Plan 9 from Outer Space : le test complet du DVD

1959. Réalisé par Edward D. Wood Jr.
Avec Criswell, Bela Lugosi et Vampira

Édité par Rimini Editions

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Le 07/07/2015
Critique

Photo Plan 9 from Outer Space

Dans les années 1950, des extra-terrestres, alarmés par la maîtrise balbutiante de l’énergie atomique, craignent que nos progrès scientifiques ne nous amènent à détruire par accident la galaxie tout entière. Ils décident d’appliquer le plan 9, destiné à manoeuvrer les terriens. Plan diabolique, il consiste à la résurrection des morts en introduisant des électrodes à longue portée stimulant la glande pinéale de cadavres récemment enterrés.

«  Le futur nous fascine, car nous y passerons le reste de nos vies…  » (introduction de Plan 9 from Outer Space)

Grâce ou à cause de Tim Burton, Edward Davis «  Ed  » Wood Junior (1924-1978) est connu comme étant «  le plus mauvais cinéaste de toute l’histoire du cinéma  ». Ce qui est bien sûr réducteur et surtout totalement faux, puisque fondé uniquement sur le fait que ce metteur en scène qui vouait sa vie au cinéma ne disposait alors que de moyens extrêmement limités. Afin d’obtenir des financements pour Plan 9 from Outer Space, il se rendra auprès d’une église baptiste et devra en contrepartie se faire baptiser, lui et tous les membres de son équipe. Il était comme ça Ed !

Plan 9 from Outer Space, quatrième film du réalisateur et considéré comme «  le pire film jamais réalisé  » est une série Z de luxe, dans le sens où le film demeure LA référence en la matière. Comme il le fera tout au long de sa carrière, le réalisateur fait fi d’un budget - considéré comme étant l’un des plus réduits de l’histoire du cinéma - très modeste (euphémisme) pour livrer un petit film fantastique respectueux du genre avec ses morts qui ressuscitent et qui sortent de leurs tombes (le catcheur Tor Johnson), les vampires (Bela Lugosi, Vampyra) et ses célèbres soucoupes volantes accrochées à des fils apparents, reprises une fois de plus par Tim Burton dans son chef d’oeuvre Mars Attacks !.

Photo Plan 9 from Outer Space

Décédé le 16 août 1956, Bela Lugosi, éternel comte Dracula, apparaît néanmoins au générique de Plan 9 from Outer Space. Comment est-ce possible ? Dans le cadre de deux projets finalement avortés, Ed Wood avait filmé quelques séquences avec le comédien, une où il sortait d’une maison pour aller cueillir une fleur, une autre où il assiste à un enterrement. Ces deux scènes ont été incluses dans le montage et pour raccorder avec l’histoire du film, une doublure de Bela Lugosi a été engagée. La légende dit qu’il s’agirait du chiropracteur de la femme d’Ed Wood, qui pour l’occasion passe tout le film le visage caché dans sa cape de vampire. Les séquences nawak s’enchaînent, comme celle où l’armée américaine, ne comprenant rien ou ne désirant pas comprendre les messages envoyés par les aliens (habillés en pyjama avec un pistolet à électrons à la ceinture), se décide tout simplement à les mitrailler.

Le réalisateur, acteur, producteur, scénariste et monteur Ed Wood emballe le tout en véritable passionné, même s’il est vrai que les erreurs et maladresses techniques et de continuité, les effets spéciaux amateurs et l’utilisation de stock-shots peuvent ternir l’image de ce formidable Plan 9 from Outer Space. Les amateurs du genre seront comblés car il y a tout Ed Wood dans cette histoire vite emballée-vite vue (1h15), on rit beaucoup grâce à un second degré bien senti (ou involontaire c’est vrai), le récit est sympa, l’esthétique kitsch (aaah ce cockpit d’avion dans un placard !), les acteurs ont fait des caisses et c’est pour cela que ça fonctionne bien. En d’autres termes, c’est mal foutu, mal joué, mal monté, mais c’est divin.

Mal distribué, le film met près de trois ans à sortir dans les salles et s’accompagne d’un échec en juillet 1959. Mais le plus important est qu’il soit fructueux pour le coeur des cinéphiles, qui en feront certainement un film culte, ce qu’il est assurément. L’oeuvre d’Ed Wood mérite amplement d’être redécouverte puisque sincère et transpirant d’un amour sans bornes pour le cinéma et le divertissement.

Photo Plan 9 from Outer Space

Technique - 6,75 / 10

Le DVD de Plan 9 from Outer Space repose dans un boîtier classique, dans lequel la jaquette au visuel couleur très soigné est glissée. Le recto indique que le film est disponible en version N&B restaurée et dans sa version couleur inédite. Le menu principal est animé et musical.

En guise de petit-four, Rimini Edition nous gratifie d’une présentation du film qui nous intéresse et de son cinéaste par la même occasion, par les historiens du cinéma Patrick Brion et Christophe Champclaux (12’). L’hommage de Tim Burton à celui qui est appelé (à tort) «  le plus mauvais réalisateur de tous les temps  » est évidemment évoqué, mais nos deux interlocuteurs réalisent surtout une réhabilitation de l’oeuvre d’Ed Wood. On les remercie grandement pour cela. L’interactivité se clôt sur quatre films annonces des films réalisés par Ed Wood.

Photo Plan 9 from Outer Space

C’est un grand plaisir de découvrir Plan 9 from Outer Space dans sa version couleur inédite réalisée par Legend Films, d’autant plus que la copie 4/3 est réellement plaisante. Si quelques petits points blancs et griffures demeurent visibles, surtout sur les fonds noirs, la copie affiche une étonnante stabilité, la propreté est de mise, le grain bien géré, le piqué étonnant, les contrastes tenus et la colorimétrie spécifique à dominante marron-verte ne bave pas. Les puristes seront ravis d’apprendre que la version originale N&B est également au programme. Contrairement à la copie N&B de La Fiancée du monstre, celle de Plan 9 from Outer Space est très belle, possédant les mêmes points positifs et négatifs que la version colorisée. La qualité technique est donc au rendez-vous.

Seule la version anglaise est disponible avec des sous-titres français inamovibles. Les craquements et souffle sont plutôt rares. Les dialogues s’avèrent aérés, propres et fluides.

Photo Plan 9 from Outer Space

Crédits images : © Rimini Editions

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
6,75 / 10
Avis

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Franck Brissard
Le 18 juillet 2015
Un chef d'oeuvre de la série Z ! Et encore on ne peut pas vraiment parler de série Z tant Ed Wood était passionné par le cinéma et se donnait entièrement à son art. Plan 9 from Outer Space se déguste et reste niché au fond du coeur des cinéphiles.

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