Présumé coupable : le test complet du DVD

2011. Réalisé par Vincent Garenq
Avec Philippe Torreton, Wladimir Yordanoff et Noémie Lvovsky

Édité par France Télévisions Distribution

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Le 27/01/2012
Critique

Le film raconte le calvaire d’Alain Marécaux - « l’huissier » de l’affaire d’Outreau - arrêté en 2001 ainsi que sa femme et 12 autres personnes pour d’horribles actes de pédophilies qu’ils n’ont jamais commis. C’est l’histoire de la descente en enfer d’un homme innocent face à un système judiciaire incroyablement injuste et inhumain, l’histoire de sa vie et de celle de ses proches broyée par une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque.

Présumé coupable est la fidèle adaptation du journal écrit en détention par Alain Marécaux (Chronique de mon erreur judiciaire paru chez Flammarion en 2005), surnommé  » l’huissier d’Outreau « , injustement arrêté en 2001 et accusé à tort de viol sur mineur de moins de 15 ans. Ce film coup de poing raconte le calvaire d’Alain Marécaux, un homme pris dans l’engrenage d’une justice défaillante. Le réalisateur Vincent Garenq, remarqué en 2008 avec l’excellent Comme les autres, s’attache ici à rendre les faits tels qu’ils se sont déroulés avec une mise en scène alerte, un montage acéré et l’immense interprétation de Philippe Torreton, transformé, méconnaissable, qui a perdu près de trente kilos pour ce rôle.

Le spectateur est littéralement happé par cette spirale infernale, mis face à lui-même et doit réfléchir à cette question à savoir comment, en France, un individu qui avait une vie rangée a vu son existence basculer du jour au lendemain. Et comment est-il passé de l’état d’un homme respecté et respectable à celui de violeur d’enfant. Présumé coupable est un film qui fait mal, les dialogues nous arrivent en pleine figure et finalement, le réalisateur ne met pas en scène l’affaire Outreau mais l’histoire d’un homme comme les autres à qui la justice a volé son affaire, sa femme, sa mère morte de chagrin, sa maison, son honneur. Un homme qui n’a même pas bénéficié de la présomption d’innocence à laquelle a droit toute personne suspectée. Présumé coupable dénonce également la presse qui a immédiatement accusée les personnes incarcérées, sans ménagement et sans aucune preuve.

Le film choc de Vincent Garenq démontre que toutes les règles fondamentales du droit ont été bafouées et inversées, en évitant tout voyeurisme et pathos. A la limite du documentaire proche des grands films de Raymond Depardon, Présumé coupable est un film documenté, dense, épuré, nerveux, magistralement interprété (Raphaël Ferret dans la peau du juge Burgaud est glaçant), un film d’autorité publique dont on ressort complètement ébranlé.

Généralités - 4,0 / 5

Un menu principal animé, sobre, déroule des images du film au ralenti tandis que résonne en fond les accusations portées à l’encontre d’Alain Marécaux.

Bonus - 4,5 / 5

Après le visionnage du film, écoutez le commentaire audio du réalisateur Vincent Garenq et d’Alain Marécaux. Tous deux reviennent évidemment longuement posément, sur le plus grand scandale judiciaire depuis l’Après-guerre, sur la genèse de Présumé coupable, les recherches effectuées ainsi que l’investissement des comédiens, en particulier de Philippe Torreton qui a perdu près de 30 kilos pour incarner Alain Marécaux. Si le film vous a déjà remué les tripes, le commentaire audio ébranle tout autant car la victime de cette faillite judiciaire se livre complètement, donne encore plus de détails sur ses conditions d’incarcération. Enregistré le 7 novembre 2011, soit quasiment 10 ans jour pour jour après son interpellation, ce commentaire permet à Alain Marécaux, comme il le confie lui-même, de tourner définitivement la page d’une histoire de sa vie.

Deux petits modules d’un peu plus de 3 minutes intitulés proposent un rapide aperçu des coulisses de Présumé coupable avec des images du tournage, des propos du réalisateur Vincent Garenq, du producteur Christophe Rossignon et d’Alain Marécaux.

S’ensuivent cinq petites mais indispensables séquences coupées (7min30), commentées d’un côté par Alain Marécaux, et de l’autre par Vincent Garenq. Ces rejets présentaient les expertises psychologiques d’Alain Marécaux, une minute de silence pour François Mourmand (mort en prison d’une surdose médicamenteuse), la prestation de serment d’Alain Marécaux (seulement disponible en fond sonore durant le générique de fin) où ce dernier devait apparaître aux côtés de Philippe Torreton, ainsi qu’un face-à-face déchirant entre Alain et son fils cadet. Coupées au montage pour des questions de rythme ou jugées redondantes (à l’instar d’une scène d’instruction), ces séquences sont très réussies.

L’éditeur joint également un superbe, émouvant et passionnant documentaire intitulé De l’ombre à la lumière, réalisé par David Dessites et diffusé en septembre 2011 sur France 3. Pendant 52 minutes, ce film retrace la relation qui s’est nouée entre Alain Marécaux et Philippe Torreton. Des témoignages bouleversants des fils d’Alain Marécaux, de ce dernier, mais aussi du réalisateur Vincent Garencq, du comédien Philippe Torreton viennent illustrer le portrait d’un homme complètement broyé par une machine judiciaire qui tente de refaire sa vie, de se reconstruire entre autre grâce au film pour lequel il a assisté le metteur en scène de l’écriture du scénario aux prises de vue. Véritable making of à part entière, de nombreuses images du tournage sont également disponibles, où l’on peut suivre notamment Philippe Torreton en grande discussion avec Alain Marécaux (on assiste à leur rencontre), ou perdre du poids au fur et à mesure du tournage, passant de 91 kilos à 64 kilos afin de se mettre totalement dans la peau et le vécu de son personnage.

Image - 4,5 / 5

On reste abasourdi pas la définition de cette édition SD qui restitue formidablement les partis-pris esthétiques alliant des noirs denses à une colorimétrie froide et désaturée. Certes le piqué n’égale pas celui d’une édition HD, mais les détails sont omniprésents aux quatre coins du cadre large, les contrastes sont concis, les scènes extérieures lumineuses et les gros plans impressionnent par leur minutie notamment sur le visage creusé de Philippe Torreton. Hormis de sensibles artefacts de la compression sur quelques plans rapides, ainsi que des fourmillements subliminaux, la précision est de taille et montre que le DVD a encore de beaux jours devant lui.

Son - 4,5 / 5

Le mixage Dolby Digital 5.1 sait particulièrement happer le spectateur lors des séquences d’interrogatoire et ne manque pas de créer une percutante spatialisation constatable aussi bien sur toutes les séquences en extérieur que dans les scènes d’incarcération d’Alain Marécaux. Les voix demeurent saisissantes sur l’enceinte centrale, quelques basses sont notables et la balance frontale est percutante. La séquence où le personnage commence à halluciner durant sa grève de la faim met toutes les enceintes à contribution avec fracas. L’éditeur joint également une stéréo édifiante et incisive, ainsi qu’une piste audiodescription, des sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

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kedkille
Le 9 mars 2013
Film impressionnant de réalisme et un climat très lourd. A découvrir

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