Fahrenheit 9/11 : le test complet du DVD

2004. Réalisé par Michael Moore
Avec Michael Moore, George W. Bush et Donald Rumsfeld

Édité par Studiocanal

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Critique

On ne peut pas y croire tant qu’on n’a pas vu le film ! Bien sûr, on se doute de certaines choses via les quelques informations qui filtrent ici et là. Mais que le gouvernement américain soit aussi complexe et tordu, que les masses puissent être endormies au point de ne pas se réveiller même si on leur tape sur la tête… ça donne des frissons et même le vertige.
Déjà ébranlé par une première gifle (l’élection-masquarade de George W. Bush en 2000), l’Amérique a reçu une deuxième grande baffe le 11 septembre 2001. Le film de Michael Moore s’attache à ces deux « événements », à ce qui se tramait avant et à ce qui en a découlé.

Alors, film ou documentaire ? Propagande ou information ? Vérité ou mensonges déguisés ? Là encore, chacun se fera son opinion. Mais juste pour la petite histoire, sachez que non seulement les informations délivrées par Moore dans son film ont toutes été vérifiées et re-vérifiées, mais sachez aussi que Moore n’a jamais perdu un seul procès parmis ceux intentés dans le cadre de ces films. A bon entendeur…

Et comme il s’agit ici pour moi de donner un avis, je dirais que j’ai eu à faire ici avec un film non pas de propagande, mais un film citoyen. Car oui, Moore est clairement orienté politiquement, oui, il démonte via ce film toutes les incohérences (et je suis poli) du gouvernement Bush, oui, il donne sa position sur la guerre en Irak. Bien sûr il ne le fait pas toujours avec finesse, on peut lui reprocher d’être « rentre dedans », mais en même temps, il a un message à faire passer ! Non pas à nous, « reste du monde », mais à ses compatriotes. Moore est fier d’être américain, il aime son pays, mais il n’aime pas ce qu’en fait son président et il le dit tout haut à grand renfort de documents assassins.

Et puis surtout, il à le devoir de réveiller des milliers d’américains endormis par certains médias vendus corps et âmes à la Maison Blanche. Médias qui martelaient jour et nuit que Bush serait réélu (jetez-vous d’ailleurs sur l’excellent Outfoxed à ce sujet).

Non vraiment, tout ce que l’on peut réellement admettre au sujet de Fahrenheit 9/11 c’est qu’il est honnête. Honnête par son réalisateur, honnête dans sa démarche et honnête avec un certain sentiment de justice et de liberté d’esprit qui commence à faire sérieusement défaut et pas seulement aux Etats-Unis. Comme dirait un certain Mr Zéro : « Méfiez-vous des contrefaçons »… et surtout des contrefaçons d’hommes politiques serait-on tenté d’ajouter.

C’est là que ce film à un rôle à jouer, car au-delà du fait qu’il soit surtout destiné aux américains dans ses démonstrations, il permet de garder l’oeil ouvert chez nous où, si l’on y regarde de plus près, tout n’est pas très joli à voir non plus. Au risque de me répéter, que ce soit dans sa conception (merci Mr Moore) ou dans son visionnage, voyez surtout ce film comme un acte citoyen, un acte indispensable.

Généralités - 5,0 / 5

La perfection, un point c’est tout. Un travail exemplaire effectué par StudioCanal qui a su donner au film de Michael Moore (s’il était besoin) un écrin des plus attractif.
Ca commence avec un packaging très soigné (un fourreau en carton épais qui imite un dossier plein à craquer de documents), ça continue avec des menus simples mais néanmoins inventifs et ludiques, et ça fini avec la partie suppléments qui est incontournable.

Bonus - 5,0 / 5

StudioCanal a fait ici preuve d’un engagement incroyable envers ce film. Car non content de récolter les bonus de l’édition américaine, des contenus français exclusifs viennent compléter le film et enrichissent le débat sur l’oeuvre elle-même et sur ce qu’elle dénonce.

Le 1er DVD enrichit le film d’une lecture interactive qui propose 7 éclaircissements par deux journalistes pendant le visionnage du film grâce à une fonction « lapin blanc » ou plutôt « trombonne rouge » ici.
Après le film, Alexandre Tylski de la revue Cadrage, propose de revenir sur 5 passages du film et offre une analyse cinématographique, histoire de prouver que « Fahrenheit 9/11 » a droit à sa palme d’Or en tant qu’oeuvre de cinéma.
Ce 1er disque se termine sur la bande-annonce et un spot TV du film ainsi que sur une belle collection de bandes-annonce StudioCanal également en introduction du disque mais heureusement « zappables »…

2h30 de bonus ! Voici ce que propose le 2ème DVD de cette édition.
Et ça commence très fort avec un quasi deuxième film grâce aux 10 scènes coupées qui totalisent 1h14 d’images tout aussi chocs, tragiques, grotesques ou effrayantes que l’est déjà le film. Que dire sinon que ces scènes sont indispensables. Il y a même fort à parier que Moore aurait pu en accumuler plus…
A quoi sert le film ? est le titre d’une featurette surtout déestinée aux américains tant elle appelle à voir le film afin de comprendre ce que ce gouvernement cache. Car même si le film peut faire changer les mentalités, encore fallait-il qu’il soit vu par ceux qui pense que George W. Bush est un bon président…
Emission célèbre de la chaîne Arte, « Le dessous des cartes » propose ici l’un de ses segments sur l’état de l’Irak en 2002, juste avant la guerre avec un rappel historique sur le pays et sur son contexte poiltique et social du moment. Un éclairage tout à fait raccord avec le film de Moore.
1ères pensées est la copie du courrier électronique envoyé par Michael Moore au lendemain de la réélection de George W. Bush… efficace au possible.
Fahrenheit : la Palme et le brulôt est une exclusivité française qui, à sa manière, relance le débat et donne la parole à propos du film à des experts, journalistes et réalisateurs. Et là encore, on peut constater que les esprits sont loin d’être tous « éveillés », car en toute objectivité, ce petit documentaire de 46 minutes laisse chacun s’exprimer librement.

Et comme le cerveau s’entraîne dès le plus jeune âge, ce deuxième DVD propose, via un lecteur DVD-rom, un complément pédagogique destiné aux écoles qui souhaiteraient diffuser le film aux élèves et étudiants. Un fichier imprimable constitué de fiches dont les thèmes abordés vont de l’histoire du documentaire à l’utilité du film de Michael Moore en passant par le système politique américain… vous voulez que je vous dise… lisez-le, car il n’est jamais trop tard pour apprendre des choses intéressantes voire indispensables.

Image - 5,0 / 5

Aïe, voilà qui n’est pas facile. Juger une image faite de bric et de broc n’est pas une mince affaire. Nous sommes face à des sources diverses, aux qualités allant de la vidéo atrocement compressée pour passer par Internet jusqu’aux images cristallines tournées par Moore pour le film. Mais étant donnée le travail effectué sur ces dernières, on ne peut que constater que l’encodage s’est fait dans le plus grand respect. Disons que le DVD donne le maximum de ce que Moore a mis dans son film.

Son - 5,0 / 5

L’embarras du choix … du 5.1 ou de la stéréo surround aussi bien en VO qu’en VF. Quel intérêt pour un documentaire d’avoir du 5.1 ? Et bien là encore, le documentaire laisse place à l’oeuvre cinématographique et se dote d’une ambiance toute particulière dès qu’interviennent les musiques choisies par Michael Moore. On a alors un sens précis des émotions qu’il veut transmettre. Et autant la piste 5.1 s’y prête à merveille, autant la piste 2.0dpl vous donnera l’impression de vous retrouver devant un « simple » documentaire.
Un mot de la version française qui s’écoute facilement mais qui reste (ici plus que jamais) à déconseiller, tant on perd en impact au niveau de la véracité de certains témoignages.

Configuration de test
  • Vidéo projecteur Toshiba TDP-MT500
  • Pioneer 656
  • Yamaha RX-V393RDS
  • kit enceintes & caisson Yamaha NSP-300

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