Les Visiteurs
The Visitors
USA - 1972
Home Free
Critique par Philippe Gautreau
Critique
Une maison isolée, dans une campagne vide et
glacée. Le lieu de tournage, choisi par économie,
est la propre maison de Chris Kazan, fils du réalisateur
et auteur du scénario. Un budget spartiate, dans les 100
000 $, limitera l’équipe de tournage à… quatre
personnes !
Mais, c’est bien connu, si pléthore de moyens ne suffit
pas à faire un bon film, le manque de moyen peut, en
revanche, stimuler la création.
L’idée du film est venu de la lecture d’un fait divers. La
vengeance n’est que le point de départ du récit,
centré sur l’évolution des relations entre cinq
personnages. La tension entre eux monte très
progressivement : il faut attendre une demi-heure pour sentir se
préciser la menace que font peser les deux visiteurs sur
le couple.
Kazan, cinéaste de l’ambiguïté, tel qu’il se
définit dans le supplément, nous confirme que,
quand on gratte un peu, les choses ne sont pas toujours aussi
simples qu’elles paraissent être, superficiellement. Ainsi,
Martha, d’abord franchement hostile aux visiteurs, se laisse
aller à flirter le temps d’une danse avec Mike. C’est
l’ambiguïté qui fait l’originalité de ce huis
clos, sur le thème, souvent exploité au
cinéma, des intrus qui troublent la tranquillité du
cercle de famille. On se souvient immédiatement de
The desperate hours de William Wyler,
avec Humphrey Bogart, et du remake
par Michael Cimino en 1990. Seule une courte séquence,
à la fin du film, évoque les faits qui se sont
déroulés au Vietnam, quelques années plus
tôt, comparables à ceux relatés dans
l’intéressant Casualties of War de
Brian de Palma.
James Woods fait ici sa première apparition sur le grand
écran. Il était alors âgé de 25 ans et
allait parcourir une longue route, jalonnée par
près de 120 films ou téléfilms, avant le
rôle-titre de Shark, l’excellente série dont nous
attendons avec impatience la sortie de la saison 2.
Wild Side Vidéo a eu la bonne idée d’ajouter
à sa collection
Les introuvables -
L’âge d’or du cinéma américain ce film
d’Elia Kazan, assez peu connu, l’avant-dernier de ses 21 films.
Voilà qui donnera envie de voir ou revoir les autres, en
particulier, Panic in the Streets,
On the Waterfront,
East of Eden,
A Face in the Crowd,
Splendor in the Grass et
America, où il
raconte comment il est arrivé aux USA avec sa famille,
alors qu’il aurait pu rester à Istanbul et peut-être
devenir, comme il le dit dans le supplément, marchand de
tapis…
1,5 / 5 Généralités
Le DVD n’offre que la version originale, avec sous-titres
français imposés.
Film divisé en 12 chapitres.
4,5 / 5 Suppléments
Elia Kazan, An Outsider. Ce documentaire de 53 minutes,
réalisé par Annie Tresgot en 1982, nous permet,
d’autant plus facilement que Michel Ciment maîtrise
parfaitement la langue anglaise, d’entrer dans l’intimité
d’Elia Kazan, acteur, metteur en scène de
théâtre, écrivain et cinéaste.
Cet Américain venu d’ailleurs (d’où le qualificatif
d’outsider), issu d’une famille grecque vivant à Istanbul,
s’est installé à New York et allait devenir l’un
des plus grands cinéastes de son temps. Il nous confie les
relations difficiles qu’il entretenait avec son père, ce
qui sera le thème de East of Eden,
adaptation pour l’écran de roman de John Steinbeck, avec
James Dean dans le rôle principal.
Créateur de l’Actors’ Studio avec Lee Strasberg et Harold
Clurman, Elia Kazan nous parle de la Méthode qui visait
à enseigner aux acteurs comment contrôler leurs
émotions, comment voir des choses invisibles, comment
exprimer des sentiments avec autant de conviction que s’ils
étaient réellement ressentis. Pour lui, le
cinéma, contrairement au théâtre, donne la
préséance à l’image sur les dialogues. Le
film met en application ce credo : au long des dernières
cinq minutes, sans musique, quatre mots sont
échangés, pas un de plus !
Voilà un bonus passionnant, comme on aimerait en voir plus
souvent !
À côté de ce documentaire, les broutilles
habituelles :
- galerie de photos
- filmographie sélective d’Elia Kazan
- liens internet
3,5 / 5 Image
La photo manque notablement de contraste et est affectée par un fourmillement, particulièrement gênant dans les scènes, nombreuses, filmées dans la semi-obscurité. Les arrières-plans sont flous. Mais l’image filmée avec une caméra 16 mm, ne pouvait pas être parfaite, ce dont la note tient compte. Les taches, toutefois, ont été correctement éliminées.
4,0 / 5 Son
Son clair, en mono 2.0, avec très peu de souffle.
Configuration de test :
- Vidéo projecteur InFocus IN76
- Denon DVD-3910
- Denon AVR-3806
- Kit enceintes/caisson Focal Profile 918 (configuration 7.1)
- TEST EN RÉSOLUTION 1080i - Diagonale image 270 cm
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