Le Miroir : le test complet du DVD

Zerkalo

1974. Réalisé par Andreï Tarkovski
Avec Margarita Térékhova, Anatoli Solonitsyne et Nikolaï Grinko

Édité par Potemkine Films

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Le 20/01/2012
Critique

Aliocha, mourant, revoit sa vie passée et, dans un désordre apparent, revit ses souvenirs.

Oeuvre énigmatique et troublante, Le Miroir demeure l’oeuvre la plus autobiographique et la plus personnelle d’Andreï Tarkovski. D’une beauté fulgurante, mystérieuse et poétique, le quatrième long métrage du metteur en scène soviétique ne cherche en aucun cas à faire prendre un parti quelconque mais en appelle aux meilleurs sentiments et pensées du spectateur. Fonctionnant sur un enchaînement d’idées et de souvenirs enfilés comme des perles sur un collier, cette expérience sensorielle qu’offre Le Miroir reflète la vie et chacun y trouve matière à réflexion.

Il est difficile de discuter du film puisque deux spectateurs y verront probablement quelque chose de différent. Le croisement des époques permet au réalisateur d’évoquer un thème qui lui est cher, celui de l’éternel recommencement de la vie, des actes et des passions, tout en livrant quelques clés de son cinéma en intégrant à la fois sa propre histoire dans la grande Histoire de son pays. Film de transition, Le Miroir annonce le départ d’Andreï Tarkovski dont les démêlés avec les autorités soviétiques ne cessent de s’envenimer.

La douleur de l’exil se ressent dans cette oeuvre quasi-bergmanienne dont le lyrisme, la passion et l’enchevêtrement des éléments (le feu, l’eau et le vent y sont omniprésents) a depuis fait des émules dans le cinéma mondial, notamment le Tree of Life de Terrence Malick et Antichrist de Lars von Trier. Plusieurs visionnages demeurent essentiels pour parvenir à décrypter ne serait-ce qu’un peu ce chef d’oeuvre complexe et labyrinthique qu’est Le Miroir, puzzle sensitif, oeuvre d’art qui marque à jamais la mémoire des spectateurs.

Généralités - 4,0 / 5

Exit le menu austère de l’ancienne édition MK2. Potemkine livre en effet un superbe digipack slim renfermant le DVD. Le menu principal est superbe, tout comme le chapitrage et la sérigraphie du disque.

Bonus - 3,0 / 5

Critique de cinéma (Télérama, Le Masque et la Plume), Pierre Murat réalise une introduction au Miroir de Tarkovski en replaçant le film dans la filmographie du metteur en scène soviétique. Notre interlocuteur n’a pas grand chose à dire si ce n’est qu’il aime évidemment le film et que Le Miroir a été réalisé par un Tarkovski conscient qu’il va devoir s’exiler pour continuer à réaliser en raison des pressions de plus en plus fortes de la part des autorités soviétiques qui jugent alors ses oeuvres trop avant-gardistes.

Potemkine reprend ensuite trois modules déjà présents sur l’édition MK2 à savoir un entretien avec le scénariste Alexandre Micharine, un segment anecdotique constitué d’extraits de films et de reportages dans lequel a joué le comédien Anatoli Solonitsyne (étrangement intitulé  » entretien avec… « ), et enfin un montage constitué d’extraits du film mis en musique par le compositeur Edouard Artemiev.

Le premier segment s’élève nettement au-dessus des autres. En effet, pendant plus d’une demi-heure, Alexandre Micharine se souvient de sa rencontre avec Andreï Tarkovski, évoque sa participation en tant qu’acteur dans Solaris (qu’il n’aime pas), la genèse du Miroir et l’écriture du scénario

.

En plus de filmographies, d’une biographie sur le poète Arsène Tarkovski (le père du cinéaste) et d’une galerie photos, il semble que l’éditeur n’ait également pas pris la peine de reprendre l’entretien avec le politicien Grigory Yavlinsky qui s’exprimait sur les thèmes du Miroir et sa singularité, ainsi que sur la situation du cinéma soviétique. Même chose, exit le passionnant entretien avec le compositeur Edouard Artemiev qui détaillait sa collaboration avec Andreï Tarkovski.

Image - 4,0 / 5

La propreté du master est indéniable, la colorimétrie affiche une fraîcheur et une clarté bienvenues, les partis-pris esthétiques originaux sont respectés comme le beau grain cinéma, d’autant plus notable sur les quelques séquences voilées. Hormis quelques sensibles artefacts de la compression et un piqué parfois émoussé, la définition demeure impressionnante, le format 1.37 (4/3) est heureusement conservé et l’équilibre entre le N&B (parfois proche du sépia) et la couleur est aussi impeccable que fluide.

Son - 4,0 / 5

Le Miroir est proposé dans une version Dolby Digital 5.1 et une piste en mono d’origine. Le remixage peut d’abord dérouter mais finalement, le superbe thème musical est bien spatialisé, bien que quelques saturations demeurent inévitables, les ambiances naturelles (le vent, les oiseaux, la pluie) ne sont pas en reste et participent à l’immersion sensorielle voulue par le metteur en scène. La voix-off résonne un peu mais la balance entre les frontales et les latérales est incontestable, et les dialogues se révèlent plus dynamiques qu’en mono. Sur cette dernière, un souffle sporadique est notable mais l’ensemble est propre et contentera les puristes.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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