Cible émouvante : le test complet du DVD

1993. Réalisé par Pierre Salvadori
Avec Jean Rochefort, Marie Trintignant et Guillaume Depardieu

Édité par Les Films Pelléas

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Le 12/02/2013
Critique

Victor Meynard est un tueur à gages solitaire et infaillible qui, pour la première fois de sa carrière, commet deux erreurs : il engage un apprenti maladroit et tombe amoureux de sa cible. Les problèmes commencent.

Le premier long métrage de Pierre Salvadori emprunte au cinéma de prédilection du cinéaste, notamment aux comédies anglaises, américaines et surtout italiennes qui ont bercé son enfance et façonné sa cinéphilie. L’apprenti-réalisateur prend ses marques et inscrit des personnages réalistes plongés dans une situation impossible voire improbable, dans un univers digne de la bande-dessinée.

Ce ton décalé et fantaisiste est merveilleusement servi par Jean Rochefort (impérial), Marie Trintignant (émouvante et lunaire), et Guillaume Depardieu (candide à souhait), une mise en scène inspirée, un humour noir so british, des répliques qui font mouche et des gags stylisés. Un essai prometteur que Pierre Salvadori confirmera immédiatement après avec Les Apprentis. A noter que Cible émouvante a fait l’objet d’un remake très fidèle en 2010, Petits meurtres à l’anglaise (Wild Target) mis en scène par Jonathan Lynn avec Bill Nighy et Emily Blunt.

Généralités - 2,5 / 5

La jaquette et le menu principal, fixe et muet, auraient mérité un meilleur traitement. Le visuel n’est guère attractif et les sous-menus, proposant quelques extraits du film, demeurent bien trop lents au niveau des transitions.

Bonus - 4,0 / 5

On commence par un commentaire audio dense, spontané et posé de Pierre Salvadori. Le metteur en scène revient sur tous les aspects de son premier long métrage, ne manque pas d’arguments bien qu’il insiste sur la difficulté de commenter un premier film. Notre interlocuteur se penche sur le jeune apprenti-réalisateur qu’il était alors, qui se cherchait, qui apprenait son métier et qui découvrait alors les thèmes qui allaient devenir récurrents à travers ses futurs films. Pierre Salvadori évoque également sa collaboration avec les comédiens (sa rencontre avec Guillaume Depardieu qu’il espérait retrouver pour un autre film au moment du commentaire audio), le soutien précieux de Jean Rochefort, la grâce de Marie Trintignant, le grand succès du film en Angleterre (et l’échec cinglant en France), ses influences. Le tout regorge d’anecdotes liées au tournage de Cible émouvante.

L’éditeur nous propose ensuite de passer un après-midi avec Jean Rochefort (40’). Confortablement lové dans son canapé, l’immense comédien répond aux questions du producteur du film Philippe Martin. Il intervient notamment sur sa rencontre avec Pierre Salvadori, sa collaboration avec Guillaume Depardieu et Marie Trintignant, sans oublier la façon dont il s’est préparé pour le rôle de Victor le tueur à gages. Très fier de ce film, Jean Rochefort se livre avec son élégance habituelle sur Cible émouvante, mais également sur son enfance, ses parents et ses copains du Conservatoire comme Jean-Paul Belmondo.

Nous trouvons ensuite deux excellentes scènes coupées disponibles avec ou sans le commentaire audio du réalisateur en option. Le négatif des rushes ayant malheureusement été détruit, les images proviennent des projections de travail filmées au camescope par Pierre Salvadori au moment du montage. Comme l’image et le son ne sont pas de bonne qualité, l’éditeur a sous-titré ces scènes écartées. On y voit entre autre Jean Rochefort et Marie Trintignant se mettre à chanter dans une décharge (« pour changer d’air ») comme dans un film de Jacques Demy. Pierre Salvadori explique avoir coupé ces séquences à cause de leur redondance ou en raison de leur ton jugé trop incongru.

Le court-métrage Ménage (11’), réalisé par Pierre Salvadori en 1992 est également disponible. Blanche est une « maniaque » du ménage. Colette, après avoir passé une nuit blanche très mouvementée, lui rend visite. Primé dans de nombreux festivals, cet excellent court-métrage manie habilement l’humour noir et pose les bases du cinéma de Pierre Salvadori basé sur un quiproquo et une réaction en chaine.

Image - 3,5 / 5

Le master est propre et ne manque pas d’attraits. Les contrastes sont certes un peu légers mais bien gérés, quelques artefacts de la compression demeurent notables, surtout sur les plans plus agités, les noirs sont un peu poreux et divers flous sporadiques s’invitent à la partie. Le cadre 1.66 donne à l’ensemble un aspect téléfilm, les couleurs sont un peu fanées et le grain cinéma notable. Malgré tout, la copie est assez stable et les conditions de visionnages sont suffisamment remplies.

Son - 4,0 / 5

Le mixage Stéréo est étonnamment incisif et instaure un confort acoustique fort plaisant. Les voix sont solidement délivrées, la balance frontale dense et riche, et la piste très propre. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également disponibles.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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