L'Île du docteur Moreau : le test complet du Blu-ray

Island of Lost Souls

Combo Blu-ray + DVD

1932. Réalisé par Erle C. Kenton
Avec Charles Laughton, Richard Arlen et Leila Hyams

Édité par Elephant Films

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Le 22/05/2017
Critique

L'Île du docteur Moreau

Sur une île isolée, le docteur Moreau tente d’étranges expériences médicales, tendant à créer une nouvelle race intermédiaire entre l’homme et l’animal, race sur laquelle il règne sans partage, jusqu’à l’arrivée d’un naufragé qui découvre l’invraisemblable vérité et provoque sa chute.

L’Ile du docteur Moreau (Island of Lost Souls) (USA 1932) de Erle C. Kenton est un classique Paramount de l’âge d’or américain du cinéma fantastique (1931-1945) qui demeure très supérieur aux deux versions cinéma postérieures les plus connues, à savoir celle signée Don Taylor en 1977 et celle signée John Frankenheimer en 1996. Cette dernière valait uniquement par un générique impressionnant et la présence de Marlon Brando mais elle demeure malgré tout inférieure à la version originale de Kenton, bien plus belle et poétique, dotée d’une photo de Karl Struss qui sait découper les ténèbres d’une manière constamment inquiétante. Adapté d’une histoire d’H. G. Wells, le film de Kenton est plastiquement très beau : on n’oublie pas le navire surgissant du brouillard, ni la jungle nocturne qui entoure la maison de Moreau. Les séquences les plus impressionnantes sont celles où l’horreur est suggérée et non pas montrée : les dialogues entre le naufragé et la femme-panthère ménagent un arrière-plan indicible qui demeure source d’un suspense très impressionnant, d’une inquiétude fondamentale, d’une perception pure de l’altérité comme telle.

L'Île du docteur Moreau

Par ailleurs, le film donne l’occasion à Charles Laughton d’interpréter ce qui demeure son plus grand rôle hollywoodien : même Brando s’inspirera encore, plus de soixante ans après, du mélange inquiétant d’ironie cauteleuse, de folie, de sadisme tel qu’il est ici dispensé par Laughton. On n’oublie pas non plus Kathleen Burke, la « femme-panthère » érotique et inquiétante à la fois dans toutes les séquences où elle apparaît. Bela Lugosi joue ici sous maquillage une des créatures de Moreau, celle chargée de dire « la loi » (inventée par le docteur). On l’a parfois remarqué, le thème de la bestialité est un thème obsédant du cinéma fantastique américain de la période 1930-1940 : c’est encore lui qui est ici illustré, teinté en eaux-fortes, alternant dans le découpage de son récit (comme dans sa photographie) les clairs-obscurs et les ombres portées les plus démesurées. Kenton donnera, par la suite, trois autres classiques du genre au catalogue Universal : Le Spectre de Frankenstein (USA 1941), La Maison de Frankenstein (USA 1944), La Maison de Dracula (USA 1945) qui maintiennent la mémoire de cet artisan parfois génial.

L'Île du docteur Moreau

Technique - 5,5 / 10

Il s’agit d’une édition spéciale assez légère comprenant une présentation synthétique par Jean-Pierre Dionnet (durée environ 10 mn) et une galerie photos (pas de lobby cards mais de belles photos de plateau parfois célèbres, telle celle où Moreau contemple, désespéré, les doigts de Kathleen Burke dont les griffes repoussent) ainsi que les nombreuses bandes-annonces de diverses collection Elephant, à commencer par celles de la collection Cinéma Monster Club qui présente de nombreux classiques Universal du cinéma fantastique tournés entre 1935 et 1955. La séquence « Etrange Festival » avec Jaz Coleman est une simple curiosité.

Format 1.37 N&B compatible 16/9. Copie chimique très inégale bien que globalement correctement nettoyée : les rayures et les poussières négatives comme positives sont rares. Les premiers plans sont, comme souvent sur une première bobine qui a beaucoup tourné, en mauvais état. Certains autres fourmillent ou sont légèrement instables. Mais heureusement certaines séquences ont mieux résisté à l’épreuve du temps et la restauration leur redonne une nouvelle jeunesse. Dans ces conditions, le master HD demeure évidemment préférable au SD.

VOSTF mono DTS-HD MA 2.0 bien reportée : dialogues, musique et effets sonores sont très nets et dynamiques. Aucune VF d’époque proposée : elle a pourtant existé puisque je l’avais personnellement entendue au cinéma Colorado boulevard de Clichy à Paris vers 1975, à l’occasion d’une projection double-programme. Soit dit en passant, on peut en profiter pour noter que le film de Kenton était alors partagé, à Paris, entre le circuit des reprises Arts et Essais en VOSTF et celui d’une exploitation commerciale standard populaire en VF : assez belle performance.

L'Île du docteur Moreau

Crédits images : © Paramount Pictures

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic FullHD
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Sony
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p
Note du disque
5,5 / 10
Avis
Multimédia
L'Île du docteur Moreau
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