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OUTRAGES
Casualties of War
USA , 1989
Columbia Pictures, Art Linson
8,25 5,00

Vote dvdfr

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Le Vietnam vu par De Palma dans un autre des ses chef- d'oeuvre. A (re)découvrir d'urgence sur un DVD à l'image époustouflante. Le remixage de la piste anglaise rend enfin hommage à l'atmosphère si particulier que dégage le film. Coté suppléments, même s'ils ne sont pas nombreux, ils nous en apprennent quand même beaucoup, en particulier sur De Palma.
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critiques de
Anthony Blasi :
1
9,2
2
9,0
3
9,0
4
9,0
5
8,5

Le Vietnam fût une sale guerre. Bon nombre de cinéastes, tels Oliver Stone et son Platoon (Édition Collector), Francis Ford Coppola avec Apocalypse Now nouvellement Redux, sans oublier Stanley Kubrick et son Full Metal Jacket, ont apportés leurs visions sur un sujet qui bouleversa l'Amérique. Il semblait donc normal que l'un des plus grands cinéastes contemporain s'y arrête un jour...

Pour ce film, De Palma ne cherche pas à produire du grand spectacle, car il sait qu'il tient entre ses mains un sujet brûlant qui vaut bien plus qu'un "simple" film de guerre. Il ne veut pas d'un film qui raconte la guerre, mais il désire montrer l'enfer de ceux qui l'ont faite. Lui-même à tout fait pour ne pas y prendre part, et c'est peut-être ça qui fait toute la différence.

L'histoire qu'il décide de porter à l'écran ne traite pas des conflits de l'époque, ni des conséquences engendrées, mais bien de la jeunesse américaine. De ces jeunes, soldats ou pas, à qui on a fait vivre le pire, pendant que d'autres encore y laissaient leurs vies. Alors comment garder une conscience et rester soi-même dans un cas pareil ? Comment ne pas sombrer dans une folie totale quand, par exemple, on voit le corps de son frère d'arme, et de bien d'autres, déchiqueté par les balles ou explosé par une mine ? Comment supporter la peur de ne pas connaître le même sort ? Et comment (sur)vivre dans de telles conditions ? Les personnages de son film sont, en quelques sortes, les réponses à toutes ses questions.

Le sergent Meserve (Sean Penn) n'est pas fou. Il est même un excellent soldat. Mais, les trop grandes visions d'horreur qu'il dû encaisser ont pas mal contribuer à son changement brutal. Il devient alors un être qui ne distingue plus le bien du mal. Un être insensible, sans coeur, auquel on a enlevé toute parcelle d'humanité. Il n'était sans doutes pas comme ça avant de subir une expérience aussi atroce que fut cette guerre...

Eriksson (Michael J. Fox) est certainement plus fort mentalement, car il réussi à surmonter tout ce que Meserve à avaler. Il fait la part des choses, connaît les limites à ne pas franchir et garde toujours ses valeurs, ses principes si fondamentaux qui font de lui, un homme, encore, "normal". Malgré toutes ces qualités, il ne peut rivaliser avec Meserve. Il n'est pas à la hauteur. Même si lors du viol de la jeune vietnamienne, il peut et veut intervenir, il ne bouge pas. Ne trouvant pas assez de courage en lui pour agir, il préfère partir loin, que d'assister à ce drame horrible.

Le vrai face à face, mis en place depuis le début, peut alors commencer et la vraie question est lancée. Eriksson se retrouve seul, face à sa conscience. Doit-il dénoncer et accuser un homme, qui lui a sauvé la vie, d'avoir commis un acte épouvantable, ou, au regard et à la demande de tous, oublier tout se qui vient de se passer ?

Sans jamais pardonner, ni même excuser, et dénonçant la pitoyable attitude américaine durant le Vietnam, De Palma dévoile un des cotés les plus méconnus de cette guerre. Aidé par un scénario tiré de faits réels, un casting somptueux, où il offre ce qui restera comme le plus grand rôle dans la carrière de Michael J. Fox, et sur une musique éblouissante de l'habituel compère Ennio Morricone, il signe une oeuvre magistrale, puissante, dure et qui restera encore, et pendant longtemps, présente dans les mémoires...
 4,0 / 5  GENERALITES
1 point1 point1 point1 point0 point
Presque une habitude chez l'éditeur, un fourreau, où le noir est sobrement et magnifiquement utilisé, abrite un boîtier classique. Le DVD s'ouvre sur des menus tous fixes et muets, mais tous fort bien réussis graphiquement...

Tous les suppléments sont intégralement sous-titrés en français.
 4,0 / 5  SUPPLEMENTS
1 point1 point1 point1 point0 point
Le making of, réalisé par Laurent Bouzereau, n'en est pas vraiment un à proprement dit. Les très courtes séances de tournages se comptent facilement et ne servent à pas grand chose... Il s'apparente donc plus à une interview qu'à un vrai making of.

Par contre, les propos tenus par De Palma, son producteur et son monteur de l'époque, sont une vraie mine d'or. Le réalisateur explique d'abord ce qui l'a poussé à faire ce film, des thèmes qui lui sont chers. De sa première lecture en 1969 d'un article, paru dans un journal américain, au succès en salles de Les Incorruptibles et Platoon (Édition Collector) qui lui ont permis de réaliser un projet qu'il préparait depuis bien longtemps. Il parle ensuite de son casting minutieux pour lequel il auditionna dans le monde entier. Il rend par la même occasion un hommage cinglant à tous ses acteurs...

Le reportage continue et se termine par des analyses spécifiques de De Palma sur l'histoire de son film, son scénario, sa dureté et les significations de certaines scènes, et par des explications concrètes apportées par le monteur sur de nombreux plans de tournage...

Court, trente minutes environ, mais très bien réaliser, ce petit documentaire a le mérite de nous en apprendre long sur la conception du film, les motivations de chacun et sur De Palma lui-même. Car, s'il n'évoque que très brièvement sa position sur la guerre du Vietnam, les questions soulevées par son film en disent déjà beaucoup.

Dans La guerre d'Eriksson, la parole est donnée à Michael J. Fox. Il revient sur le film, expliquant en détail, les thèmes qui lui paraissent important. Il parle aussi de ses relations avec le réalisateur qui furent très bonnes, mais plus tendues avec Sean Penn. Il explique qu'ils se sont tellement investi dans leurs personnages, qu'aucune amitié ne put se créér entre eux. La tension était trop grande et, comme il le précise lui-même, aucun d'eux n'en avait réellement envie. Il nous livre ensuite ses souvenirs de tournages, ses moments difficiles et beaucoup d'autres anecdotes.

A n'en pas douter, De Palma offrit à Michael J. Fox son plus grand moment de cinéma. Il n'a pas oublié, et rend un hommage particulier à son réalisateur.

Les cinq scènes supplémentaires n'apportent rien de bien concret au développement de l'histoire. Trop courtes pour avoir de vrais atouts, elles ne montrent qu'un peu plus la dureté du film.

On termine par les habituelles filmographies, et une partie bandes-annonces où sont présentés Dans la ligne de mire, Ouragan sur le Caine, Des Hommes d'honneur (Édition Collector), et "Outrages", bien évidemment.
 4,5 / 5  IMAGE
1 point1 point1 point1 point1/2 point
Quel bonheur de redécouvrir ce film avec une image aussi impressionnante de qualité. Le master ne présente vraiment aucun défaut, et cela est déjà une prouesse pour un film datant de plus de dix ans déjà et tourné sur des décors naturels riches en couleurs. Une compression parfaitement maîtrisée, un contraste parfait et des couleurs superbes font que l'on éprouve un confort et un plaisir visuel non dissimulés. Seul quelques arrières plans peu définis empêchent la note d'atteindre le seuil maximum.
 4,0 / 5  SON
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La piste en VO bénéficiant d'un remixage en 5.1, retranscrit au mieux l'ambiance du film. La superbe partition d'Ennio Morricone est rapidement privilégiée et accentue réellement la tension lors des moments forts. La pression omniprésente va crescendo et les voies avants sont là pour vous le faire sentir. Au niveau des arrières, le mixage ne cherche pas à être explosif, mais plutôt à transporter votre salon en plein coeur de la jungle vietnamienne. Les effets surround font pleinement "vivre" la jungle et dégagent une impression de naturel assez surprenante...

La VF en Dolby Surround ne peut offrir le même spectacle. Si les voies avant gardent toute leur ampleur, les voies arrière sont pour ainsi dire muettes tout au long du film. On garde à peu près la même intensité, mais on perd pratiquement toute l'ambiance naturelle du film...
Configuration de test :
- Téléviseur 16/9 Sony WEGA 16/9 82 cm 32FX60B
- Sony PlayStation 2
- Pioneer VSX859-RDS
- Enceintes frontales Jamo E630, centrale E6CEN, surround E8SUR et caisson de graves E6SUB
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