La Sarabande des pantins : le test complet du Blu-ray

O. Henry's Full House

1952. Réalisé par Jean Negulesco
Avec Fred Allen, Anne Baxter et Jeanne Crain

Édité par ESC Editions

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Le 30/10/2017
Critique

La Sarabande des patins

Soapy, un clochard, cherche par tous les moyens à se faire arrêter avant l’hiver qu’il préfère passer en prison plutôt que dans les rues de New York (Le Policier et le motetou The Cop and the Anthem, réalisé par Henry Koster).

Le détective Barney reconnaît un stylo trouvé sur la scène d’un meurtre : c’est celui de Johnny, avec lequel il a passé quelque temps en prison, il y a longtemps (L’Appel du Clairon ou The Clarion Call, réalisé par Henry Hathaway).

Susan est au chevet de sa soeur Joanna qui souffre d’une pneumonie, sans lutter contre le mal, persuadée qu’elle mourra quand tombera la dernière feuille d’une vigne vierge accrochée au mur de l’immeuble d’en face qu’elle voit de la fenêtre de sa chambre (La Dernière feuille ou The Last Leaf, réalisé par Jean Negulesco).

Deux petits escrocs rôdent sur les routes d’Alabama, les caisses vides. Une idée leur vient : enlever un enfant et exiger des parents le versement d’une rançon. Leur mauvaise étoile met sur leur route J.B., un garnement de 10 ans qui va leur donner du fil à retordre (La Rançon de Red Chief, réalisé par Howard Hawks).

Très amoureux l’un de l’autre, Della et Jim sont aussi très fauchés. Pas question pourtant de laisser passer Noël sans acheter un cadeau (Le Cadeau des rois mages ou The Gift of the Magi, réalisé par Henry King).

La Sarabande des pantins (O. Henry’s Full House), film à sketches tourné en 1952, met en images quatre nouvelles du romancier O. Henry, nom de plume de l’écrivain américain William Sidney Porter, notamment auteur de 381 nouvelles qu’il commença d’écrire en prison où il passa trois ans pour le détournement de 854,08 dollars au détriment de la banque qui l’employait.

La Sarabande des patins

Ont-ils des enfants, vous savez, ces petites choses qu’on attrape après un mariage ?

Cette question, posée par les deux escrocs qui, après avoir tourné autour du pot, cherchent sans ambages à savoir où trouver un enfant avec des parents suffisamment riches pour pouvoir payer une rançon, donne la tonalité dominante des sketches, celle de la comédie à laquelle se mêle parfois le drame, raconte l’histoire de gens humbles, vivant parfois dans un total dénuement, comme Soapy, ou obligés de compter le moindre centime, comme Della et Jim.

You, Rintintin ! Au diable l’avarice !

Pour La Sarabande des pantins, la Fox, à l’inverse, n’a pas lésiné en mettant à la disposition des réalisateurs ses équipes et une douzaine de stars de l’époque, parmi lesquelles : Charles Laughton, brillant dans son interprétation d’un clochard snob, Farley Granger, Anne Baxter, Jeanne Crain, Jean Peters, Gregory Ratoff, Richard Widmark exubérant dans la peau du petit malfrat Johnny. Marilyn Monroe, encore cantonnée à des petits emplois, fait même une courte apparition en péripatéticienne à la fin du premier sketch, juste avant d’inscrire, quelques mois plus tard, son nom en tête de l’affiche de Niagara, sous la direction de Henry Hathaway.

Difficile de ne pas citer aussi l’interprète du sale gosse J.B., Lee Acker, qui allait, deux ans plus tard, endosser l’uniforme qui assurerait sa renommée internationale, celui de Rusty, le jeune maître du chien-loup dans la série Rintintin (The Adventures of Rin Tin Tin, 1954-1959, 164 épisodes).

Une bonne idée qu’a eue ESC Éditions de nous proposer ce film, jusque-là introuvable en France. Parmi ces sketches, présentés par l’écrivain John Steinbeck, tous assez plaisants, se distinguent plus particulièrement Le Policier et le motet, notamment pour la performance de Charles Laughton qui n’allait pas tarder à réaliser son unique film, l’extraordinaire La Nuit du chasseur, et La Rançon de Red Chief avec l’excellent duo comique formé par le compositeur et acteur Oscar Levant et par Fred Allen.

La Sarabande des patins

Généralités - 3,0 / 5

La Sarabande des pantins (118 minutes) et ses suppléments (21 minutes) tiennent sur un Blu-ray (BD-50) logé dans un boîtier, non fourni pour le test.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale au format audio DTS-HD Master Audio 1.0, avec sous-titres optionnels.

Bonus - 3,5 / 5

En complément, Entretien avec Mathieu Macheret (17’), critique de cinéma pour Le Monde. Après une revue rapide des cinq sketches, il dit sa préférence pour celui réalisé par Howard Hawks, La Rançon de Red Chief, et avoir moins aimé La Dernière feuille de Jean Negulesco. Il souligne le réalisme social de l’oeuvre et « l’esthétique » de la Fox (dont les directeurs de production étaient aussi des auteurs) au service de laquelle elle pouvait mettre ses équipes de photographes, de décorateurs… et des acteurs sous contrat.

Suit La restauration du film (4’) bien montrée, sans discours, par le défilement d’une scène sur un écran séparé en deux par une fine ligne noire verticale : sur la moitié gauche, l’image source et, sur la moitié droite, l’image après restauration. Cette présentation offre le double avantage d’apprécier le bon état de la source et, surtout, de vérifier le soin pris pour ne pas dénaturer l’original par un lissage excessif du bruit, par une exagération des contrastes, etc. La stabilisation de la luminosité apparaît clairement.

La Sarabande des patins

Image - 4,0 / 5

L’image (1.37:1, 1080p, AVC), étonnamment propre, a été débarrassée de tous les outrages du temps et le bruit a été réduit jusqu’aux limites du possible, jusqu’à même grignoter cette ligne jaune au-delà de laquelle la texture argentique est dénaturée. Des blancs lumineux, un fin dégradé de gris, jusqu’à des noirs denses, et une résolution qui révèle tous les détails des plans complètent un tableau digne d’éloges.

Son - 4,5 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 1.0, lui aussi, a été parfaitement nettoyé et miraculeusement débarrassé du souffle, le plus souvent à peine discernable. Très peu de distorsions dans l’accompagnement musical et une bonne dynamique, mise en évidence par les pétarades du vieux tacot dans La Rançon de Red Chief.

La Sarabande des patins

Crédits images : ESC Éditions

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 30 octobre 2017
La Sarabande des pantins met en images cinq nouvelles du romancier O. Henry, présentées par l’écrivain John Steinbeck en personne. Pour ce film, jusque-là introuvable en France, La Fox avait fait appel à certains de ses meilleurs réalisateurs, Henry Hathaway, Jean Negulesco, Henry King, Howard Hawks et Henry Koster qui dirige, dans son sketch, Charles Laughton et Marilyn Monroe.

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La Sarabande des pantins
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