L'Apollonide, souvenirs de la maison close : le test complet du DVD

2011. Réalisé par Bertrand Bonello
Avec Hafsia Herzi, Céline Sallette et Jasmine Trinca

Édité par France Télévisions Distribution

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Le 28/02/2012
Critique

À l’aube du XXème siècle, dans une maison close à Paris, une prostituée a le visage marqué d’une cicatrice qui lui dessine un sourire tragique. Autour de la femme qui rit, la vie des autres filles s’organise, leurs rivalités, leurs craintes, leurs joies, leurs douleurs… Du monde extérieur, on ne sait rien. La maison est close.

Avec son cinquième long-métrage L’Apollonide, l’atypique et déroutant Bertrand Bonello plonge le spectateur dans un monde profondément mystérieux à travers lequel il traite à nouveau l’un de ses thèmes de prédilection, la sexualité, qu’il avait déjà abordé dans Le Pornographe et Tiresia.

Plusieurs portraits de femme se croisent dans cette maison de tolérance magnifiquement photographiée. Ce qui intéresse d’abord Bertrand Bonello c’est de savoir comment le rapport au corps va affecter l’esprit en filmant le désir des clients sans pour autant montrer systématiquement un rapport sexuel à l’écran. L’Apollonide demeure un film très chaste, très pudique. Les rapports sont montrés avec une certaine théâtralité, les personnages semblants figés dans un tableau de maître. Film sur le fantasme, sexuel ou le désir de liberté, L’Apollonide est un drame magnifique, envoûtant, offrant à l’ensemble des comédiennes un rôle fort, intriguant et sensuel parmi lesquelles se distinguent Céline Sallette, Jasmine Trinca, Alice Barnole (Madeleine) et la grande Noémie Lvovsky.

La maison close est également un lieu de vie dans lequel s’agitent ses pensionnaires unies par une amitié et même l’amour. Si les règles doivent être respectées, et reconstituées avec une précision documentaire (la scène du gynécologue fait froid dans le dos par sa rigueur clinique), toutes semblent heureuses de vivre en communauté comme le montrent les scènes de repas ou de toilettes. Bertrand Bonello ne tombe jamais dans la reconstitution factice et académique en usant par exemple d’une musique contemporaine qui pourra en interloquer plus d’un mais la chanson Nights in White Satin des Moody Blues donne au film son identité propre tout en suggérant un monde extérieur en pleine mutation (le métro parisien vient d’être inauguré, on parle de L’Affaire Dreyfus) même si on ne le voit pas. Documenté et ambitieux, raffiné, sulfureux et poignant, L’Apollonide est le plus beau film de Bertrand Bonello.

Généralités - 3,5 / 5

Un beau menu principal animé et musical vous invite à prendre place dans le salon de L’Apollonide pour y rencontrer ses hôtesses.

Bonus - 3,5 / 5

Le superbe prologue de L’Apollonide est finement analysé par Bertrand Bonello pendant 25 minutes. Les images du tournage nous permettent de voir le réalisateur à l’oeuvre avec ses comédiennes pendant les répétitions avant le tournage, puis essayer différentes variations sur une seule et même séquence au moment des prises de vue. Les thèmes du film y sont rapidement développés, le casting est évoqué et l’on apprend que L’Apollonide était le nom de la maison d’enfance du cinéaste. Enfin, Bertrand Bonello revient sur les motifs récurrents dans ses films, le découpage, le mixage et les essais effectués au montage jusqu’à la version définitive du prologue. Cet excellent module nous fait regretter un commentaire audio sur l’entièreté du film.

L’interactivité se clôt sur un module de quinze minutes consacré aux essais des comédiennes Hafsia Herzi, Adèle Haenel, Alice Barnole et Iliana Zabeth, avec un comparatif avant/après.

Image - 4,0 / 5

Les personnages se détachent sans mal sur un fond noir qu’on attendait peut-être plus concis mais la superbe photo ouatée signée Josée Deshaies est très bien restituée. Renvoyant aux peintures de Manet, Monet, Renoir, les partis-pris esthétiques flattent la rétine avec des intérieurs feutrés et ambrés qui mettent en valeur les visages blancs des comédiennes. La lumière diffuse est très belle, les contrastes soignés et même si certaines séquences déçoivent par leur piqué émoussé et leur définition sensiblement altérée, à l’instar de l’unique scène en extérieur aux couleurs délavées, ce master respecte les volontés artistiques originales et les gros plans ne manquent pas de détails.

Son - 3,5 / 5

Huis clos qui réside essentiellement sur les dialogues, L’Apollonide distille également quelques ambiances bienvenues et joliment rendues grâce au mixage Dolby Digital 5.1. Une nappe synthétique et des sons cristallins (comme le carillon récurrent) s’instaurent délicatement sur les latérales bien qu’elles distillent cette atmosphère avec une rare parcimonie. Les dialogues demeurent clairs et précis sur l’enceinte centrale, la balance frontale est intimiste et le caisson de basses parvient à s’immiscer à plusieurs reprises. La seule scène tournée en extérieur déçoit car les arrières ne sont pas exploitées. Une piste stéréo est également au programme et se révèle largement suffisante, limpide, riche et saisissante.

L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis
Multimédia
L'Apollonide, souvenirs de la maison close
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