Top of the Lake : China Girl : le test complet du Blu-ray

Top of the Lake: China Girl

2017. Réalisé par Jane Campion
Avec Elisabeth Moss, Gwendoline Christie et David Dencik

Édité par ARTE ÉDITIONS

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Le 08/02/2018
Critique

Top of the Lake : China Girl

Robin Griffin, détective à Sydney, encore troublée par les dures épreuves de sa mission en Nouvelle Zélande quatre ans auparavant, reprend son service. Dans une valise échouée à Bondi Beach est découvert le cadavre d’une jeune asiatique difficile à identifier, à moins que l’ADN du foetus qu’elle porte ne puisse conduire au géniteur. Robin retrouve par hasard la fille (le fruit d’un viol) qu’elle avait abandonnée à sa naissance, il y a 18 ans…

Top of the Lake: China Girl, un des événements du 70ème Festival de Cannes, sort quatre ans après Top of the Lake, une sombre affaire de réseau pédophile dans une région reculée de Nouvelle Zélande. Cette deuxième saison, une tout autre histoire, n’a pour lien avec la saison 1 que son personnage principal, Robin Griffin, et l’apparition, dans un épisode, d’Al Parker, personnage récurrent du premier volet.

Top of the Lake: China Girl, mélangeant plusieurs thèmes, la maternité, la procréation in vitro, la gestation pour autrui, l’adoption la prostitution, est tout autant envoûtante, mais plus rythmée que la saison 1. On y retrouve aussi un portrait peu flatteur des hommes en général, qu’on pourra juger trop systématique, poussé à la limite du détestable avec le personnage d’Alexander ‘Puss’, réfugié dans le gynécée du Silk 41, une maison close. Violent, pervers, drogué, alcoolique, il a des idées bien arrêtées sur les rapports entre les deux sexes : « le destin des hommes est d’asservir les femmes ». Le rôle de ce vilain, assurément l’un des plus haïssables du millésime 2017, est tenu par le Suédois David Dencik (Royal Affair - En kongelig affære, 2012).

Les femmes dominent la série. Elisabeth Moss, dont près de trente ans d’expérience ont forgé le talent (elle a commencé à jouer à l’âge de 8 ans), donne de Robin, traumatisée dès son adolescence par un viol en réunion, une interprétation très émouvante, en restant délicate. La saison 1 de Top of the Lake lui avait valu un Golden Globe et elle a reçu un Primetime Emmy Award pour la saison 1 de l’attendue The Handmaid’s Tale, diffusée au printemps, mais dont la date de sortie sur DVD et Blu-ray n’a pas encore été annoncée.

L’autre personnage haut en couleurs… et en taille (1,91 mètre !), c’est son équipière Miranda, interprétée par Gwendoline Christie, la Brienne de Tarth de Game of Thrones (Le Trône de Fer), qui campe ici, dans un registre différent, un personnage inattendu, complexe, cherchant à se faire apprécier, aimer même, tout à la fois fragile et capable d’une grande violence si elle est déstabilisée. Deux autres rôles féminins importants, celui de Mary, la fille biologique de Robin, jouée par la fille de Jane Campion, Alice Englert (la Rosa de Ginger & Rosa, Sally Potter, 2012) et Nicole Kidman, la mère adoptive de Mary.

Top of the Lake: China Girl, malgré quelques invraisemblances, donne une approche renouvelée de la série policière par la complexité de ses personnages et par la gravité de ses thèmes.

Cette nouvelle saison se termine par deux ou trois cliffhangers. Y aura-t-il une saison 3 ? Wait and see… peut-être encore au bout de quatre ans !

Top of the Lake : China Girl

Généralités - 3,5 / 5

Top of the Lake: China Girl (6 x 58 minutes) et ses suppléments (34 minutes) tiennent sur deux disques BD-50 logés dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur check discs.

Le beau menu animé et musical propose le choix entre version originale, avec sous-titres optionnels, et doublage en français, les deux au format DTS-HD Master Audio 2.0 stéréo.

Sous-titres pour malentendants.

On retrouve le problème récurrent des éditions ARTE France : il faut reprogrammer au lancement de chaque épisode le choix de version originale et des sous-titres qui ne reste pas mémorisé.

Bonus - 3,0 / 5

En complément, Dans les coulisses du tournage (4’) : Jane Campion, Emile Sherman, producteur, et les acteurs exposent les thèmes de la saison 2, située quatre ans après la saison 1. Tourner à Sydney (2’) : ce choix oppose la ville à la nature sauvage de Queenstown en Nouvelle Zélande en créant une ambiance différente. Bondi Beach, théâtre du dernier épisode (3’) : tournage éprouvant, par une chaude journée (38°), sur une plage bondée ; un drone a été utilisé pour quelques séquences. Le retour du détective Griffin (2’) : Robin est toujours marquée, quatre ans après, par la violente agression du détective Al Parker et ses conséquences dramatiques. Qui est Miranda ? (2’) : un des personnages forts de la série, la policière en uniforme en tandem avec Robin. Dialogue entre Jane Campion et Ariel Kleiman, coréalisateur de 4 épisodes (4’) : la responsabilité première du réalisateur est de se concentrer sur l’observation de la scène, sans se laisser distraire par tout ce qui se passe sur le plateau et, dans cette saison, d’essayer de faire ressortir la sauvagerie intérieure de Robin.

Dans le dernier document, Secrets de fabrication (17’), Germain McMicking, directeur de la photo, dit qu’il a filmé Sydney en évitant les cadrages de cartes postales : on ne voit jamais l’opéra et rarement le fameux Harbour Bridge ; il se souvient de la difficulté du tournage dans l’appartement exigu de Robin. Puis, Annie Beauchamp, décoratrice, évoque le contraste voulu entre le décor sombre du bordel et du loft de ‘Puss’ et la lumière et les teintes claires des autres scènes. Alexandre de Franceschi, monteur, souligne la qualité de l’écriture qui a facilité le montage. Mark Bradshaw, compositeur, mentionne les trois ou quatre thèmes, différents de ceux de la saison 1, avec le piano en premier plan.

Image - 4,5 / 5

L’image (1.78:1, 1080i, AVC) précise, sans défauts de compression, avec des blancs lumineux et des noirs profonds, déploie une fine palette de couleurs naturelles, avec de solides contrastes dans toutes les conditions d’éclairage.

Son - 4,0 / 5

Le son DTS-HD Master Audio 2.0 stéréo, restitue les dialogues avec clarté (malgré un timbre un peu mat dans le doublage) et donne une belle ampleur à l’accompagnement musical de Mark Bradshaw.

Bien qu’une bonne séparation des deux canaux élargisse l’image, on regrette que n’ait pas été repris le format 5.1 disponible sur l’édition BBC 2 Entertain.

Crédits images : © See-Saw Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 8 février 2018
Top of the Lake: China Girl, remarquée à Cannes, sombre et envoûtante, plus rythmée que la saison 1, renouvelle la série policière par la complexité de ses personnages et la gravité de ses thèmes. Elle donne aussi la mesure du talent d’Elisabeth Moss.

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