Amistad
USA - 1997
DreamWorks SKG, HBO
Critique par José Aguiar
Critique
« Amistad » est sûrement le film de Spielberg le plus sous-
estimé. Ereinté par la critique lors de sa sortie,
il se paya un bide monumental, ce qui ne manqua pas de faire
grincer les dents des dirigeants de la Dreamworks SKG qui
comptaient sur un nouveau succès du maître pour
asseoir leur studio au coté des grandes Majors
(succès qui viendra deux mois après avec
Deep Impact).
Après le souvenir éprouvant de
La Liste de Schindler, les critiques se sont demandés ce
qui était arrivé au wonderkid, pour avoir pondu un
film aussi long, didactique et rébarbatif (a t-on dit
à l’époque).
Aujourd’hui, beaucoup révisent leur copie, et même
si ce film est plombé par quelques longueurs, il faut
avouer qu’il possède une force peu commune pour un produit
hollywoodien. Comment oublier la traversée de l’Atlantique
à bord du Tecora, ou la mutinerie du début, il y a
dans ce film des images qui vous hantent à jamais. On a
souvent glosé sur les 25 premières minutes du
Soldat Ryan, mais
l’introduction d’Amistad, bien que « muette », est très
riche au niveau cinématographique et se suffirait presque
à elle-même (ce qui ne manquera pas de nous rappeler
l’ébouriffant prologue des « Aventuriers de l’arche
perdue »).
L’histoire, vraie, de ce groupe d’esclave mutinés,
capturé par un navire américain au large de la
nouvelle Angleterre, défraya la chronique en 1815, puis
tomba dans l’oubli. Sous l’impulsion de la productrice Debbie
Allen (la prof de danse de « Fame ») Spielberg s’attela à la
réalisation sitôt Le Monde perdu - Jurassic Park mit en
boite.
Du jeu inspiré de Djimon Hounsou (qui porte presque le
film sur ses épaules) a celui tout en finesse de Morgan
Freeman (lorsqu’il découvre les chaîne à bord
de l‘« Amistad », il vous transmet son angoisse)
l’interprétation est sans faille.
Spielberg y trouvera un véhicule idéal pour ses
thèmes favoris que sont les relations père fils
(ici transformées, on y parle beaucoup des relations
ancetres-descendance), de la transmission de la mémoire
(par les histoires qu’on y raconte de façon orale,
écrite avec la bible, ou filmique, le film en étant
le dernier témoignage) et de la communication entre les
être (Cinque n’est il pas un nouvel « E.T. » parachuté
en terre inconnue ?).
En revanche, en atténuant le fait que les
américains se livraient aussi a l’esclavage, Spielberg
perd la force de sa conclusion : Cette affaire anodine qui divisa
le pays, trouva un terme dans la guerre de Sécession, un
grand grand pays comme les USA devra se livrer à une
révolution pour assurer la liberté de tous.
Malgré quelques faiblesses, « Amistad » restera un
témoignage poignant sur l’esclavage, un film essentiel.
3,0 / 5 Généralités
La jaquette, très sobre, reprend l’affiche du film, le recto raconte l’histoire dans ses grandes lignes, design sobre. Un feuillet (plutôt qu’un livret) d’information avec le chapitrage, un disque sérigraphié au ton très rouges, de même que les pages du menu qui contraste avec la photographie hivernale de Janusz Kaminski. Menu fixe et muet, à l’exception de la page principal baignée par la musique douce de John Williams.
3,0 / 5 Suppléments
On était habitué à plus somptueux avec les
Spielberg, plein de bonus, des super making of, des scènes
coupées, du collector quoi…
Là ce n’est pas le cas ; un livret avec des notes de
production, une bande annonce, un making of de 25 minutes,
mais… pas un sous-titre ! On assiste à un retour en
arrière des éditions DVD où aucun
suppléments n’était traduit.
Merci Dreamworks.
5,0 / 5 Image
Une image sublime, la lumière du film est parfaitement restituée, pas un défaut de compression à signaler.
5,0 / 5 Son
De très bonnes ambiances, enveloppantes à souhait. Les trois versions du film sont au même niveau, sauf lors de la première partie où la version italienne se montre légèrement plus détaillée.
Configuration de test :
- Téléviseur 16/9 Samsung 16/9 70 cm
- Sharp DV-560S
- Pioneer 609 RDS
- Pack JBL SCS 75
Les dernières critiques de José Aguiar
| El | 6,8 |
|---|---|
| La Vie criminelle d'Archibald de la Cruz | 6,8 |
| Le Voleur de bicyclette | 5,8 |
| Olvidados, Los | 7,3 |
| Ben-Hur | 9,0 |
| Le Jour le plus long | 8,3 |
| L'Aventure du Poseidon | 8,0 |
| Driven | 7,8 |
| Silent Running | 4,8 |
| Superman | 9,0 |
