Atanarjuat : le test complet du DVD

Édition Collector

2001. Réalisé par Zacharias Kunuk
Avec Natar Ungalaaq, Sylvia Ivalu et Peter-Henry Arnatsiaq

Édité par Editions Montparnasse

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Le 12/05/2003
Critique

Le passage d’un shaman démoniaque jette la discorde au sein d’un clan d’Inuits. Bassesses, perte de moralité et criminalité infiltrent la communauté dont elle sera délivrée vingt ans plus tard par l’un de ses membres, Atanarjuat.

Les Inuits d’Igloolik et le réalisateur Zacharia Kunuk lèguent au monde par la voie de l’image et du cinéma cette vieille légende jusqu’alors de stricte transmission orale et avec elle l’essence d’un peuple clanique, animiste et chamaniste. D’ores et déjà merci. On peut regarder ce film avec la curiosité d’un ethnographe ou d’un voyageur ou avec plus de profondeur encore et de respect pour ce râpeux mélange de lointain et d’universel. De grandes notions fondatrices comme la hiérarchie, la survie, le sens de la famille sont traitées dans ce film. On comprend bien dans ce contexte si vif et si hostile de la glace que l’individualisme n’a aucun sens. Il signerait la mort presque instantanée de l’arrogant. La société Inuit, à l’instar de la nôtre, assume cette interdépendance vitale et se construit autour de cette première loi. Leurs codes moraux, la dérision ou la tranquillité avec laquelle ils règlent leurs conflits sont particulièrement édifiants à visionner en ces temps de guerre. Un héritage poétique et cru à faire vivre dans nos mémoires et à transmettre.

Généralités - 5,0 / 5

Du packaging aux menus, aucune fausse note. Sobriété, simplicité, avec en prime sur l’un des volets du digipack, un glossaire et l’alphabet syllabique des inuits. Parfait.

Bonus - 5,0 / 5

Canz
10 jours de la vie d’un esquimau au soleil de la croisette. Zacharia Kunuk sert l’oeuvre de ses ancêtres jusqu’à l’étouffante promotion du film. Il en reste ce témoignage du fameux décalage qui donne envie de pleurer, vomir, se tordre de rire, retourner au grand air…au choix. Ou pas. « La neige et les terres de chasse me manquent ». Dérision ingénue de la précipitation et des honneurs.

Une légende Inuit. Entretien avec Bernard Saladin d’Anglure

Si bien des scènes du film vous avaient choquées, parues incongrues ou trop crues, les voilà enfin densifiées par l’approche anthropologique de ce professeur à l’université de Québec. Un entretien en 7 thématiques comme le tatouage, la polygamie, le chamanisme. Désaltérant, cet entretien nous donne une perception plus claire des messages de tolérance, d’espoir et de vertu contenus dans l’ouvrage.

Entretien avec Zacharia Kunuk et Norman Conh
L’un est Inuit. L’autre probablement canadien. Le premier essentiellement réalisateur de talent avec qui le second ultra polyvalent a très envie de travailler. Petit huis-clos essentiellement tenu par Conh et ponctué par son acolyte. Conh a appris à penser comme un Inuit. A se comporter décemment comme un Inuit. Il relate les fléaux causés par les premières expédition en arctique, le rythme des journées australes de tournage et l’impact du film sur la collectivité Inuit. Imaginez ! Leurs ancêtres leur sont apparus ! N’est-ce pas un prodige ?

S’en suivent une très (trop) courte interview de l’acteur qui incarne Atanarjuat, quelques fiches très succintes pour présenter les principaux personnages du film, la bande-annonce du film, un extrait de l’étonnant film Nanouk l’esquimau et 3 bandes-annonces du catalogue des Editions Montparnasse.

Difficile de faire plus !

Image - 4,5 / 5

L’image vidéo numérique peut réellement servir un récit. Ici, cette technologie a permis aux producteurs de s’affranchir de la logistique très lourde liée au matériel conventionnel, mais également de « rentrer » dans l’histoire et dans l’habitat des inuits grâce à un encombremet réduit. Par contre, le réalisateur nous évite avec plaisir les agitations intempestives souvent liées à ce format en maîtrisant parfaitement sa caméra. L’encodage est réussi et seules les limitations de la vidéo se font sentir à l’image.

Son - 4,5 / 5

En stéréo ou en Dolby Digital 5.1 ? Il y a véritablement deux versions du film sur ce DVD. L’une (la stéréo) vous donnera l’impression « d’y être » grâce à un son cru et froid qui accompagne très bien l’image vidéo du film et l’autre (5.1) développera par contre la dimension poétique de l’oeuvre en lui greffant une ambiance plus douce et plus sophistiquée et en faisant la part belle à la musique et aux bruits d’ambiance. A noter que cette dernière vous demandera d’augmenter considérablement le volume.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony 16/9 70 cm
  • Pioneer 656
  • Yamaha RX-V393RDS
  • kit enceintes & caisson Yamaha NSP-300
Note du disque
Avis

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Giuseppe Salza
Le 4 mars 2012
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