Et Dieu... créa la femme (1956) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Roger Vadim
Avec Brigitte Bardot, Curd Jürgens et Jean-Louis Trintignant

Édité par TF1 Studio

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Le 20/11/2017
Critique

Et Dieu... créa la femme

Juliette, une jeune femme d’une beauté redoutable, n’attire que convoitises autour de sa personne. Trois hommes se disputent son coeur indécis.

En 1956, une jeune femme du nom de Brigitte Bardot devient une star, l’emblème de l’émancipation féminine, un mythe vivant et un sex-symbol international. Âgée de 22 ans, elle a déjà plus d’une quinzaine de films à son actif. Remarquée dès son premier long métrage, l’excellente comédie Le Trou Normand (1952) de Jean Boyer, dans lequel elle faisait tourner la tête à Bourvil, Brigitte Bardot enchaîne alors les petites apparitions chez Sacha Guitry (Si Versailles m’était conté…), Marc Allégret (Futures vedettes, En effeuillant la marguerite), René Clair (Les Grandes manoeuvres), avant d’être propulsée au firmament des mythes grâce à son compagnon Roger Vadim, dans Et Dieu… créa la femme.

Elle y interprète Juliette, sublime de beauté et de sensualité, qui fait chavirer les coeurs dans le petit port traditionnel de Saint-Tropez. Trois hommes, un entrepreneur d’âge mûr (Curd Jürgens) et deux frères ouvriers, Michel (Jean-Louis Trintignant) et Antoine (Christian Marquand), se disputent l’amour de cette jeune orpheline dont la soif de liberté est très grande et qui redoute les lendemains. Juliette, c’est l’incarnation de la femme moderne. Celle qui décide de partir sur un coup de tête, parce qu’elle a le courage de faire ce qui lui plaît, quand ça lui plaît. Alors que la gent féminine la scrute d’un mauvais oeil et la considère comme une simple dévergondée, mal élevée et paresseuse, les hommes lui tournent autour et ne cessent de la convoiter. « Cette fille-là est faite pour faire perdre les hommes… » dit d’ailleurs Eric Carradine, cet homme aisé et habitué à obtenir tout ce qu’il désire, qui va voir pour la première fois ses espoirs déçus.

Et Dieu... créa la femme

Juliette n’est pas une femme que l’on appâte avec l’argent, Juliette a besoin de plus. Alors quand elle se retrouve face à tous ces prétendants, elle choisit celui qui apparaît le plus effacé, Michel, délicatement interprété par Jean-Louis Trintignant dans sa première apparition à l’écran. Brigitte Bardot enflamme les coeurs et la pellicule, tandis que son caractère insaisissable ne la rend que plus désirable. Conscient de la sexualité innocente (ou non) de sa compagne à l’écran, Roger Vadim la filme sous toutes les coutures. Tous les cinéphiles, même ceux qui n’ont pas vu le film, savent que cette scène où BB, couchée nue derrière un drap étendu, libre au vent, profitant de l’instant, est tirée de Et Dieu…créa la femme.

Ce premier long métrage de Roger Vadim est aussi un dernier cadeau pour la femme qu’il a aimée, puisque Brigitte Bardot tombe alors amoureuse de son partenaire Jean-Louis Trintignant. Le cinéaste et sa première épouse divorceront peu de temps après la sortie triomphale du film, accompagnée d’une interdiction aux moins de 16 ans en France et d’un parfum de scandale. Si Et Dieu…créa la femme paraît aujourd’hui « gentillet », il n’en demeure pas moins bourré de charme, bien réalisé (très beau CinemaScope) dans des décors soignés (aah ce petit village de Saint-Tropez !), représentatif d’une époque en plein bouleversement et surtout porté par des jeunes comédiens au charisme qui détonnait alors dans le panorama cinématographique français.

Certes, Jean-Louis Trintignant s’imposait déjà par sa sensibilité empathique et son phrasé si reconnaissable, mais nous n’avons d’yeux que pour Brigitte Bardot, dont le naturel à l’écran, ses répliques capricieuses, sa moue boudeuse et un corps qui transpire le sexe - le mambo lascif ! - font encore beaucoup d’effets soixante ans après ! A noter que Roger Vadim réalisera lui-même le remake américain de son propre film en 1988, And God Created Woman, avec Rebecca De Mornay et Frank Langella.

Et Dieu... créa la femme

Présentation - 3,5 / 5

Le test du Blu-ray de Et Dieu… créa la femme, disponible chez TF1 Studio, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé sur une des séquences du film.

Bonus - 4,0 / 5

Pour accompagner le film, l’éditeur propose un documentaire sur le cinéaste, scénariste, acteur, romancier et poète Roger Vadim, intitulé Vadim, Mister Cool (57’), narré par le comédien Gaspard Ulliel, réalisé par Olivier Nicklaus en 2016 et déjà diffusé sur Arte. Constitué d’archives exceptionnelles (les premiers pas de BB devant la caméra, la première interview de Catherine Deneuve), d’images de tournage souvent inédites (sur Barbarella, Et Dieu… créa la femme), d’interviews, vous saurez tout sur Roger Vladimir Plémiannikov (né Roger Vadim Ardilouze), né le 26 janvier 1928 et mort le 11 février 2000, son enfance, les fêtes à Saint-Germain-des-Prés, ses verres au Café de Flore, ses débuts dans le cinéma. Ses films sont passés au peigne fin, tout comme la vie privée (et donc publique) du réalisateur, puisque le documentaire se plaît à revenir sur chacune des histoires d’amour de Roger Vadim avec Brigitte Bardot, Annette Stroyberg, Catherine Deneuve, Jane Fonda et Marie-Christine Barrault. Très bien réalisé, le film d’Olivier Nicklaus dévoile également des scènes coupées de Et Dieu…créa la femme, notamment une scène suggérée du personnage de Jean-Louis Trintignant faisant un cunnilingus à Brigitte Bardot. Pas étonnant que la censure ait vu rouge.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

Image - 5,0 / 5

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette édition HD ressuscite le flamboyant Eastmancolor de Et Dieu créa la femme…, qui bénéficie d’une restauration en 4K réalisée à partir du négatif image par Hiventy. Uune véritable splendeur ! Ce Blu-ray ne déçoit pas et profite de l’apport de la Haute-Définition. D’emblée, le générique d’ouverture illumine les rétines. Les teintes rouge, verte, bleue, jaune explosent à l’écran comme un feu d’artifice. Le codec AVC stabilise l’image à la perfection, le grain original est respecté sans utilisation outrancière de réducteur de bruit, la profondeur de champ est évidente et le cadre large est réhabilité et n’est pas avare en détails. La propreté demeure impressionnante tout du long, le piqué est joliment acéré, la copie demeure flatteuse et stable, la luminosité des séquences en extérieur est superbe. Malgré de légers décrochages sur les fondus enchaînés, ainsi que deux ou trois plans plus troubles et aux teintes fanées (les plans éthérés sur Trintignant durant le mambo de Juliette), l’ensemble reste d’un haut niveau et l’on redécouvre avec bonheur le film de Roger Vadim.

Son - 4,0 / 5

La musique jazzy de Paul Misraki donne le la. La bande-son a été restaurée de fond en comble, et le mixage DTS-HD Master Audio 2.0 mono s’en donne à coeur joie. Les dialogues n’ont jamais été aussi intelligibles et les effets annexes jouissent d’un coffre inédit. Aucun souffle constaté. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés aux spectateurs sourds et malentendants, ainsi qu’une piste Audioscription.

Crédits images : © TF1 Studio

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm