Sept morts sur ordonnance : le test complet du Blu-ray

1975. Réalisé par Jacques Rouffio
Avec Michel Piccoli, Gérard Depardieu et Jane Birkin

Édité par TF1 Vidéo

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Le 20/11/2017
Critique

Sept morts sur ordonnance

Le docteur Losseray, chirurgien talentueux, est victime d’un infarctus. Il s’en remet doucement. Mais son arrêt de travail réjouit le vieux professeur Brézé, qui dirige avec ses fils une clinique concurrente. Plusieurs fois, Brézé pousse Losseray à prendre sa retraite. Des années auparavant, soumis à une pression similaire de la famille Brézé, le docteur Berg, flambeur et brillant, avait assassiné sa famille avant de se suicider.

C’est un film qui fait froid dans le dos, qui donne la sensation qu’une main se referme progressivement sur votre gorge. Sept morts sur ordonnance est le second long métrage de Jacques Rouffio (1928-2016), réalisé neuf ans après son premier film L’Horizon, échec cinglant. S’il a peu tourné avec huit films mis en scène de 1967 à 1989 (dont Violette et François, Le Sucre et La Passante du sans-souci), Jacques Rouffio, ancien assistant de Jean Delannoy, Henri Verneuil et Georges Franju, s’est toujours démarqué par ses sujets atypiques. Comme l’indique une voix-off en guise d’épilogue, l’histoire de Sept morts sur ordonnance est inspirée par des événements réels qui se sont produits dans une même ville de France, un tragique double fait divers survenu à Reims dans les années 1960, à quelques années d’intervalle. Chef d’oeuvre du cinéma français des années 1970, bijou noir, Sept morts sur ordonnance demeure un vrai film coup de poing.

Losseray (Michel Piccoli), un brillant chirurgien, s’installe dans une ville de province. Son talent fait bientôt ombrage au clan des Brézé, réuni autour de son patriarche (Charles Vanel) et rassemblé par la gestion de quelques cliniques privées dont s’éloignent peu à peu les patients. Harcelé par ses concurrents, poussé à bout, Losseray est contraint de prendre un congé après un infarctus. Il s’intéresse à l’affaire Berg (Gérard Depardieu), un excellent médecin qui, quinze ans plus tôt, s’était suicidé après avoir tué sa femme (Jane Birkin) et ses trois enfants. Losseray retourne à sa clientèle mais, de plus en plus obsédé par la fin tragique de son prédécesseur et toujours soumis aux pressions des Brézé, il enquête parallèlement sur l’affaire Berg. Comme sur L’Horizon, Jacques Rouffio écrit le scénario avec Georges Conchon et s’attaquent cette fois aux notables de province et plus particulièrement ceux du monde médical. Tourné à Clermont-Ferrand et à Madrid (pour des raisons de coproduction), Sept morts sur ordonnance instaure d’emblée un malaise avec la composition envoûtante et funèbre de Philippe Sarde (qui rappelle le thème de Police Python 357 de Georges Delerue) et la photo froide, pour ne pas dire « clinique » (sans faire de jeux de mots) du chef opérateur Andréas Winding (Playtime, Le Passager de la pluie, Le Trio infernal).

Sept morts sur ordonnance

Le spectateur est ensuite invité à suivre l’itinéraire de deux personnages, deux éminents chirurgiens, dont les destins vont être tragiquement liés. Ainsi, Losseray mène son enquête comme un flic et le spectateur découvre alors via quelques flashbacks la vie et la tragique disparition de Berg, médecin peu orthodoxe, interprété par un immense Gérard Depardieu qui sortait à peine des Valseuses de Bertrand Blier. Ce qui relie les deux est la pression exercée par les Brézé, clan familial de médecins composé du père, de ses trois fils et de son gendre, qui règnent en « maîtres » comme une vraie mafia sur la ville, notamment le père incarné par un vénéneux et monstrueux Charles Vanel qui ne pense qu’à s’enrichir sur le dos de ses patients, et qui voient d’un mauvais oeil la renommée de leurs confrères, surtout quand ceux-ci déclinent leur proposition d’intégrer leur établissement. D’où un affrontement générationnel particulièrement violent, représenté par un Depardieu qui se permet de gifler Vanel, son aîné, en le remettant à sa place. Mais la vengeance et le harcèlement psychologique exercés par le second auront finalement raison du premier qui franchira le point de non-retour dans une séquence de carnage insoutenable, puisqu’il assassinera ses trois enfants et sa femme avant de se tuer.

Quinze ans plus tard, quand un nouveau chirurgien appartenant à une clinique concurrente en vient à s’occuper d’un quart des patients, les Brézé voient rouge - « Ça va au-delà de l’argent, il a un problème moral ! » - et l’histoire de se répéter. Drame chabrolien très dérangeant, tendu comme un thriller, ouvertement politique, redoutablement pessimiste, cruel, sombre et malgré tout divertissant, Sept morts sur ordonnance est non seulement l’un des meilleurs films de Jacques Rouffio, mais demeure également une référence du cinéma français quand il savait encore allier le cinéma populaire et le cinéma d’auteur, divertir tout en invitant le spectateur à la réflexion.

Sept morts sur ordonnance

Généralités - 3,5 / 5

Le test du Blu-ray de Sept morts sur ordonnance, disponible chez TF1 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé sur une des séquences du film.

Bonus - 2,0 / 5

Le premier supplément est une interview de Jacques Rouffio réalisée par Jérôme Wybon en 2009 (7’). Le cinéaste revient sur sa collaboration et son amitié avec Georges Conchon, la genèse de Sept morts sur ordonnance et le casting. Michel Piccoli et Charles Vanel apparaissent également à travers quelques images d’archives. Les comédiens s’expriment sur le travail avec Jacques Rouffio et sur les thèmes de Sept morts sur ordonnance.

L’éditeur joint également deux reportages télévisés d’époque, le premier centré sur le tournage à Clermont-Ferrand (3’30, JT FR3 Auvergne, 30 juin 1975) alors que le film s’intitulait encore « Chers vieux », le second concentré essentiellement sur les comédiens Charles Vanel, Jane Birkin et Michel Piccoli, enregistrés séparément (4’, JT FR3 Auvergne, 14 août 1975). Dans le premier module, durant une pause cigarette, Jane Birkin, Gérard Depardieu et Michel Piccoli partagent leurs impressions de tournage et le travail avec Jacques Rouffio, tandis que ce dernier se penche sur l’histoire. Dans le second reportage, Jane Birkin répond entre autres aux questions du journaliste avec son sourire contagieux et évoque ses prochains tournages, La Course à l’échalote de Claude Zidi et Je t’aime, moi non plus de Serge Gainsbourg.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce originale constituée de prises alternatives.

Sept morts sur ordonnance

Image - 4,5 / 5

Fort d’une promotion numérique et d’une restauration 4K réalisée à partir du négatif original par Mikros Image, Sept morts sur ordonnance est enfin proposé dans un master HD de très haut niveau, qui permet d’apprécier enfin la photographie d’Andréas Winding comme il se doit. Bien qu’elles demeurent froides et presque cotonneuses sur les séquences sombres, les scènes extérieures sont les mieux loties avec un relief plus probant, un piqué plus acéré et des détails plus nombreux. Les séquences nocturnes ne sont pas pour autant dédaignées avec une jolie restitution des matières, le grain cinéma est respecté, la copie affiche une stabilité jamais prise en défaut (on oublie quelques minimes fourmillements), la copie demeure impressionnante, la propreté est indéniable (toutes les scories ont disparu) et les contrastes assurés avec des noirs solides. Vous pouvez d’ores et déjà mettre votre DVD (édité en 2009) à la poubelle !

Son - 4,0 / 5

Le mixage DTS-HD Master Audio Mono instaure un réel confort acoustique. Les dialogues sont ici délivrés avec ardeur et clarté, la propreté est de mise, les effets riches et les silences denses, sans aucun souffle. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Sept morts sur ordonnance

Crédits images : © TF1 Studio

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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