Sailor & Lula : le test complet du DVD

Wild at Heart

Édition Collector

1990. Réalisé par David Lynch
Avec Nicolas Cage, Laura Dern et Willem Dafoe

Édité par Wild Side Video

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Critique

Dire que Sailor & Lula est un film culte n’est pas très original. Toute l’oeuvre de Lynch est culte. Chacun de ses films soulève l’enthousiasme pour certains et le mépris pour d’autres. Chacun de ses films fait l’objet d’une dissection méticuleuse et d’une tentative de sondage de l’esprit soit-disant torturé du génie Lynchien.
A mi-chemin de sa carrière actuelle, « Sailor & Lula » se pose comme l’une des plus grosses pierres de son oeuvre. Seul maître à bord de ses réalisations, il s’entoure de collaborateurs qui soit le suivent les yeux fermés, soit font tout pour l’aider à mener à bien son projet.
Un projet tout droit sorti du livre de Barry Gifford qui respecte au plus haut point Lynch et ce qu’il a fait de son roman. L’histoire de ces deux amoureux fous qui doivent littéralement lutter pour préserver leur amour et leur intégrité au milieu d’une troupe de personnages vomis par ce monde « au coeur sauvage et tordu ». Parmi eux, la pire, la plus vicieuse, la plus tordue : Marietta, la mère de Lula. Contrariant depuis le début cette histoire d’amour, c’est à elle que Sailor et Lula doivent de s’embarquer pour ce voyage sur les routes de l’enfer.
Lynch ne fait alors que les suivre tout en n’oubliant jamais de profiter du plus petit détail sordide ou insolite qui forgent l’ambiance du film toujours en équilibre entre réalisme et surréalisme. Et c’est justement ce subtil équilibre qui happe le spectateur attentif, ce mélange de magie et de vérité grotesque qui est finalement l’une des signatures les plus évidentes de Lynch, une clé indispensable pour accéder à son imaginaire et à sa vision d’un monde qui le dérange manifestement…
Violent pour son époque, on peut aujourd’hui regarder « Sailor Lula » comme une oeuvre indispensable non seulement pour la carrière de Lynch mais également pour son côté « leçon de cinéma » indéniable.

Généralités - 5,0 / 5

Rien à redire ! Digipack impeccable, sérigraphies classes, menus travaillés, navigation simple et cerise sur le gâteau, un livret de 80 pages tout à fait intéressant. Merci Wild Side pour cet excellent travail.

Bonus - 5,0 / 5

Sur la base de l’édition spéciale américaine de MGM, l’équipe de Wild Side a ajouté près de deux heures de bonus rares voire inédits, offrant ainsi près de 3 heures de bonus aux fans du film et aux curieux qui auront ici tout le loisir de découvrir non seulement les origines de ce film mais également d’avoir un bon aperçu de qui est Mr Lynch.

AUTOUR DE SAILOR ET LULA
On trouve ici une featurette d’époque qui présente brievement les personnages et l’univers du film. Une rareté certes, mais à l’intérêt limité.
Les deux entretiens exclusifs avec Barry Gifford et Harry Dean Stanton sont riches d’anecdotes mais ont tendance à verser dans la redite par rapport aux divers making of.
Le morceau de choix (mais trop court) est Love, Death, Elvis & Oz un making of réalisé cette année qui remonte avec toute l’équipe du film aux sources du projet qui nous fait partager sensations, humeurs et anecdotes.
Dans la série des bonus exclusif, l’interview de Bernardo Bertolucci est le plus riche. Celui-qui fut le président du Festival de Cannes qui accorda la Palme d’Or à « Sailor & Lula » revient sur des détails croustillants de cette attribution nous livre également son sentiment sur David Lynch.

DAVID LYNCH
Issue d’une série de documentaires diffusés par la chaîne CinéCinémas et déjà présent sur le DVD The Elephant Man Les réalisateurs : David Lynch retrace la carrière de David Lynch jusqu’à Mulholland Drive et donne la parole à une belle brochette d’acteurs ayant travaillé avec ce réalisateur que tous s’accordent à décrire méticuleux et joyeux sur les tournages.
Jusqu’à présent, David Lynch regardait le DVD avec un certain mépris et ne supportait pas par exemple qu’on puisse découper son oeuvre en chapitres ou que l’on tente via les bonus d’expliquer ses films. Il semble qu’il s’assagisse et qu’il reviennent peu à peu sur sa décision, en tout cas en ce qui concerne la qualité du film proposé sur ce support. David Lynch : à propos de cette édition DVD est une courte interview, où Lynch explique pourquoi et comment il a fallu repartir du négatif original du fim afin de pouvoir offrir une copie de qualité adaptée à la vidéo et donc au DVD. Qu’il en soit remercié !
Une spontanéité particulière : travailler avec Lynch est un prolongement du making of et offre des impressions supplémentaires des collaborateurs de Lynch sur sa façon de travailler.

Des traditionnels bandes-annonces, spots et revues de presse, on retient surtout ces dernières qui montrent bien à quel point les avis sont partagés sur ce film, entre admiration et dégoût.

Le voyage se termine CHEZ DELL’S qui est également un prolongement du making of et qui permet à chacun de nous livrer une belle série d’anecdotes.

Difficile de faire plus ! Seul regret comme souvent, la facheuse manie de découper un gros making of d’une heure en petits morceaux. Car si l’on regarde bien, Love, Death, Elvis & Oz, Une spontanéité particulière : travailler avec Lynch et CHEZ DELL’S sont une seule et même source.

Image - 4,5 / 5

Comme précisé dans les bonus ci-dessus, David Lynch s’est enfin investi dans la préparation d’un DVD d’un de ses films. Le bénéfice pour l’image est énorme ! Reparti du négatif original, nous voici en présence d’une copie exempte de griffure et salissure, d’un encodage qui frise la perfection (les séquences sombres fourmillent légèrement) et d’une qualité de visionnage exmplaire avec des couleurs aussi chaudes que l’ambiance du film. Un régal !

Son - 4,5 / 5

C’est ici que vous attend une autre exclusivité zone 2 française : la piste VO en DTS. La piste DD5.1 est déjà tout à fait excellente avec une finesse et une profondeur qui rendent justice à toute l’ambiance sonore (des dialogues à la musique en passant par les bruitages) ; mais la piste DTS vous emmène encore plus loin et apporte un sentiment d’ultra-réalisme permettant une plongée encore plus profonde dans le film.
La piste française ? Et bien, puisqu’il faut en parler, parlons-en… Une horreur ! Par le fait de la stéréo, c’est déjà très plat, mais le doublage n’arrange rien ! Par pitié, que les allergiques à la VO fassent un effort pour éviter cette piste car elle tue tout simplement l’esprit du film et le rend grotesque.

Configuration de test
  • Vidéo projecteur Toshiba TDP-MT500
  • Pioneer 656
  • Yamaha RX-V393RDS
  • kit enceintes & caisson Yamaha NSP-300
Note du disque
Avis

Moyenne

4,5
5
3
4
0
3
1
2
0
1
0

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Marc
Le 18 septembre 2009
Pas de commentaire.
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Nestor
Le 27 septembre 2006
Pas de commentaire.
Avatar
hu
Le 13 mars 2005
Pas de commentaire.

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