Gone in 60 Seconds - L'original : le test complet du DVD

Gone in 60 Seconds

Édition Spéciale

1974. Réalisé par H.B. Halicki
Avec Eleonor, H.B. Halicki et Marion Busia

Édité par CTV International

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Le 28/11/2002
Critique

Long Beach, Californie. Maindrian Pace est membre d’un gang qui projette de voler 50 voitures dans la semaine. Tout y passe : roadsters hors de prix, limousines (américaines, genre bateau-mouche), Rolls et, même… camions ! Les véhicules volés, affublés de noms de femmes pour détourner l’attention, se refont une virginité avec les numéros de série récupérés sur des épaves, dont les restes vont au broyeur.

Un grain de sable va faire dérailler un plan bien huilé : Eugène le Pollack, humilié par Maindrian Pace, rencarde la police.

Maindrian s’échappe de la souricière à bord d’un coupé Ford Mustang V8 1973 (un modèle plus récent -et plus puissant aussi- que celui que pilotait Steve McQueen dans les rues de San Francisco, six ans auparavant, dans Bullitt, le film de Peter Yates. La voiture répond au doux nom d’Eleanor.

S’ensuit une poursuite qui dure (excusez du peu)… 40 minutes !

Il ne faut pas plus de dix minutes (juste le temps d’atteindre le Golden Gate Bridge), pour perdre le compte des voitures réduites à l’état d’épave. Minute après minute, de nouvelles voitures de police remplacent celles (ou ce qu’il en reste) qui sont bonnes pour la casse. Dans leur sillage, dépanneuses, voitures de pompiers, ambulances, sirènes hurlantes.

Maindrian, ou plutôt Eleanor, la véritable héroïne du film, tout comme dans la chanson… « sème la terreur dans toute la région » ! Un vrai carnage, filmé d’hélicoptère… pour être retransmis en direct sur les écrans de télé.

Si vous êtes accroc de courses-poursuites en voiture, ne cherchez plus : vous ne trouverez pas mieux ! Ce n’est pas seulement la plus longue de l’histoire du cinéma, elle est aussi très bien filmée.

Si l’introduction n’est pas trop mal ficelée, elle n’est jamais qu’un prétexte à la chevauchée haletante et déjantée qui est la seule raison d’être de ce film indépendant, produit, interprété et réalisé, en 1974, par Toby Halicki, cascadeur fou-dingue de voitures, qui allait se tuer quinze ans plus tard, à peine âgé de 50 ans, au cours du tournage d’un autre film du même tabac… au volant d’une voiture.

L’ambiance est là, avec une introduction dans le style des films de gangsters de série B des seventies : blousons ajustés, pantalons pattes d’eph’, secrétaires Barbie Doll.

Puis, quand tout démarre vraiment, c’est une profusion de fumée lâchée par les pneus brûlant l’asphalte, de nuages de poussière levés par les accélérations rageuses ou les virages en dérapage pas toujours contrôlé, une débauche de carambolages cataclysmiques, de sauts spectaculaires, d’incendies, de crissements, de vrombissements, de fracassements, d’explosions… Bref, il y en a autant pour les yeux que pour les oreilles, avec moult morts ou blessés pour faire bonne mesure.

Généralités - 3,5 / 5

La qualité de la restauration de l’image et du son peut étonner pour un film de série B qui, toutefois, figura honorablement au box office américain.

Découpage en 16 chapitres, avec vignettes animées, mais pas sonorisées. Le chapitre 15 (celui de la poursuite) est subdivisé en 12 sections, allant de « a » à « l ».

Pour changer de langue, obligation de repasser par le menu. De plus, l’éditeur ne s’est pas encore débarrassé de sa méchante habitude d’imposer les sous-titres français sur la VO.
(Toutefois, si la langue de Shakespeare n’a pas trop de secrets pour vous et si vous utilisez un lecteur Philips DV 957, exonérez-vous des sous-titres qui polluent l’image en suivant la recette détaillée dans la rubrique « Suppléments » de Bad Luck ! (Double Whammy) : it works… perfectly!).

Enfin, le second disque, intitulé « le garage », sérigraphié comme celui du film, contient une « flopée » de bonus.

Bonus - 4,0 / 5

5 interviews en VOST, 1.33 :
J.C. Agajanian, un ami du réalisateur, n’est pas avare d’anecdotes, notamment sur les dégâts involontaires occasionnés par le tournage. (11’16”)
Denise Halicki nous raconte la passion de son père pour les voitures de toutes sortes et son obsession à réussir le film, qu’il avait financé de ses propres deniers (2’45”).
Parnell Jones nous dit la joie qu’éprouvait Toby à faire visiter son musée privé, à communiquer un peu de sa passion aux autres (5’03”).
Lee Lanosa, lui-même passionné de voitures (il dit avoir dans son garage une Maserati et une Lamborghini !), se souvient de la naissance de la première Mustang, en 1964, après une gestation de trois ans, alors qu’il était le chef de la division Ford dans le groupe Ford Motor Company. Eleanor, le modèle du film, fut le plus puissant jamais construit et… solide avec ça ! Il nous assure qu’aucun autre film comme celui-ci ne pourra plus jamais être tourné : les règles de sécurité actuelles aux USA l’interdiraient absolument (9’12”).
Bobby Ore, directeur d’une école de cascades, a analysé les gros risques pris pendant le tournage de « Gone in 60 Seconds » dont les conséquences auraient pu aller au-delà de quelques amas de tôles tordues et calcinées. Il fait « évoluer » Eleanor, aussi froissée aujourd’hui qu’en 1974. Il prétend qu’elle marche encore comme au premier jour ; je n’y connais pas grand chose, mais les cliquetis émis par moteur au ralenti ne manqueraient pas de m’inquiéter… (5’34”).

Bande-annonce originale en VOST, 1.33 (1’32”). Avec ses couleurs passées, dans les tons roses, cette bande-annonce, gravée sur le DVD du film, montre l’amélioration spectaculaire de l’image et du son obtenue avec la remastérisation.

Bandes-annonces remastérisées 1, 2 et 3 en VOST 1.33 (30 », 60 » et 1’18”) nous fournissent une information clé : 93 voitures ont été détruites au cours de la poursuite (soit une moyenne de 2,325 voitures par minute, si mes calculs sont bons).

Bande-annonce de « Junkman » en VOST 1.33 (1’51”). Dans ce film de la même eau, réalisé en 1982, Toby Halicki pulvérise son record en envoyant à la casse pas moins de… 150 voitures ! Qui dit mieux ?

Scènes inédites : trois scènes muettes d’une durée totale de 10’ (Eleanor, Les gars et Maindrian Pace) ; la première séquence, la plus intéressante, contient une dizaine de rushes d’une même scène de poursuite, filmés avec caméra embarquée. Pas de doute : le réalisateur était exigeant.

Galerie de photos : 26 séries de photos de plateau, d’une dizaine de photos chacune, en format 1.33, classées par chapitres.

Affiches internationales. Voilà un bonus original, avec des affiches dans le style des années 70, et le titre du film dans plusieurs langues : La grande Casse, Die Blech-Piraten, Rollercar: sessanta secondi e vai !, Blåst på 60 sekunder, Inpikken & wegwezen. Ah bon… ça vous suffit ? Vous ne voulez vraiment pas du grec et du japonais ?

Image - 4,0 / 5

Etonnante restauration de l’image (le film n’accuse pas ses trente ans) mettant en valeur, dans le prologue, chromes étincelants et carrosseries lustrées aux couleurs éclatantes.

Son - 4,0 / 5

Bravo pour la remastérisation ! Les graves, en particulier, rendent un hommage « vibrant » aux rugissements du V8 de la Ford Mustang.

Les aigus, toutefois, n’ont pas la même présence.

La spatialisation est correcte, en particulier pour les déplacements d’Eleanor ; la cohérence laisse parfois à désirer pour les dialogues qui, dans ce genre de film, ne sont pas prioritaires.

Le DTS apporte un petit plus à la version 5.1. Le son de la version française en 2.0 est aussi clair, avec moins de relief bien sûr.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic 36PG50F 16/9 82 cm
  • Philips 957
  • Panasonic 36PG50F
  • Enceintes frontales Energy XL-16B, arrières Sony SS-SR15, Caisson de graves Pioneer S-W150-S

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