Chevalier
A Knight's Tale
USA - 2001
Columbia Pictures, Escape Artists/Finestkind
Critique par Anthony Blasi
Critique
Depuis toujours, un simple serviteur du nom de William Tchatcher
(Heath Ledger, The Patriot - Le chemin de la liberté) rêve d’être chevalier
et de participer aux plus grands tournois. Malheureusement, seul
les nobles peuvent prétendre à ce titre. Alors,
après la mort de son seigneur, William change
d’identité, devient l’honorable Sir Ulrich Von
Lichtenstein et part en quête de sa
destinée…
Faire évoluer une histoire d’époque dans un univers
bien contemporain est souvent un pari risqué, où
les réussites se font plutôt rares - on pense tout
particulièrement à l’exceptionnel
Moulin Rouge ! de Baz Luhrmann, ou encore au chef-d’oeuvre
Titus de Julie Taymor.
Malheureusement, ce « Chevalier » est à mettre dans le
mauvais rang. Car, à la différence de Luhrmann ou
Taymor qui adaptent leurs histoires à leurs univers,
Helgeland, lui, use de la simplicité, fait dans le
traditionnel et se perd dans les multiples facettes du film.
Tantôt film sur la chevalerie, tantôt délire
cinématographique, le réalisateur n’arrive jamais
à imposer un style, et c’est là, sa principale
faiblesse. Il filme son Chevalier comme une simple pellicule
parmi d’autres, sans jamais y intégrer, par exemple, la
folie jubilatoire qui faisait tout le charme de
Moulin Rouge !.
C’est bien dommage, car en revoyant les scènes de joutes
parfaitement réalisées, ou que l’on se penche un
instant sur le casting que l’on qualifiera d’honnête
à défaut d’être prestigieux, on se
plaît à rêver de ce qu’aurait pu donner le
résultat final si seulement le réalisateur avait su
respecter le genre dans lequel il s’aventurait, ou créer
une identité propre à son film…
4,0 / 5 Généralités
Le test ayant été effectué à partir
d’un check disc, nous passerons outre l’aspect esthétique
de l’édition limitée en coffret métal. Pour
le reste, le DVD fait preuve de grande tenue.
L’authoring a été particulièrement
soigné avec des menus animés, reprenant quelques
scènes du film retravaillées graphiquement pour
l’occasion, la technique idéalement adaptée pour
les amateurs de belles images et de bandes-son efficaces, autant
que les suppléments qui apprendront aux passionnés
tous les secrets sur la fabrication d’un film.
4,0 / 5 Suppléments
Le commentaire audio nous donne l’occasion
d’écouter le réalisateur, Brian Helgeland, et Paul
Bettany, un des acteurs du film. Ils rentrent très vite
dans le vif du sujet, et on sent rapidement que cet exercice ne
fut pas trop difficile pour les deux hommes. A l’aise, donc, les
informations arrivent de toute part, et enchaînent
souvenirs de tournage et d’écriture, anecdotes,
péripéties…
Le tournage est composé de onze featurettes qui
détaillent la conception du film :
« 1370 - La rock music scène » explique l’utilisation
d’une musique en décalage total avec les images.
« Armor et le rock band en tournée » revient sur le
choix des costumes.
« Les surprises de la maison tchèque » rend un bel
hommage aux figurants.
« L’école de Hard Knocks » nous montre tout le
travail accompli pour réaliser les joutes.
« Les tournois - Entre match de foot et course automobile »
établit le lien qui unit les tournois d’autrefois et nos
sports populaires actuels.
« La grande tente » revient sur les joutes, les jouteurs et
leurs popularités.
« Le premier promoteur sportif au monde » compare le
personnage de Chaucer aux présentateurs de boxe de nos
jours.
« Histoires pour le peuple » décrit en détail
trois personnages, dont celui de Chaucer.
« Les règles de l’amour » donne les règles
à respecter pour créer une histoire d’amour dans ce
type de film.
« Portrait de Heath Ledger » présente
brièvement l’acteur principal.
« La quête du réalisateur » clôture cette
section par de dernières et courtes explications sur le
film et sur le travail du metteur en scène.
Au final, tous ces documents courts nous en apprennent long sur
bien des aspects du film et sur le travail de l’équipe
technique.
Les scènes supplémentaires sont au nombre de
six et peuvent être introduites par le réalisateur
(sans une dent..) et son monteur. Pour chaque scène, ils
développeront ensemble les raisons de leur
non-intégration au montage final et exprimeront aussi une
certaine tristesse de n’avoir pu les utiliser.
Le making of HBO est en réalité une courte
featurette promotionnelle, qui ne révélera rien de
bien intéressant, car constituée en grande partie
de séquences tirées des clips de la section
« tournage ».
Les amateurs apprécieront le duo Queen/Robbie Williams
dans le clip de l’excellent « We’re the Champions », et
termineront sur les habituelles filmographies et les
bandes-annonces de Final Fantasy - Les créatures de l’esprit et « Chevalier ».
5,0 / 5 Image
De toute beauté.
Les éditeurs nous gâtent, et on ne s’en plaindra
pas. Cela devient de plus en plus difficile de trouver, ne
serait-ce qu’un petit défaut à ces nouveaux DVD qui
nous sont proposés. Le master est propre, la compression
parfaitement maîtrisée, la définition
exemplaire et les couleurs magnifiquement saturées. Un
vrai bonheur…
5,0 / 5 Son
En anglais comme en français, la bande-son de ce « Chevalier » assurera le spectacle grâce à des pistes 5.1 tonitruantes. La bande originale (vraiment originale !) très « rock » associée aux nombreux duels, donne lieu à quelques scènes mémorables, dont le caisson de basse est le premier instigateur.
Configuration de test :
- Téléviseur 16/9 Sony WEGA 16/9 82 cm 32FX60B
- Sony PlayStation 2
- Pioneer VSX859-RDS
- Enceintes frontales Jamo E630, centrale E6CEN, surround E8SUR et caisson de graves E6SUB
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