleine déliquescence qui n’a plus aucun repère. Certains voient en Capone un machiavélique truand, De Palma, lui, le dépeint comme un produit de la société ; un simple homme d’affaires que la Prohibition a engendré. Sans la Prohibition, pas d’Al Capone et sans Al Capone pas d’Eliot Ness. C’est dans cette assertion que le film puise son inspiration. Une assertion « sévèrement burnée » pour un film de studio.

Mais avec De Palma, il fallait s’y attendre. Le réalisateur cristallise dans « Les Incorruptibles » les dysfonctionnements récurrents d’une Amérique pas si exemplaire que ça : une Amérique, qui boit, une Amérique qui vole, une Amérique qui ment… Et de finir par une apothéose en forme de pied de nez « Et maintenant que la Prohibition a été abolie Monsieur Ness, qu’allez-vous faire ? ». Réponse d’Eliot Ness « Boire un verre « . Il fallait oser. Comprenez que non seulement Ness, le héros de l’histoire, affirme qu’il ne sert plus à rien (ce qui est grandement inhabituel dans la merveilleuse contrée hollywoodienne où on laisse toujours une fin ouverte… on ne sait jamais des fois que le film ait marché… on peut ainsi fabriquer en hâte un 2 et un 3), mais encore, il affiche clairement son mépris pour une loi absurde. Il aurait tout aussi bien pu dire : « La Prohibition… quelle belle connerie ! ». C’eût été tout aussi efficace bien que moins raffiné je vous l’accorde.

De Palma met ainsi sa verve et son talent au service d’une oeuvre qu’il nous invite à redécouvrir. Relisez les  » Incorruptibles » en oubliant la non moins formidable série TV et vous y trouverez une oeuvre forte et incontournable.

Généralités - 4,0 / 5

Pour vous la faire brève. Packaging et bonus sont les atouts principaux de cette édition spéciale collector. On déplorera qu’il n’y ait pas eu de véritable retravail au niveau du son (en tous les cas en français) et de l’image qui présente quelques légers défauts de compression.

Que voulez-vous ? Il manque cruellement ce deuxième DVD. C’est même incompréhensible qu’une édition collector se présentât sur 1 seul et unique DVD. Toutefois, le lifting des menus et la présence de bonus passionnants parviennent à nous faire oublier ce désagrément de taille… un court instant.

Bonus - 4,0 / 5

A l’évidence le point fort de cette édition DVD. Comment a-t-on pu même songer à sortir le film sans eux. Ils ne sont pas juste intéressants, ils sont indispensables, nous éclairant tour à tour sur les motivations du réalisateur, l’état d’esprit des acteurs et les coulisses d’une production visionnaire à gros budget : la spécialité de Brian De Palma. Un deuxième DVD avec quelques bonus en plus n’aurait cependant pas été de trop.

Le scénario et la distribution (18’30 - VOST)

Centrée autour des anecdotes de Brian De Palma, cette première partie du making of aborde le domaine de la pré-production. On y apprend des choses passionnantes sur la manière dont se monte un blockbuster si et seulement si on sait lire entre les lignes.

Anecdotes du tournage (17’17 - VOST)

Cette deuxième partie du making of nous entraîne sur la production par le biais des anecdotes. Ca tombe plutôt bien puisque Brian De Palma n’en est pas avare et ses comparses non plus.

Réinventer le genre (14’23 – VOST)

Voici la partie la plus intéressante du making of. Les intervenants reviennent sur ce qu’ils ont essayé tout au long de la production afin de rendre le personnage et le film à la fois plus crédibles et plus captivant. De la simple trouvaille visuelle à l’intonation, la pré-production a fourmillé d’idées.

Le classique (5’37 – VOST)

Très rapidement est évoqué le rapport des protagoniste à la célèbre série dont est tiré le film. On vous laisse la surprise des commentaires. Bref mais intense !

Les hommes : bande-annonce promotionnelle (5’25 – VOST)

Une featurette beaucoup plus longue que la bande-annonce sans aucun intérêt. D’autant plus que la qualité dans laquelle cette bande-annonce promotionnelle nous est livrée est absolument déplorable.

Bandes-annonces (2’37)

La bande-annonce particulièrement efficace nous rappelle les meilleurs moments du film. Autrement dit un vrai régal et un collector.

Image - 4,0 / 5

Même si l’image continue d’offrir netteté, contraste et profondeur, on était clairement en droit d’attendre autre chose. Une remasterisation complète qui puisse donner de grands airs de collector à cette édition spéciale mono DVD. Il faudra attendre pour cela une nouvelle réédition car l’image est approximativement la même que sur l’édition précédente, à quelques défauts d’encodage près (notamment sur certains plans, lors de la poursuite entre Eliot Ness et Frank Nitti).

Mais il ne faut pas être injuste. L’image conserve une qualité plus que respectable et redécouvrir ce chef d’oeuvre en DVD demeure, en partie grâce à cela, toujours un plaisir.

A noter enfin, le très beau travail opéré sur les menus. Transitions soignées et séquences clés du film vous mettent immédiatement dans l’ambiance. Rien que pour cette immersion par l’image, cette édition DVD vaut amplement de remplacer la précédente.

Son - 4,0 / 5

Côté VF, aucune différence notable entre l’édition précédente et la nouvelle. On n’en était pas au point d’espérer un piste DTS mais enfin tout de même du 5.1 de cette qualité pour une édition collector, c’est un peu léger. N’attendez donc aucun miracle de cette piste-là : ni profondeur, ni émotion, ni même dynamisme. C’est mou, c’est terne… bref c’est à se pendre !

Côté VO, l’effort est bien plus conséquent. Dolby Digital 5.1EX je vous prie et pas une simple spatialisation du son, non ! De la vraie bonne bande-son digne d’un vrai bon collector. Juste histoire de vous montrer de quoi le tandem De Palma / Morricone est capable, repassez-vous en boucle la séquence de l’arrestation à la frontière canadienne. En Dolby Digital 5.1, tension et action donnent aux scènes de sérieux accents Léoniens.

Inutile de perdre votre temps avec les autres pistes son, seule la piste VO Dolby Digital 5.1 EX mérite votre intérêt. C’est à se demander si les autres pistes ne servent tout simplement pas d’éléments de comparaison tant l’écart est abyssal.


Excellente soirée sans aucune Prohibition !

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Rétroprojecteur Toshiba 43PH14P
  • Toshiba SD-330ES
  • Onkyo TX-DS797
  • système d'enceinte 5.1 Triangle
Note du disque
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PAT
Le 18 février 2005
Pour le film......

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