Lili Marleen : le test complet du DVD

1981. Réalisé par Rainer Werner Fassbinder
Avec Hanna Schygulla, Giancarlo Giannini et Mel Ferrer

Édité par Carlotta Films

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Le 26/06/2012
Critique

En 1938, à Zurich, Willie, une chanteuse allemande, aime Robert, un musicien qui appartient à une organisation secrète chargée d’aider les Juifs à fuir l’Allemagne. Le père de Robert refuse cette liaison et fait en sorte que les deux amants soient séparés. La guerre éclate. Forcée de rester en Allemagne, Willie enregistre une chanson,  » Lili Marleen « , diffusée aux quatre coins du Reich et qui devient un véritable triomphe. Les soldats font de cette chanson leur hymne, les Nazis leur emblème, mais le destin réunit à nouveau Willie et Robert…

Lili Marleen demeure l’un des films les plus populaires de Rainer Werner Fassbinder. Réalisé en 1981 après l’oeuvre-fleuve Berlin Alexanderplatz, ce chef d’oeuvre offre à Hanna Schygulla son plus grand rôle au cinéma et reste l’une des mises en scène les plus accessibles du cinéaste allemand. Inspiré d’une chanson emblématique de la Seconde guerre mondiale, rendue mondialement célèbre par Marlène Dietrich, Lili Marleen raconte le destin d’une femme dans l’Allemagne nazie à travers une fresque monumentale d’une ampleur rare dans l’oeuvre de Fassbinder.

En usant à la fois du mélodrame classique, de la romance historique, du film d’espionnage et du film de guerre, Fassbinder démontre ce qui a fasciné l’Allemagne durant le Troisième Reich, à savoir les symboles, le succès et la gloire. La reconstitution est exemplaire, la photo est magnifique, et les décors outranciers évoquent constamment une société basée sur le mensonge et le double jeu. Une oeuvre pilier du cinéma de Fassbinder, une oeuvre majeure du cinéma.

Technique - 8,5 / 10

Jusqu’alors disponible uniquement dans un coffret (avec Whity et Pionniers à Ingolstadt) édité par Opening en 2006, Lili Marleen fait peau neuve chez Carlotta, qui propose enfin l’un des films phares de Rainer Werner Fassbinder à l’unité. La jaquette est sobre mais élégante, tout comme le menu principal animé et musical, qui ne propose malheureusement que le chapitrage, le choix des langues ou de démarrer le film directement.

Aucun supplément, pas même une bande-annonce n’est disponible.

Ce nouveau master restauré et édité par Carlotta l’emporte haut la main sur la copie sortie chez Opening en 2006. Le piqué apparaît d’emblée plus affirmé, la colorimétrie retrouve sa vivacité, les noirs sont denses, le format 1.66 est respecté et la propreté est indéniable. Certes, les partis-pris esthétiques vaporeux signés Xaver Schwarzenberger (et Michael Ballhaus, non crédité au générique) donnent du fil à retordre à la définition avec ses éclairages luminescents, mais ces volontés artistiques sont respectées, tout comme le grain, et passent allègrement le cap du petit écran. Quelques artefacts de la compression, fourmillements et moirages viennent sensiblement altérer l’ensemble mais le visionnage ne s’en trouve jamais perturbé, y compris sur les séquences sombres baignant dans des teintes bleutées du plus bel effet.

Comme pour l’image, le son a aussi subi un dépoussiérage conséquent et la piste allemande Dolby Digital mono distille ses dialogues (enregistrés en postsynchronisation) et ses effets avec une redoutable efficacité. Le confort acoustique est assuré même si l’ensemble manque de naturel. La musique de Peer Raben, compositeur attitré de Rainer Werner Fassbinder, ainsi que la chanson éponyme, profitent d’une belle ouverture sonore et aucun souffle sporadique n’est à déplorer. Contrairement à Whity, un doublage français, de fort bonne tenue et tout aussi propre, est également disponible.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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