Everybody Wants Some (2015) : le test complet du Blu-ray

Everybody Wants Some!!

Réalisé par Richard Linklater
Avec Blake Jenner, Ryan Guzman et Tyler Hoechlin

Édité par Metropolitan Film & Video

Voir la fiche technique

Avatar Par
Le 08/11/2016
Critique

Everybody Wants Some

Dans les années 80, suivez les premières heures de Jake sur un campus universitaire. Avec ses nouveaux amis, étudiants comme lui, il va découvrir les libertés et les responsabilités de l’âge adulte. Il va surtout passer le meilleur week-end de sa vie…

Richard Linklater est un des réalisateurs indépendants américains les plus prolifiques et éclectiques du cinéma contemporain. On lui doit notamment un des plus beaux triptyques de ces quinze dernières années Before Sunrise - Before Sunset - Before Midnight (1995-2004-2013) et dernièrement Boyhood, oeuvre exceptionnelle tournée par intermittence sur une période de douze ans, de 2002 à 2013, avec la même distribution et la même équipe technique.

Son nouveau film, Everybody Wants Some !! apparaît comme une suite spirituelle à Génération rebelle (Dazed and Confused, 1993) et à Boyhood, et pose les mêmes questions, à savoir qu’est-ce que grandir et comment devient-on un adulte ? Si le premier se déroulait le dernier jour de classe de l’année et si Boyhood suivait l’évolution et le parcours d’un adolescent depuis son enfance jusqu’à son entrée à l’université, Everybody Wants Some !! se focalise sur un groupe de jeunes sportifs et le film démarre trois jours avant leur entrée en faculté. Un long week-end durant lequel le spectateur est invité à faire connaissance avec toute une bande de joyeux drilles qui comptent bien profiter des dernières heures de l’été. En suivant ces personnages, tout interprétés par des comédiens peu connus voire non professionnels, Richard Linklater nous renvoie à notre propre vie, au temps qui passe, sujet alors récurrent chez le cinéaste.

Le titre est tiré d’une chanson du groupe Van Halen. Everybody Wants Some !! compile une flopée de titres rock, disco, country, metal, punk, new-wave avec notamment The Knack, Sugar Hill Gang, Sniff ‘n’ The Tears, ZZ Top, Cheap Trick, Blondie, Jermaine Jackson, Kool & The Gang, Donna Summer, Queen, Dire Straits, The Cars et bien d’autres. Mais plutôt que d’illustrer cette chronique d’adolescents qui se déroule à la fin du mois d’août 1980, cette bande originale s’avère une composante du scénario à part entière puisque les jeunes (et les autres) écoutaient constamment ces tubes et allaient danser dessus dans les discothèques aux éclairages fluo. Pour Richard Linklater, le titre résume à lui seul l’état d’esprit du film, en grande partie inspiré de souvenirs autobiographiques, et de ses personnages : «  La chanson exprime parfaitement le sens de l’humour et l’obsession pour le sexe des garçons de 18 ans. Quand on est jeune et fougueux, on veut tout, tout de suite. On considère qu’on y a droit parce que, quand on est jeune, on ne se pose pas de question  ».

Everybody Wants Some

Linklater filme l’âge où tout est possible. Un pied encore dans l’enfance, l’autre déjà en avant vers le monde adulte. Les personnages se raccrochent encore aux vannes potaches et se comportent encore souvent comme des lycéens voire des collégiens, en ne pensant qu’à draguer les filles, à boire des coups et à faire la fête. Mais Jake (Blake Jenner), fraîchement débarqué sur le campus, révèle une autre sensibilité. S’il ne manque pas l’occasion de s’amuser avec ses nouveaux potes de l’équipe de baseball, il est surtout intéressé par une fille en particulier, Beverly (la délicieuse Zoey Deutch), qu’il aborde avec douceur et romantisme. Ce qu’il y a d’agréable dans le monde cinématographique de Richard Linklater, ce sont ses personnages qui souvent ne jugent pas les autres malgré leurs différences. Ainsi, si Jake ne la joue pas rentre-dedans comme ses amis, ceux-ci ne se moquent pas, respectent, même s’ils ne manquent pas l’occasion d’envoyer quelques vannes bon-enfant. Mais il y a toujours le risque que le groupe éclate. Chacun doit y penser, mais préfère profiter du moment présent.

Avec ses couleurs pétillantes et sa légèreté, Everybody Wants Some !! fait souvent penser à une bande dessinée avec des personnages bien spécifiques et dépeints, qui forment un groupe bien soudé, qui danse ensemble, qui se bastonne, qui drague et qui joue. Tout le monde est logé à la même enseigne car tous sont dans la même galère, avec les mêmes peurs, que la fiesta et les danses endiablées peuvent dissimuler, mais pour un temps limité seulement. Alors, comme la rentrée est proche pourquoi ne pas en profiter à fond ?

Everybody Wants Some !! agit comme un véritable feel good movie généreux et chaleureux. La reconstitution des années 1980 est très soignée et participe à la grande réussite du film avec notamment sa garde-robe pas piquée des hannetons et ses moustaches duveteuses. Mais on retient surtout l’énergie contagieuse de tous les comédiens, excellents, drôles, complices, spontanés, merveilleusement dirigés. A l’instar du formidable The Myth of the American Sleepover de David Robert Mitchell (It Follows), Everybody Wants Some !! est la parfaite antithèse des teen-movies, loin des films graveleux (même si drôles) à la American Pie et autres films comparant les nanas à une tarte aux pommes tièdes. L’oeuvre de Richard Linklater peut paraître simple, mais comme toujours chez le cinéaste, la sensibilité et la nostalgie y sont universelles et la grande réussite est encore une fois au rendez-vous.

Everybody Wants Some

Présentation - 3,5 / 5

Le test du Blu-ray d’Everybody Wants Some !!, disponible chez Metropolitan Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est étonnamment fixe et muet.

Bonus - 3,5 / 5

Tout d’abord, l’éditeur propose de visionner le film avec l’option Liner Notes, qui donne quelques détails sur toutes les chansons de la bande-son au moment où elles sont entendues, à savoir le nom de l’interprète, le titre, son histoire… Cette option pop-up est disponible sur les deux langues. A noter que le chapitrage est également proposé à travers le titre de ces chansons réparties selon les jours de la semaine !

Everybody Wants Some

Le style des années 80 (4′) : Un des points forts d’Everybody Wants Some !! est sa reconstitution des années 1980. Ce petit module se focalise sur la (re)création des costumes, le maquillage, les décors et les accessoires, en compagnie des comédiens du film sur le plateau où règne une ambiance très détendue.

Les talents en vidéo (5′) : Pour organiser son casting, le réalisateur Richard Linklater a demandé aux personnes intéressées de filmer leur talent au baseball. Ce montage compile les vidéos tournées par les comédiens finalement retenus.

Rickipedia (4′) : Ce segment réalisé au fil du tournage, montre Richard Linklater à l’oeuvre avec ses comédiens, qui les dirige et leur donne des conseils quant au comportement et au langage appropriés à utiliser puisque les jeunes acteurs n’étaient pas nés dans les années 1980 ! Une authenticité qui repose entre autres sur l’excellente mémoire du réalisateur, qui épate constamment l’ensemble du cast.

Des trucs qui ne sont pas dans le film (25′) : Comme son titre l’indique, ce supplément est constitué de scènes ratées, prolongées ou coupées, d’improvisations des acteurs, de bêtisier et d’images du dernier jour, ou plutôt la dernière nuit de tournage.

Les joueurs de baseball savent danser (7′) : De retour avec les jeunes comédiens d’Everybody Wants Some !! qui sont réunis cette fois pour prendre quelques cours de danse après leur entraînement au baseball. Entre le disco, la country et le funk, les acteurs ont fort à faire, mais ne reculent devant rien, d’autant plus qu’ils se trouvent ici en charmante compagnie. Mais les chorégraphes les surveillent de près !

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces et des liens internet.

Everybody Wants Some

Image - 5,0 / 5

Le master HD restitue habilement les volontés artistiques du chef opérateur Shane F. Kelly (Boyhood). Point de grain vintage comme on pouvait s’y attendre, Richard Linklater a filmé son film entièrement en numérique via l’Arri Alexa. La patine est donc bien laquée, les couleurs chaudes et clinquantes, les contrastes léchés et le relief constamment palpable. Ces partis pris esthétiques bigarrés sont savamment pris en charge par une compression sans failles, la définition demeure exemplaire sur tous les plans et tout du long, sur les scènes sombres comme sur les lumineuses séquences diurnes. Les détails sont légion sur le cadre, le piqué aiguisé et la copie éclatante. C’est superbe.

Son - 4,0 / 5

Everybody Wants Some !! n’est pas un film à effets et les mixages français et anglais DTS-HD Master Audio 5.1 ne font pas d’esbroufe inutile. L’essentiel de l’action est canalisé sur les enceintes avant, même si chacune des séquences en extérieur s’accompagne inévitablement de petites ambiances naturelles sur les latérales. Il en est de même pour l’incroyable bande-son, systématiquement mise en valeur par l’ensemble des enceintes, mais qui aurait pu être encore plus dynamique. Les voix demeurent claires, limpides, solidement délivrées par la centrale, bien que la version française (au doublage réussi) demeure moins ardente que son homologue et trop axée sur les voix.

Everybody Wants Some

Crédits images : © TF1 Vidéo

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis
Multimédia
Everybody Wants Some
Bande-annonce VOST
Everybody Wants Some
Bande-annonce VF

Proposer une bande-annonce

Du même auteur
(publicité)

(publicité)