L'Enfant d'en haut : le test complet du DVD

2012. Réalisé par Ursula Meier
Avec Kacey Mottet Klein, Léa Seydoux et Martin Compston

Édité par Diaphana

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Le 07/09/2012
Critique

Simon, 12 ans, emprunte l’hiver venu la petite télécabine qui relie la plaine industrielle où il vit seul avec sa soeur Louise, à l’opulente station de ski qui la surplombe. Là-haut, il vole les skis et l’équipement des riches touristes qu’il revend ensuite aux enfants de son immeuble pour en tirer de petits mais réguliers bénéfices. Louise, qui vient de perdre son travail, profite des trafics de Simon qui prennent de l’ampleur et devient de plus en plus dépendante de lui…

Remarquée avec Home, son premier long-métrage, la cinéaste Ursula Meier retrouve le jeune comédien de son précédent film, Kacey Mottet Klein (d’un naturel confondant), pour L’Enfant d’en haut, fable délicate, réaliste, émouvante, troublante, sur la quête d’amour d’un garçon de 12 ans.

Soutenue par la superbe photo d’Agnès Godard, Ursula Meier fait preuve d’une étonnante maîtrise de l’espace, oppose avec virtuosité le vertical et l’horizontal, en suivant de près le trajet incessant de Simon entre l’éclatante station de ski (son terrain de chasse) où il part à la recherche d’objets à revendre, de nourriture ou de tendresse (lumineuse présence de Gillian Anderson, fantasme de mère de substitution), qu’il ramène jusqu’à son appartement situé en bas de la montagne, dans la plaine entourée de friches industrielles, où l’attend (ou pas) sa soeur, paumée passant d’un boulot à l’autre comme de mec en mec. Mais avant ces retrouvailles peu chaleureuses, Simon trouve un peu de réconfort dans le téléphérique, no man’s land dans lequel le petit voleur redevient un enfant, dort, s’épanouit.

L’Enfant d’en haut permet encore une fois à Léa Seydoux de signer une superbe performance et irradie le film de son regard trouble et bouleversant. Ces personnages, deux solitudes en détresse qui cherchent à s’apprivoiser, à retrouver leurs marques, à vivre, à apaiser leurs angoisses, bouleversent tout du long. Bercé par la mélodie entêtante de John Parish, évitant tout misérabilisme mais dopé d’une d’une rage incontestable, L’Enfant d’en haut installe définitivement sa comédienne principale dans le rang des plus grandes actrices de sa génération, révèle un jeune espoir et confirme le talent d’une réalisatrice à suivre de près.

Généralités - 3,5 / 5

Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche du film. Le menu principal est animé, musical, et la navigation aisée.

Bonus - 4,0 / 5

Tout d’abord, l’éditeur propose un entretien passionnant entre la réalisatrice Ursula Meier et la directrice de la photographie Agnès Godard (18’), réalisé à Paris en juin 2012. Toutes deux reviennent sur leur collaboration et notamment le choix de tourner L’Enfant d’en haut en Haute Définition, une première pour la chef opératrice qui explique avoir du apprivoiser ce nouvel outil. S’ensuivent les difficultés de filmer la neige en HD, l’évocation des partis-pris esthétiques, les différences formelles entre Home, le précédent film d’Ursula Meier, et L’Enfant d’en haut, le tournage en décors naturels, les thèmes exploités, l’osmose entre le fond et la forme (vertical et horizontal).

Diaphana nous propose en suite d’écouter un autre entretien (audio - 50’) avec la réalisatrice et Michel Ciment, dans le cadre de l’émission Projection privée, diffusée sur France Culture le 21 avril 2012. Au cours de cet échange, quelques propos font légèrement redondance avec ce qui a été entendu dans le module précédent, mais l’ensemble demeure indispensable, dense, didactique et encore une fois captivant, notamment quand Ursula Meier parle du travail avec ses deux comédiens principaux.

Nous retrouvons une dernière fois Ursula Meier à travers quelques scènes du film commentées en compagnie de Léa Seydoux. Si nous aurions préféré écouter un commentaire sur l’entièreté de L’Enfant d’en haut, il serait dommage de passer à côté de ce dialogue de 28 minutes qui éclaire sur la collaboration de la cinéaste avec sa comédienne, l’approche et le travail du personnage de Louise, les thèmes explorés, le tout étant accompagné de quelques anecdotes de tournage.

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces.

Image - 3,5 / 5

Ursula Meier a bénéficié du concours de la chef opératrice Agnès Godard (fidèle collaboratrice de Claire Denis), qui ont toutes deux opté pour un tournage en Haute définition. Ce master SD restitue plutôt bien les volontés artistiques originales, même si le piqué et les détails manquent à l’appel, et les contrastes de densité. La clarté est de mise sur les séquences en haute-montagne, la colorimétrie est assez vive, la neige est éclatante, tandis que la zone industrielle baigne dans une atmosphère bleutée et sombre. Les plans larges s’en tirent mieux que les gros plans, les séquences en basse lumière sont plus altérées avec un fléchissement de la définition, mais l’ensemble est conforme aux partis-pris esthétiques découverts lors de la sortie du film au cinéma.

Son - 4,0 / 5

Deux mixages précis, harmonieux et limpides. La piste Dolby Digital 5.1 offre une spatialisation concrète, faisant la part belle au très beau score de John Parish. L’immersion est très agréable, les ambiances naturelles au diapason, la balance frontale souvent saisissante, tandis que le report des dialogues demeure solide. Quelques basses et effets latéraux sont aussi alertes qu’inattendus (les scènes dans le téléphérique) et le confort acoustique indéniable. La piste stéréo est par définition frontale, riche et remuante. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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