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Portier de nuit : le test complet du Blu-ray

Portiere di notte, Il

Italie - 1974

Réalisé par Liliana Cavani

Avec Dirk Bogarde, Charlotte Rampling, Philippe Leroy, Gabriele Ferzetti, Giuseppe Addobbati, Isa Miranda

Critique par Sabrina Piazzi. Publiée le 14 novembre 2011

Critique

Vienne, 1957. Max travaille comme portier de nuit dans un hôtel, le Zur Oper. Un jour, arrive Lucia, en voyage avec son mari, chef d’orchestre américain en tournée en Europe. Il suffit alors d’un regard pour que leur passé commun resurgisse : ancien officier SS, Max a entretenu avec Lucia une histoire d’amour passionnelle et brutale alors qu’elle était, à peine âgée de 16 ans, prisonnière dans un camp de concentration.

A travers cette relation trouble et provocante, Liliana Cavani observe la fascination pour le Mal et la part d’ombre que les sociétés de l’immédiat après-guerre refusaient d’admettre. Inspiré du cinéma de Rainer Werner Fassbinder et de Luchino Visconti (la référence aux Damnés est indiscutable), on pense aussi au Dernier tango à Paris de Bernardo Bertolucci notamment dans le huis clos de la dernière partie où le couple s’adonne autant à leurs jeux érotiques qu’à attendre l’issue fatale qui leur est réservée.

Portier de nuit dérange, irrite, fait mal. Profonde et complexe analyse de la nature humaine, le film de Liliana Cavani met l’homme face à son côté pervers, malsain, à sa propre culpabilité inavouée. Après la guerre, le Mal n’a pas été éradiqué et se terre non seulement dans un coin de la mémoire collective mais aussi dans les pièces obscures d’un hôtel lugubre et attend son heure pour réapparaître aux yeux du monde. Porté par l’intense et bestiale interprétation de Charlotte Rampling et de Dirk Bogarde (qui fait le lien avec Les Damnés), qui se donnent véritablement corps et âme dans cette histoire ténébreuse, réalisée au scalpel avec une froideur chirurgicale par Liliana Cavani, Portier de nuit est un film qui aujourd’hui est toujours aussi agressif, choquant, tortueux et subversif. Autant dire que ce diamant noir n’a tout simplement pas vieilli.

3,5 / 5 Généralités

L’éditeur nous a concocté un menu principal élégant et lumineux, reprenant la plus célèbre séquence du film quand Lucia, coiffée d’une casquette de nazi et vêtue seulement d’un pantalon militaire à bretelles entonne une chanson de Marlene Dietrich.

4,5 / 5 Suppléments

En 1965, Liliana Cavani réalise un documentaire pour la RAI centré sur les partisanes intitulé Les Femmes de la Résistance dans lequel elle donne la parole aux femmes résistantes du nord de l’Italie, dont certaines avaient été capturées par les allemands et enfermées dans les camps de Dachau et d’Auschwitz. C’est ce film de 50 minutes que l’éditeur nous propose de découvrir en prolongement de Portier de nuit et pour cause, ce film est né des images que la cinéaste a visionné pendant plusieurs mois et du traumatisme de ces partisanes. Véritable devoir de mémoire, cet immanquable documentaire historique explore le sacrifice des femmes durant la Seconde guerre mondiale, souvent négligé dans les manuels d’histoire, à travers des photographies et des images d’archives. Les interrogatoires, les actions clandestines, les tortures subies, rien ne nous est épargné. Certaines ont vu leur fils, leur mari mourir devant leurs yeux, elles ont connu la faim, la souffrance et partagé celle des autres. Leur retour des camps semble être encore frais dans leurs mémoires et les stigmates des violences subies dans les camps sont encore bien visibles.

Un entretien avec Liliana Cavani remontant à 2001 complète cette interactivité. A travers quelques photos de tournage, la réalisatrice évoque la genèse de Portier de nuit, la psychologie des personnages, les rapports victime-bourreau, le casting et l’accueil du film (grand succès en France, classé X aux Etats-Unis, retiré immédiatement de l’affiche en Italie), le tout agrémenté d’anecdotes.

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces et les crédits du Blu-ray.

4,0 / 5 Image

Entièrement supervisé puis approuvé par la réalisatrice Liliana Cavani, ce nouveau master restauré en HD à partir du négatif original restitue merveilleusement l’atmosphère glacée, austère et livide de Vienne, en dépit d’un piqué un peu doux. La photo éthérée signée Alfio Contini (Le Fanfaron, Zabriskie Point) fait la part belle à la couleur verte qui rappelle les uniformes des nazis, et l’atmosphère malsaine rappelant quelques oeuvres expressionnistes demeure palpable tout du long. Les contrastes sont à l’avenant, la compression idéale, la définition quasi-exemplaire respecte le grain cinéma original, toutes les scories ont été éliminées et même un « poil caméra » visible sur la scène clé des retrouvailles entre Lucia et Max qui n’avait jamais pu être gommé auparavant n’a pas résisté au scalpel numérique. Les séquences sombres apparaissent moins définies, quelques noirs virent au bleu mais les clairs-obscurs sont tranchés. N’oublions pas non plus le format 1.85 qui est cette fois respecté contrairement aux éditions DVD du film disponibles en Italie et aux Etats-Unis.

4,0 / 5 Son

Portier de nuit a été tourné en anglais et le mixage DTS-HD Master Audio mono d’origine instaure des conditions acoustiques délectables, pures et limpides. En dépit de quelques dialogues parfois étouffés et d’un léger ronronnement, l’écoute demeure précise, propre et ample. Egalement disponible, la piste française DTS-HD Master Audio mono d’origine apparaît encore plus riche et le doublage est excellent. Notons tout de même quelques sensibles saturations sur les passages musicaux pour les deux mixages.

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Configuration de test :

  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Portier de nuit - Blu-ray

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