Deux hommes dans la ville : le test complet du Blu-ray

Combo Collector Blu-ray + DVD

1973. Réalisé par José Giovanni
Avec Alain Delon, Jean Gabin et Mimsy Farmer

Édité par Pathé

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Le 06/07/2015
Critique

Photo Deux hommes dans la ville

A sa libération, Gino Strabliggi, un ancien truand, est chaperonné par l’inspecteur Cazeneuve, inspecteur a la retraite, qui l’aide à se réinsérer. Malheureusement un autre policier cherche à le faire trébucher.

Ecrivain, scénariste, dialoguiste et réalisateur, José Giovanni (1923-1986), de son vrai nom Joseph Damiani, est un ancien collabo et repris de justice, trois fois condamné, à vingt ans de travaux forcés, puis condamné à mort pour trois assassinats (gracié par le président Vincent Auriol en 1949) et à nouveau condamné à dix ans de prison pour rançonnement de juifs cachés sous l’Occupation. Après quelques remises de peine, il sort de prison en 1956 à l’âge de 33 ans après plus de onze années passées derrière les barreaux, non sans avoir emporté avec lui un journal qu’il avait tenu durant son incarcération et dans le couloir de la mort dans l’attente de la décision de la Cour de cassation et de la grâce présidentielle. Ce journal intime deviendra un roman, Le Trou, qui raconte également sa tentative d’évasion de la Prison de la Santé en 1947. Le succès est immédiat et le cinéaste Jacques Becker s’empare des droits pour le cinéma. José Giovanni ne quittera plus le monde du Septième Art et collaborera avec les plus grands comme Claude Sautet (Classe tous risques), Jacques Deray (Symphonie pour un massacre), Robert Enrico (Les Grandes gueules, Les Aventuriers), Jean-Pierre Melville (Le Deuxième Souffle), avant de passer lui-même à la mise en scène en 1967 avec Le Survivant.

Considéré comme l’oeuvre la plus intime de son auteur, Deux hommes dans la ville porte les traces, les stigmates des diverses incarcérations de José Giovanni, s’inspire de ses expériences personnelles et prolonge ses thèmes de prédilection, amitiés viriles, code de l’honneur, fidélité, trahison, vendetta, vengeance.

Avec ce septième long métrage, José Giovanni dénonce très ouvertement et frontalement la peine de mort. Produit et merveilleusement interprété par Alain Delon dans un de ses meilleurs rôles, celui-ci partage pour la dernière fois l’affiche - après Mélodie en sous-sol (1963) et Le Clan des Siciliens (1969) - avec le Vieux, Jean Gabin, dans son antépénultième film. Agé de 69 ans, le comédien apparaît très fatigué, les traits tirés, le teint blanchâtre, voûté plus que d’habitude. Il est néanmoins parfait dans ce rôle singulier d’ancien flic devenu éducateur pour délinquants qui prend sous son aile un ancien truand (Delon donc) qui vient de purger plus de dix ans de prison et qui décide de refaire sa vie auprès de la femme qu’il aime. Mais c’était sans compter sur son ancienne bande qui revient à la charge, ainsi que l’inspecteur retors et inquisiteur, qui l’avait incarcéré dix ans auparavant (glaçant Michel Bouquet), qui n’hésite pas à le harceler, persuadé tel Javert dans Les Misérables, qu’il ne va pas tarder à replonger.

José Giovanni fustige la perversité de la justice à travers ce réquisitoire contre la guillotine. Avec la beauté de la photographie du chef opérateur Jean-Jacques Tarbès (La Piscine, Borsalino, Flic Story), la splendide composition de Philippe Sarde, les dialogues percutants et un casting quatre étoiles (Mimsy Farmer, Victor Lanoux, Ilaria Occhini, Cécile Vassort, Bernard Giraudeau (dans son premier film), Maurice Barrier et même le jeune Gérard Depardieu), le film de José Giovanni laisse pantois d’admiration, du début jusqu’au final, une extraordinaire séquence qui reste gravée dans toutes les mémoires.

Avec près de 2,5 millions d’entrées en France en octobre 1973, Deux hommes dans la ville est un grand succès et n’aura de cesse d’entraîner moult débats sur l’abolition ou non de la peine de mort dans nos contrées. En 2014, le cinéaste Rachid Bouchareb en réalise un remake avec La Voie de l’ennemi.

Photo Deux hommes dans la ville

Généralités - 3,5 / 5

Le test du Blu-ray de Deux hommes dans la ville a été réalisé sur un check-disc. L’édition se présente sous la forme d’un combo Blu-ray-DVD. Le menu principal est animé, élégant et musical.

Bonus - 3,0 / 5

On commence cette section par une formidable présentation (22’) de Deux hommes dans la ville par Olivier Rajchman (auteur de Delon/Belmondo : l’étoffe des héros). Notre interlocuteur replace brillamment le film de José Giovanni dans la carrière d’Alain Delon et de Jean Gabin, tout en abordant les thèmes, le casting (Jean Gabin engagé après les refus de Lino Ventura et Yves Montand), le parcours singulier du réalisateur (condamné trois fois après la guerre), le succès à sa sortie et son retentissement, le tout parfois illustré par des extraits d’interviews d’époque des comédiens (dont Delon qui parle évidemment de lui à la troisième personne) et même issues du tournage.

S’ensuit une présentation (4’) maladroite et simpliste du film par Sophie Seydoux, lors de la projection de Deux hommes dans la ville en version restaurée à l’Institut Lumière de Lyon en 2014.

Ne ratez pas l’entretien avec l’immense compositeur Philippe Sarde (10’) qui ne manque pas d’anecdotes concernant la création de sa sublime partition de Deux hommes dans la ville, ou comment selon lui la musique devait créer l’attachement et même l’amour des spectateurs pour le personnage incarné par Alain Delon. On apprend entre autres que José Giovanni n’aimait pas du tout ce score, mais que le comédien, également producteur, l’a défendu ardemment.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce restaurée.

Photo Deux hommes dans la ville

Image - 4,5 / 5

Après avoir restauré quatre films de Georges Lautner et deux films de Jean-Jacques Annaud en février 2015, le plan pluriannuel de numérisation et de restauration du catalogue Pathé touche maintenant des films issus des oeuvres d’André Cayatte, Abel Gance, Gilles Grangier, Claude Sautet, Pierre Granier-Deferre et José Giovanni. Attendu par les fans d’Alain Delon et de Jean Gabin, Deux hommes dans la ville s’offre enfin à nous en Haute définition (1080p), dans une nouvelle copie entièrement restaurée en 2014 par Pathé et les Laboratoires Eclair à partir d’un master 4K, supervisée par Alain Delon.

L’élégante photo signée Jean-Jacques Tarbès n’a jamais été aussi belle à l’écran. Cette édition renforce les contrastes et l’homogénéité n’est jamais prise en défaut. Pour une fois, l’éditeur a choisi le codec AVC qui consolide l’ensemble avec brio, plus que son habituel VC-1. L’image est stable, entièrement débarrassée de scories diverses et variées, les yeux bleus d’Alain Delon et de Jean Gabin brillent de mille feux, les scènes en extérieur affichent une luminosité inédite, tout comme un relief inattendu, un piqué souvent pointu et des couleurs froides et tranchantes. Hormis quelques saccades notables, décrochages sur les fondus enchaînés et de légères pertes de la définition avec un bruit vidéo subliminal, revoir Deux hommes dans la ville dans de telles conditions ravit les yeux !

Son - 4,5 / 5

Le mixage DTS-HD Master Audio Mono instaure un confort acoustique total. Les dialogues sont ici délivrés avec ardeur et clarté, la propreté est de mise, les effets riches et les silences denses, sans aucun souffle. La composition du mythique Philippe Sarde jouit également d’un écrin phonique somptueux.

l’éditeur joint une piste Audiovision, ainsi que les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant.

Photo Deux hommes dans la ville

Crédits images : © Pathé

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
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Franck Brissard
Le 7 juillet 2015
José Giovanni fustige la perversité de la justice à travers ce réquisitoire contre la guillotine. Avec la beauté de la photographie du chef opérateur Jean-Jacques Tarbès, la splendide composition de Philippe Sarde, les dialogues percutants et un casting quatre étoiles, 2 hommes dans la ville laisse pantois d’admiration, du début jusqu’au final, une extraordinaire séquence qui reste gravée dans toutes les mémoires.
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Olivier
Le 9 août 2003
Le jeune Gino sort de prison après 10 ans passés à l'ombre. Pourra-t-il s'en sortir avec un inspecteur soupçonneux à ses trousses ? Véritable réquisitoire contre la peine de mort, ce film touche là où ça fait mal. Hasards, coïncidences et faiblesses humaines, autant de raisons qui poussent aux déchirements et aux erreurs. Le système judiciaire est ici décrit en détail. Dans le désordre : procès, libération, harcèlement de la police, réinsertion... C'est ce qui fait la force de la démonstration et donc, du film. Et José Giovanni sait de quoi il parle !
Du côté technique c'est correct. Le format est respecté et encodé en 16/9ème. La copie est correcte même si on remarque quelques taches ou poussières, mais sans gravité. Pour le son, je n'ai pas d'installation 5.1. J'écoute donc en stéréo un son qui a beaucoup vieilli. Enfin, pas de bonus si ce n'est les bandes annonces de la collection Delon. Mais tout cela n'est pas grave car pour un prix aussi réduit (14,99 euros), nous avons ici le dvd correct d'un très très grand film, à voir et à revoir.

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