Nightfall : le test complet du DVD

Édition Collector

1957. Réalisé par Jacques Tourneur
Avec Aldo Ray, Brian Keith et Anne Bancroft

Édité par Wild Side Video

Voir la fiche technique

Avatar Par
Le 19/06/2012
Critique

James Vanning est un homme simple et tranquille. Mais l’argent d’un casse a disparu et deux malfrats extrêmement dangereux pensent qu’il est en sa possession. Vanning devient un homme en fuite, traqué par ces malfrats, filé par l’enquêteur de la compagnie d’assurance. Marie Gardner, un mannequin qu’il rencontre par hasard, s’embarque bientôt avec lui dans cette aventure qui les emmènera dans les montagnes enneigées du Wyoming…

En 1956, les studios hollywoodiens évoluent et les cinéastes sont de plus en plus nombreux à produire leur propre film. Metteur en scène depuis les années 30, Jacques Tourneur (La Griffe du passé) ne se considère pas comme un homme d’affaires mais comme un artisan, un menuisier plus précisément, et n’a que faire de ces maisons de production qui fleurissent en Californie. A la recherche d’un projet susceptible de l’intéresser, on lui propose l’adaptation d’un roman de David Goodis, Nightfall, qui dormait depuis dix ans dans les tiroirs de la Columbia. Si la grande époque du Film noir est révolue, Jacques Tourneur y voit de quoi innover et décide de remplacer le noir par le blanc immaculé des neiges du Wyoming.

Nightfall, connu également dans nos contrées sous le titre Poursuites dans la nuit, demeure aujourd’hui injustement méconnu et considéré comme mineur dans la carrière prolifique de Jacques Tourneur. Pourtant, dès le premier plan, la photo signée Burnett Guffey (Bonnie et Clyde, Tant qu’il y aura des hommes) subjugue par sa densité, le soin apporté à l’atmosphère flatte les rétines et le spectateur est immédiatement plongé dans l’ambiance. Ici, pas de thriller poisseux ou sombre, mais un polar bourré de charme, magnifiquement réalisé, au montage vif.

Les personnages, impeccablement incarnés par Aldo Ray, Brian Keith et Anne Bancroft, sont attachants et ne sont pas sans rappeler à certains égards ceux manipulés par le maître Alfred Hitchcock dans Les 39 marches et même La Mort aux trousses, bien que le chef d’oeuvre du maître du suspense date de 1959. Sans aucun temps mort, l’intrigue entremêle accusation à tort, romance, poursuites et affrontements avec virtuosité, le tout mené comme un véritable western et baignant autant dans la réverbération de la neige que dans les recoins les plus sombres des champs pétrolifères déserts. Un chef-d’oeuvre à redécouvrir de toute urgence.

Généralités - 5,0 / 5

La collection Classics Confidential fait partie des plus belles disponibles sur le marché français. L’objet mariant le livre, le cinéma et le DVD est sublime, les visuels sont raffinés et très attractifs. La sérigraphie du DVD, en passant par le livre exclusif, le menu principal animé et musical, en font un véritable objet de collection.

Bonus - 3,5 / 5

L’éditeur joint tout d’abord le livre inédit de 80 pages, du journaliste et historien du cinéma Philippe Garnier, intitulé Le Noir n’est pas si noir, le cinéma de David Goodis, dans lequel vous retrouverez l’histoire et l’analyse de Nighftall, l’adaptation du roman de David Goodis et ses expériences avec le cinéma, le tout étant richement illustré de photos (tournage, production), d’affiches et de documents d’archives rares.

Outre une galerie de photos constituée des clichés présents dans le livre mentionné précédemment et la bande-annonce du film, le réalisateur, critique et historien du cinéma Michael Henry Wilson (auteur de Jacques Tourneur, ou la magie de la suggestion, Editions Centre Pompidou, 2004) donne quelques éclaircissements sur Nightfall dans un entretien de 26 minutes. Dans Jacques Tourneur, à l’ombre du Film Noir, certains propos font écho avec ce qui a pu être lu auparavant dans le livre de Philippe Garnier, mais dans l’ensemble, on y apprend énormément sur la carrière de Jacques Tourneur, sa place dans l’industrie hollywoodienne, son rapport avec les comédiens. Ensuite, Michael Henry Wilson se penche un peu plus sur Nightfall en croisant habilement le fond avec la forme, tout en passant le casting au peigne fin et en dressant les différences entre le film de Jacques Tourneur et le roman de David Goodis.

Image - 3,5 / 5

Si quelques fourmillements demeurent constatables sur les arrière-plans, tout comme un grain cinéma qui tend à s’accentuer sur certains aplats et quelques plans plus vaporeux, force est de constater que le master restauré (1.85, 16/9ème comp. 4/3) proposé par Wild Side permet de redécouvrir Nightfall dans les meilleures conditions possibles. Dans le film de Jacques Tourneur, le blanc remplace le noir et les scènes diurnes apparaissent lumineuses, les scories ont été (quasiment) toutes éradiquées et les contrastes sont plaisants. Les ambiances nocturnes sont également soignées, les gris riches et les gros plans détaillés. Une belle renaissance pour ce chef d’oeuvre méconnu de Jacques Tourneur.

Son - 3,5 / 5

La bande-son a également subi un dépoussiérage de premier ordre, le mixage anglais mono proposé tient toutes ses promesses et ce dès la chanson éponyme. L’écoute demeure agréable, malgré quelques saturations et échos sur certains dialogues, mais les voix demeurent intelligibles, les effets et la musique s’accordent avec fluidité et aucun craquement intempestif n’est à déplorer. Seuls les sous-titres français sont disponibles.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation des cookies pour vous proposer notamment des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêt, l'affichage de vidéos ou encore le partage sur les réseaux sociaux.

OK En savoir plus