La Porte du diable : le test complet du DVD

Devil's Doorway

Édition Collector

1950. Réalisé par Anthony Mann
Avec Robert Taylor, Louis Calhern et Paula Raymond

Édité par Wild Side Video

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Le 13/07/2012
Critique

Décoré pendant la guerre de Sécession, un sergent d’origine indienne revient sur la terre de ses ancêtres pour y élever du bétail. Plein de bonnes intentions, il veut cohabiter paisiblement avec les éleveurs blancs, mais une loi lui interdit d’être propriétaire. Avec le soutien d’une jeune avocate, Poole se jette à corps perdu dans un combat bientôt aussi inégal qu’inutile…

A la fin des années 40, le western arrive à un tournant. Avec deux westerns pro-indiens réalisés en 1950, La Flèche brisée et La Porte du diable, l’industrie hollywoodienne, alors menacée par la fameuse chasse aux sorcières, s’émancipe malgré tout et certains réalisateurs, dont Anthony Mann, parviennent à mettre en scène des films progressistes en jouant avec la censure.

Venu de la RKO et après avoir réalisé quelques polars, Anthony Mann met en scène son premier western. La Porte du diable est une oeuvre engagée et le metteur en scène prenad ouvertement la défense des indiens. Sans cesse oublié et évincé au profit de La Flèche brisée, film également pro-indien de Delmer Daves, La Porte du diable demeure un chef d’oeuvre du genre, noir (certains cadrages sont dignes d’un thriller), âpre, pessimiste sur la condition humaine, magnifiquement réalisé et photographié.

Le racisme y est montré ouvertement, notamment à travers le personnage de l’avocat (Louis Calhern, parfait d’ignominie) qui propage doucement la haine autour de lui. L’indien n’avait été jusqu’alors qu’un personnage accessoire dans le genre, réduit au rôle du noble sauvage (Ugh !) ou de l’ennemi sauvage assoiffé de sang qui tue la femme blanche.

Dans La Porte du diable, bien qu’interprété par Robert Taylor, l’indien est un héros de la Guerre de Sécession, décoré par son pays, qui revient au bercail où il parvient à prospérer et à s’enrichir grâce à la vente de bétail. Parallèlement, le Wyoming devient territoire des Etats-Unis et les indiens doivent se plier à la Constitution. Dépossédés de leurs terres, refoulés, décimés par les nouveaux occupants de la terre sacrée, les indiens sont traités avec brutalité, déportés, leur culture bafouée, ignorée et finalement éliminée. Film novateur, plaidoyer, faisant douloureusement écho à l’extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, La Porte du diable est un chef d’oeuvre à réhabiliter de toute urgence.

Généralités - 5,0 / 5

La collection Classics Confidential fait partie des plus belles disponibles sur le marché français. L’objet mariant le livre, le cinéma et le DVD est sublime, les visuels sont raffinés et très attractifs. La sérigraphie du DVD, en passant par le livre exclusif, le menu principal animé et musical, en font un véritable objet de collection.

Bonus - 3,5 / 5

L’éditeur joint tout d’abord le livre inédit exclusif de 80 pages, du journaliste et historien du cinéma Bernard Eisenschitz, intitulé La Terre Promise. Vous y retrouverez une analyse sur le film et la figure de l’Indien dans le cinéma des années 40-50, des notes de production, le tout étant illustré de photos et de documents d’archives rares (affiches, photos de production).

Outre une galerie de photos constituée des clichés présents dans le livre mentionné précédemment et la bande-annonce d’époque du film, les cinéastes et spécialistes du cinéma américain des années 50, Bertrand Tavernier et Jean-Claude Missiaen (auteur d’Anthony Mann, Éditions universitaires, 1964), donnent quelques éclaircissements sur La Porte du diable dans un entretien de 24 minutes, illustré de nombreuses affiches et photos. Dans L’Ouest majuscule, certains propos font écho avec ce qui a pu être lu auparavant dans le livre de Bernard Eisenschitz, mais dans l’ensemble, on y apprend énormément sur la carrière d’Anthony Mann. Nos deux interlocuteurs insistent sur le côté novateur de ce western souvent oublié au profit de La Flèche brisée de Delmer Daves, réalisé la même année. Si Jean-Claude Missiaen s’occupe de la partie filmographie d’Anthony Mann, Bertrand Tavernier prend en charge l’analyse du fond, du casting, de la photo, et de la forme du premier western du réalisateur.

Image - 4,0 / 5

La collection Classics Confidential s’enrichit avec l’édition de La Porte du diable et se voit affublé d’un superbe master restauré, faisant la part belle à la superbe photo contrastée, aux magnifiques clairs-obscurs signés John Alton (Deux rouquines dans la bagarre, Quatre étranges cavaliers). Si le générique est un peu tremblant, la définition ne déçoit jamais, aucune scorie n’a échappé au lifting numérique (à part une ou deux rayures verticales), les scènes sombres et nocturnes (aux noirs intenses) sont logées à la même enseigne que les séquences diurnes, la profondeur de champ est un enchantement, les ciels crépusculaires n’avaient jamais été aussi somptueux, le grain cinéma est conservé sans lissage excessif, et le piqué demeure ciselé tout du long. Lumineuse, nette, précise, vaporeuse sur les plans mettant Paula Raymond en valeur, l’image de La Porte du diable tient toutes ses promesses et permet de revoir ce chef d’oeuvre dans les meilleures conditions techniques possibles. Un vrai régal.

Son - 4,0 / 5

L’éditeur nous propose les version anglaise et française de La Porte du diable. Passons rapidement sur cette dernière, propre, dynamique, au doublage soigné, qui a bénéficié d’un nettoyage aussi complet que son homologue. Même si la piste française se focalise surtout sur la restitution des voix, elle demeure fluide et riche. Evidemment, notre préférence va pour la version originale, plus homogène et naturelle, tout aussi propre, bien que divers craquements se fassent entendre. Certaines voix paraissent parfois plus étouffées ou lointaines, mais le confort acoustique est largement assuré.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
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Multimédia
La Porte du diable
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