Henry - Portrait d'un serial killer : le test complet du DVD

Henry: Portrait of a Serial Killer

Édition Collector

1986. Réalisé par John McNaughton
Avec Michael Rooker, Tom Towles et Tracy Arnold

Édité par Opening

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Le 27/02/2002
Critique

Noir profond. Un récit sombre, un petit film d’horreur aux limites du (faux) documentaire, des inconnus (jusqu’à alors..) devant et derrière la caméra. Des circonstances fortuites ont fait en sorte qu‘« Henry » devienne une oeuvre-culte de renommée mondiale. Mais comment aurait-il pu être différent ? « Henry » est un bijou noir, un récit aux abîmes de l’humanité.

Pas de serial killers « stylish » à la Hannibal, ici. Le film emprunte les noms d’Henry et Otis aux vrais tueurs en série, et se lance dans une descente aux enfers si réaliste dont personne ne sort indemne. Pas de morale, pas d’explications, pas de rédemption : Henry et Otis sont des machines à tuer qui se livrent au pur anéantissement.

Que rend « Henry » si impressionnant ? Le refus net de McNaughton de faire du cinéma « fictif », et dessiner une réalité glauque et sans pitié ; on est ici dans un non-lieu entre Godard, les films les plus militants d’un Abel Ferrara, et « Maniac » de William Lustig. Et « Henry » a aussi et surtout son ange noir : un Michael Rooker totalement flippant et effrayant dans le hyperréalisme de sa présence à l’écran.

Une oeuvre noire, sans concessions. Une référence dans le cinéma horror (et vérité) contemporain.

Généralités - 5,0 / 5

La référence. D’habitude timoré dans ses réalisations, Opening sort ici la plus belle édition planétaire consacrée au film- culte de John McNaughton. Un double DVD-5 qui fera date.

Pour couronner le film, l’édition sort ici un packaging Digipack - fourreau - disques sérigraphiés des grands jours. Finalement, on aurait pu réunir l’ensemble des contenus sur un DVD double face, mais le résultat esthétique n’aurait pas été le même..

Les menus animés et musicaux des deux disques rappellent un peu les transitions visuelles de la série « Millennium », et suggèrent bien l’atmosphère de malaise du film. L’accès aux différentes options est très ergonomique. Opening signe ici un sans faute.

Seul hic : dommage pour l’obligation contractuelle d’imposer les sous-titres sur la VO, qui verrouille en même temps le changement de langue à la volée.

Bonus - 5,0 / 5

(Petit avertissement d’entrée : l’interdition aux moins de 16 ans s’applique à notre avis aussi à certains suppléments, et tout particulièrement aux rushes d’Otis Toole. Vous êtes prévenus).

Avec « Henry », Opening réalise le DVD « bigger than life » par excellence. Un DVD qui sort des frontières cinématographiques du film de McNaughton, pour s’intéresser au phénomène des tueurs en série, avec un regard clinique et informatif, et jamais racoleur.

Avant de quitter le film, direction le témoignage de John McNaughton sur la réalisation du film (34’ et en VOST). Rarement un document vidéo aura été aussi passionnant et aussi direct. McNaughton s’interdit de faire tout racolage promotionnel, et raconte les circonstances - souvent spectaculaires - qui ont permis à « Henry » de voir le jour, et de devenir une oeuvre-culte à travers le monde. Sans « Henry », McNaughton et Michael Rooker auraient-ils une carrière aujourd’hui ? En tout cas, le réalisateur donne tout son coeur et sa franchise dans son récit.

Les parties suivantes du DVD - toutes en VF - bénéficient de la collaboration directe ou indirecte de l’expert en serial killers Stéphane Bourgoin, à qui l’on doit une part de la réussite de ce DVD.

Interview de Stéphane Bourgoin
Dans cette rencontre filmée d’une demi-heure (par le journaliste Marc Toullec), Bourgoin décrit l’importance et le réalisme du film - non pas pour son récit, qui se contente juste de reprendre les noms d’Henry et Otis - mais pour la vraisemblance des deux personnages aux motivations et aux psychologies des vrais tueurs en série. Bourgoin en a rencontré une quarantaine tout au long de sa carrière (marquée par un événement tragique), dont les vrais Henry et Otis. L’expert parle également de ses entretiens, et livre quelques détails sur le modus operandi des vrais tueurs en série, qui ne ressemblent en rien aux Hannibal Lecter dans la réalité (on se le doutait)..

Profession : Profiler
Il s’agit d’un documentaire de 52’ de France 2 (co-signé par Bourgoin lui-même), qui suit les traces d’une femme-profiler de la police sud-africaine, qui a quitté depuis ses fonctions. Avec l’appui des images d’archive des autorités locales (dont certaines assez crues), l’équipe la suit sur les traces de trois enquêtes qu’elle avait mené, qui l’avaient amené à dresser des portraits des tueurs qui ont permis leur arrestation. Le documentaire souffre de quelques longueurs, mais il offre une véracité et des propos impressionnants. Un compte-rendu lucide au coeur de l’abîme.

Les rushes du véritable Otis Toole
C’est le document le plus « dark » du DVD. Sont ici présents 7 minutes d’extraits (non montés) d’une interview entre Bourgoin et Otis dans sa prison. Un choc. Tout autre commentaire est superflu.

En fond de parcours de ce DVD-5 entièrement consacré aux bonus, on trouve les bandes-annonces de « Henry » et « Henry 2 » (en VOST), et les biographies animées - à la manière des fiches signalétiques policières - de McNaughton, Rooker et Bourgoin.

Image - 3,5 / 5

Pour y avoir du grain, il y a du grain… Le film fut tourné en 16 mm en extérieurs et dans des conditions techniques pitoyables, et aucun encodage au monde ne pourra changer ça.

Mais es-ce vraiment un problème ? « Henry » est fidèle à lui- même, et c’est ça qui compte. La définition est satisfaisante et les couleurs restent toujours aussi glauques. Quelques imperfections d’encodage ici et là.

Son - 4,0 / 5

Le son du DVD est fidèle aux conditions de tournage du film. Imaginer à une restauration 5.1 du son serait une hérésie, et ne ferait que détruire l’ambiance glauque et quasi documentariste d’Henry. Les timbres et la dynamique ne seront pas comparables aux productions contemporaines, mais c’est pour le mieux.

Dans les limites physiques des sources, le son est très clair, avec une discrète présence des basses. Techniquement, la VF offre son dynamisme, mais les voix trop à l’avant se révèlent très nuisibles pour le film. Préférez la VO !

A noter que les deux pistes audio sont en pur mono central, et pas en dual-mono (son reparti sur les deux enceintes frontales).

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony WEGA 16/9 82 cm
  • Sony PlayStation 2
  • Denon AVR-1801
  • enceintes frontales, centre et surround Davis Odyssée

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