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Harakiri : le test complet du Blu-ray

Seppuku

Japon - 1962

Réalisé par Masaki Kobayashi

Avec Tatsuya Nakadai, Rentaro Mikuni, Shima Iwashita, Akira Ishihama

Critique par Philippe Gautreau. Publiée le 7 juin 2012

Critique

Les temps de paix sont durs pour les rônins, les samouraïs sans maître, réduits à demander l’aumône ou à se reconvertir à d’autres emplois et à abandonner le prestigieux statut de guerrier. Un dernier recours : une mort honorable par le suicide.

C’est le choix de Hanshiro Tsugumo, qui frappe à la demeure du clan Li pour être autorisé à y perpétrer le rituel du harakiri. Mais avant, il souhaite rappeler les circonstances de la mort d’un jeune rônin, Motome Chijiiwa…

Sur une trame dramatique simple de Shinobu Hashimito, un des grands scénaristes japonais (Rashomon, Les Sept samouraïs, pour la version de Kurosawa et pour le remake de John Sturges), le film montre, pendant presque toute sa durée, la montée lente et inexorable d’une violence qui se déchaîne tout à la fin.

Des décors très épurés, des plans souvent fixes et de rares mouvements de caméra très maîtrisés, un accompagnement musical parcimonieux focalisent l’attention sur la montée progressive de la tension dramatique, qui se dénouera par la mort annoncée d’un homme en révolte contre toutes les valeurs sociales de son temps qu’il juge inhumaines. Plus que les mots, ce sont la crispation des mâchoires, le durcissement du regard, les gouttes de sueur révélés par les gros plans de visages qui montrent la progression de l’action.

Harakiri est un drame qui prend aux tripes (sans jeu de mots ?), une extraordinaire leçon de cinéma !

3,5 / 5 Généralités

Le boîtier Blu-ray classique est inséré dans un surétui cartonné. 18 chapitres. Seule disponible, la version originale avec sous-titres français optionnels.

5,0 / 5 Suppléments

Pour cette réédition, pour la première fois sous le format Blu-ray, Carlotta Films reprend les bonus utilisés pour le DVD édité en 2006, en définition standard et son mono.

L’art de mourir (7’) selon le code de l’honneur (bushido) et la structure du Japon féodal du XVIIe siècle sont expliqués par Claire-Kiko Brisset, maître de conférences à Paris VII. En haut de la hiérarchie des castes venaient les guerriers, dont le statut est menacé par la paix durable qui s’installe. Cette longue période de paix, la période Edo, a vu se durcir le carcan de la féodalité. Intéressant, bien qu’un peu court.

L’entretien avec Christophe Gans (29’), réalisateur de Crying Freeman, Le Pacte des loups et Silent Hill, est captivant de bout en bout. Sa connaissance du cinéma asiatique lui a valu de diriger en France la collection HK Vidéo. Opportunément filmé dans le cadre du cinéma La Pagode, après un rapide panoramique sur le cinéma japonais des années 60, il dirige ses projecteurs sur Masaki Kobayashi qui venait de réaliser, juste avant Harakiri, La Condition de l’homme (Ningen no jôken), une immense fresque de plus de neuf heures avec, pour personnage principal, un autre guerrier, Kaji l’objecteur de conscience, témoin de l’horreur de l’occupation par le Japon de la Mandchourie pendant la seconde guerre mondiale (le magnifique coffret édité par Carlotta Films est encore disponible). L’analyse par Christophe Gans de Harakiri, est un modèle de pertinence et de clarté.

Bande-annonce (3’).

Avec la réédition en janvier 2012 par Wild Side Vidéo sur DVD de La Rivière noire, de Kwaidan et de Rébellion, qui forme une sorte de diptyque avec Harakiri, les plus grands films de Masaki Kobayashi sont maintenant disponibles sur support numérique.

Mais l’importance de ce réalisateur que Christophe Gans compare à Stanley Kubrick, justifierait la sortie d’une intégrale des quelques vingt films qu’il a réalisés.

4,0 / 5 Image

La qualité du master haute définition, avec de bons contrastes, valorise la magnifique photo du film, avec des cadrages précis inspirés par l’architecture stricte des lieux de tournage, l’intérieur et le patio central d’une grande demeure.

L’image est propre, avec une parfaite définition des visages en gros plans. Elle est toutefois affectée d’un léger fourmillement, surtout décelable sur les aplats clairs ou les arrière-plans.

4,5 / 5 Son

Cette nouvelle édition a évité les risques d’un remixage multicanal artificiel. Le format DTS-HD mono fait bien son office : pas de souffle, très peu de parasites, des dialogues clairs et un rendu incisif de la musique de Tôru Takemitsu, un des grands compositeurs nippons, disparu la même année que Kobayashi en 1996, qui a beaucoup écrit pour le cinéma ; on lui doit notamment la somptueuse musique de Ran, le chef-d’oeuvre d’Akira Kurosawa.

Acheter ce Blu-ray sur Amazon (19,99 €)

Configuration de test :

  • Vidéo projecteur InFocus IN76
  • Panasonic DMP-BD30
  • Denon AVR-3806
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918 (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080i - Diagonale image 270 cm
Harakiri - Blu-ray

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