Moby Dick : le test complet du Blu-ray

1956. Réalisé par John Huston
Avec Gregory Peck, Richard Basehart et Leo Genn

Édité par Rimini Editions

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Critique

Moby Dick

1814. Le jeune Ismaël embarque à bord du baleinier le Péquod. Le navire est sous la responsabilité du capitaine Achab, un homme étrange et sombre, obsédé par une idée fixe : retrouver Moby Dick, la baleine blanche qui l’a mutilé et défiguré quelques années plus tôt. L’équipage réalise peu à peu qu’Achab est prêt à prendre tous les risques pour parvenir à ses fins.

« Appelons-moi Ismahel »

C’est par ces mots que débute le film de John Huston, Moby Dick, les mêmes mots qui ouvrent le roman éponyme écrit par Herman Melville, paru en 1851. Le ton est alors donné d’une adaptation qui se veut fidèle, loin des interprétations précédentes avec « happy end » et romance à bord… car Moby Dick de Melville n’est pas une promenade romantique en mer. C’est une oeuvre complexe, dense, témoin d’une époque et surtout récit métaphysique d’une quête insensée. Et si la quête du Capitaine Achab semble désespérée et vouée à l’échec, il est étonnant de se rendre compte que le roman de Melville et le film de John Huston partagent, à des degrés divers, ce même destin contrarié. De son vivant, Melville n’aura reçu que mépris et dédain pour ce qu’il considérait pourtant comme son chef-d’oeuvre… il faudra attendre près d’un siècle pour que Moby Dick soit reconnu comme un classique ! De même, l’adaptation par Huston du roman, verra sa route jonchée d’obstacles, mais avec un succès honorable au final.

Moby Dick

Aujourd’hui, le ton du Moby Dick de John Huston apparaît d’une grande justesse, âpre au possible et loin de l’idée que l’on peut encore se faire d’un spectacle hollywoodien de l’époque. Si il ne peut traduire toute l’épaisse masse littéraire de Melville, Huston réussit (péniblement face aux canons de l’époque) à livrer une adaptation aussi sérieuse que flamboyante, autant par ses choix techniques (beaucoup de plans en mer, effets convaincants, caméra très proche) que par ses choix artistiques (casting et scénario sans concession). En tête du casting justement, on retrouve un Gregory Peck (Les Canons de Navarone, Du silence et des ombres, Les Nerfs à vif) au jeu plein de gravité, presque en décalage des autres acteurs, ce qui renforce le côté isolé du personnage, un brin mono-maniaque.

Par son audace, sa folie et son jusqu’au-boutisme, Moby Dick n’a rien perdu de son efficacité froide et a pris, avec le temps, sa place parmi les classiques les plus évidents d’Hollywood.

Moby Dick

Généralités - 4,5 / 5

L’éditeur Rimini ne cesse de surprendre par ses choix éditoriaux qui allient classiques oubliés, films cultes et oeuvres curieuses au sein d’éditions toujours soignée au maximum. Moby Dick est ici proposé dans une version remastérisée (certainement le master de l’édition US Twilight Time). La jaquette, la sérigraphie et le surétui sont soignés et présentent un visuel très simple et plein de classe.

Un livret de 21 pages fait office de premier supplément en offrant images et deux textes très instructifs sur les coulisses du film.

Bonus - 4,0 / 5

Les suppléments vidéo sont composés de la bande-annonce d’époque et deux interventions passionnantes.

Dans Moby dick, le projet impossible, Pierre Berthomieu analyse une grande partie de la production du film, jusque dans sa musique, livre une quantité d’anecdotes assez conséquente et reste passionnant de bout en bout. Puis, dans Moby dick, un grand roman moderne, le cinéaste Philippe Ramos (Capitaine Achab) parle avec passion et amour du roman de Melville, avant de livrer quelques informations sur son propre travail d’adaptation. Ces deux entretiens sont un accompagnement parfait pour mieux saisir la portée des deux oeuvres, que ce soit celle de Melville ou le film de Huston.

Moby Dick

Image - 4,5 / 5

Ce nouveau master est d’une grande stabilité et présente une assez belle définition. On ne devra pas s’étonner d’une palette de couleurs assez « terne », voulue ainsi par Huston et son chef opérateur Oswald Morris. Encore un contre-pied volontaire, censé affirmer le côté dramatique de l’ensemble en atteignant presque le noir et blanc.

Son - 4,5 / 5

Portées par deux pistes DTS-HD Master Audio 2.0mono, la VOST et la VF sont dans un état assez convaincant. La VOST fait même preuve d’une largeur étonnante pour son temps, tandis que la VF a tendance à écraser certaines ambiances par le fait du doublage. L’ensemble est en tout cas dans les standards de l’époque, et n’a pas été bidouillé pour convaincre les réfractaires au son monophonique.

Moby Dick

Crédits images : © MGM

Configuration de test
  • Vidéo projecteur Toshiba TDP-MT700
  • Sony PlayStation 3
  • Ampli Denon AVR 2807
  • Kit enceintes/caisson Morel Nova (configuration 7.1)
  • Diagonale image 302 cm
Note du disque
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Josquin
Le 8 décembre 2005
Les films ayant pour toile de fond la mer sont rarement réussis. Il y a l'honorable Révoltés du Bounty ( la version avec Clark Gable; celle avec Brando ne vaut pas tripettes ), quelques adaptations Jules Verniennes plus ou moins respectueuses; du côté fun : Pirates des Caraïbes, l'Île des pirates, Waterworld. D'autres évoquent les mutations génétiques, là encore, attention aux lames de fond. La SF prend le relais avec le très distillé Sphere et le niais Abyss.
Au-dessus de tout ça, il y a Moby Dick. Un contexte simple : la chasse à la baleine. Mais pas n'importe laquelle, une montagne blanche fulminant, capable de couper en deux un navire, la bête maudite qui inspire la crainte dans le coeur des marins chevronnés, la terreur des mers ayant jadis arraché la jambe du sombre capitaine Achab. Celui-ci s'est juré de retrouver l'animal et de le tuer, quoi qu'il puisse en coûter, à lui et à son équipage.
Gregory Peck tient ce rôle et chaque génération de cinéphiles s'accorde à dire que la pleine mesure de son talent s'est dévoilée grâce au ténébreux personnage.
Il y a plus qu'un film sur la mer avec Moby Dick. On y sent palpable, l'angoisse refoulée et la ténacité d'hommes prêts à risquer leur vie sur des eaux houleuses pour ramener à terre la marchandise issue des baleines.
Dans un tel long métrage, la photographie est capitale. La noirceur des paroles, des sentiments, l'incertitude permanente y sont rehaussées par une couleur brunâtre et grise, comme si tout n'était que bois des navires et fer des harpons. En cela, l'histoire est qualifiable de gothique, accentuée par l'aveuglement blasphématoire du capitaine Achab. D'ailleurs, cela se ressent dès le début, à la taverne bruyante et festive, dans le regard des femmes rassemblées sur le quai, ignorant si les hommes leur reviendront.
En résumé, Moby Dick est LE film sur la mer. Plus que divertissant, il entraîne par le fond l'adrénaline budgétaire des chorégraphies pirates, des scénarios gadgets. Intense comme les eaux se soulèvent pour sceller à jamais le destin des hommes.

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