Silent Running : le test complet du DVD
USA - 1971
Réalisé par Douglas Trumbull
Avec Bruce Dern, Cliff Potts, Ron Rifkin, Jesse Vint
Critique par José Aguiar. Publiée le 1 avril 2002
Critique
Dans l’avenir, la quasi-totalité de la
végétation a disparu de la surface terrestre. Seuls
quelques vaisseaux spatiaux sont devenus les garants des
dernières plantes, cultivées en apesanteur dans
d’énormes serres. Procédé plutôt
onéreux, qui s’attire le courroux des grandes
multinationales. Déjà sur Terre l’on parle de
détruire ces bribes de végétation dans
l’indifférence générale. Freeman Lowell
(Alan Ladd, pas très convaincant),
désespéré par une telle perspective, tentera
son va-tout pour sauver le reste des arbres : détourner un
vaisseau au prix de la vie de ses occupants.
« Silent Running », pour qui ne l’a pas vu, a su conserver une
force intacte de conviction et ce même si souvent le
discourt écolo-catastrophiste semble un peu excessif.
Conte naïf et suranné, « Silent Running » souffre d’un
emportement immodéré de la part du
réalisateur (emportement propre au début des
années 70 : c’est en effet un reproche que l’on peut
également faire à « Soleil Vert »).
Mais on aurait tort de penser que Trumbull n’a pas apporté
une note de réflexion sur la destruction des
écosystèmes : certes la quête du profit
à tous crins est nuisible, mais en faisant de son
héros un extrémiste à moitié fou, il
laisse suinter l’idée que l’avenir de la planète ne
réside pas forcément dans les hommes quels qu’ils
soient.
Fort de ce constat pour le moins pessimiste, c’est tout
naturellement vers les machines que le regard de Trumbull se
porte. Vers les majestueux vaisseaux tout d’abord, qu’il filme
avec une maestria et une admiration non dissimulée ; quoi
de plus normal lorsqu’on sait que Trumbull est le responsable des
meilleurs FX des années 70 (2001 : l’odyssée de l’espace,
Rencontres du troisième type, Star Trek - Le film et
Blade Runner).
Mais c’est surtout avec les trois petits drones responsables de
l’entretien du vaisseau que le cinéaste s’est
surpassé. Soudain, de cet amoncellement de ferraille que
sont les petit robots surgit une humanité inattendue :
alors que le « héros » humain n’éprouve aucune
gêne à tuer trois personnes, les drones se
recueillent sur la dépouille d’un des leurs. On s’attache
tellement aux petits drones que la dernière image du film
vous noue la gorge (et ça, il faut le voir, ce n’est pas
moi qui vous la racontera) et vous laisse un terrible sentiment
de solitude.
Finalement, on apprécie le film pour ce qu’il est : une
fable écologiste fort efficace. Pour Trumbull, les hommes
sont incapables de mener leurs idées à bien.
2,5 / 5 Généralités
Une présentation tristounette préside à cette édition vraiment bas de gamme. Le boîtier Amaray est bien moins avenant que la jaquette Zone 1, dont l’affiche était une réussite. Le menu s’ouvre sur le vide intersidéral, et, pour une fois, la forme rejoint le fond, car ce DVD se révèle plein de vide avec ses écrans fixes et muets et une pauvreté d’édition heureusement compensée par un prix qui vous redonne le sourire.
1,0 / 5 Suppléments
On pourrait filer la métaphore sur le néant
intersidéral, mais à quoi bon ? On n’en sortirait
plus. Faisons sobre mais efficace : la partie suppléments
de ce DVD est plus désertique que la planète Mars
(finalement j’ai craqué). On se voit offrir une
misérable bande-annonce de qualité
médiocre.
Que fait-on des sempiternelles notes de production, ou des
filmographies qui représentent le minimum syndical pour
une édition DVD ?
3,0 / 5 Image
Une copie sans taches ni rayures, qui aurait gagné à être présentée en 16/9 anamorphique, pour une meilleure définition, et pour pouvoir profiter des sous-titres. Défaut auquel on pourrait ajouter un ensemble parfois un peu fade. Mais le plus rageant est le fait que le film semble recadré (en effet, le titre du film est « mangé » des deux côtés de l’écran).
3,0 / 5 Son
Une fois n’est pas coutume, c’est la VF qui remporte la palme du son, car la VO, étouffée et peu détaillée, n’offre pas vraiment le minimum requis. On s’étonnera même d’entendre une plus grande variété de bruits d’ambiance sur la VF, alors que d’habitude c’est l’inverse. En fait, il semblerait, à entendre les voix françaises, que le doublage ait été exécuté dans les années ‘80 (on reconnaît notamment très bien la voix française de Bill Paxton) alors que le film est de 1971 ; peut-être trouvera-t-on là l’explication à ce mystère ?
Acheter ce DVD sur Amazon (14,90 €)
Configuration de test :
- Téléviseur 16/9 Samsung 16/9 70 cm
- Sharp DV-560S
- Pioneer 609 RDS
- Pack JBL SCS 75
Les dernières critiques de José Aguiar
| El | 6,8 |
|---|---|
| La Vie criminelle d'Archibald de la Cruz | 6,8 |
| Le Voleur de bicyclette | 5,8 |
| Olvidados, Los | 7,3 |
| Ben-Hur | 9,0 |
| Le Jour le plus long | 8,3 |
| L'Aventure du Poseidon | 8,0 |
| Driven | 7,8 |
| Silent Running | 4,8 |
| Superman | 9,0 |
