Le Décaméron : le test complet du DVD

Decameron, Il

1970. Réalisé par Pier Paolo Pasolini
Avec Franco Citti, Ninetto Davoli et Jovan Jovanovic

Édité par Carlotta Films

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Le 24/11/2002
Critique

Pier Palolo Pasolini a choisi d’illustrer dix des cent contes composant le recueil d’histoires écrites par Giovanni Boccaccio, en Toscane, au milieu du XIVe siècle.

Le film s’ouvre sur l’histoire de Ciapelletto le tueur, qu’on voit jeter une de ses victimes, du haut d’une falaise, au soleil couchant.

Puis vient Andreuccio (joué par Ninetto Davoli), séduit par les charmes d’une belle Sicilienne qui l’attire chez elle pour le faire tomber dans la… fosse d’aisance et lui dérober son argent. Deux brigands croisent alors le chemin de l’infortuné et lui demandent de les aider à piller le tombeau de l’archevêque de Naples, enterré la veille, avec au doigt un rubis d’une valeur inestimable. Andreuccio leur donne la tiare, la crosse, le collier, mais garde pour lui le rubis, prétendant ne l’avoir pas trouvé. Les deux compères referment sur lui la dalle du sarcophage, d’où il est vite libéré par d’autres pilleurs de sépultures, qui décampent de frayeur, pensant avoir à faire à un revenant.

Suit l’histoire du jeune homme qui se fait passer pour un jardinier muet afin de pénétrer dans un couvent dont il a entendu dire qu’il renferme des nonnes d’une grande beauté et au sang bouillant. On ne lui avait pas menti : la tâche dépasse bien vite ses forces, au point de l’obliger à recouvrer l’usage de la parole pour avouer son imposture. Miracolo !

Ayant surpris le jardinier dans la couche de leur soeur, trois frères sont résolus à venger son honneur, mais discrètement, pour ne pas ébruiter l’infamie. Ils attirent le polisson dans un endroit isolé où ils le tuent et l’enterrent. La nuit suivante, son fantôme revient dans la chambre de la jeune fille et lui révèle son mauvais sort. La jeune fille, tout aussi discrètement, décapite le cadavre de son amant et cache la tête dans sa chambre, à l’intérieur d’un pot où pousse du basilic.

Tingoccio, le jouisseur impénitent (« Un péché de plus, un péché de moins ? Refaisons-le encore ! « ), revient de l’enfer, juste le temps de dire à son ami qu’au jugement dernier on ne tient absolument pas compte des « péchés » commis avec… les femmes ! Voilà un bien précieux conseil qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd !

Les dix contes truculents, reliés les uns aux autres par certains des personnages et aussi par le peintre Giotto (incarné par Pasolini), occupé à la composition d’une fresque dans la chapelle d’une abbaye, sont magnifiquement illustrés, sur fond de chansons napolitaines et d’une composition originale d’Ennio Morricone. La beauté des décors naturels, le choix des costumes, l’attention portée aux cadrages font de ce film un enchantement visuel, comme une galerie de tableaux. Inoubliables gros plans sur des visages édentés, caricaturaux, débordant de vitalité, tout droits sortis de l’univers de Brueghel !

Giotto/Pasolini conclut pourtant ainsi le film : « Pourquoi réaliser une oeuvre alors qu’il est si beau de la rêver seulement ? »

Généralités - 4,5 / 5

Un grand coup de chapeau à Carlotta Films pour la superbe présentation du digipack, illustré de photos dans un camaïeu de tons lie-de-vin, reprises sur la sérigraphie des disques et, avant tout, pour la qualité de la restauration !

Pas la moindre anicroche avec les menus, clairs et esthétiques. Le découpage en 10 chapitres, avec vignettes animées et sonorisées, permet d’accéder sans faillir au conte de son choix. On peut, à la volée, passer de l’italien au français, afficher ou masquer les sous-titres français.

Un magnifique hommage à Pasolini, dans une belle édition, du niveau de celle de Salò ou les 120 jours de Sodome, due au même éditeur.

La version anglaise s’impose, sans l’ombre d’un doute. C’est dans cette langue que le film a été tourné, y compris par les acteurs italiens.

Bonus - 3,5 / 5

L’ami pasolinien : Entretien avec Ninetto Davoli (11’33” - VOST). Cet entretien, illustré de scènes du film, est l’élément essentiel des suppléments, un peu maigres il faut le dire.
Ninetto Davoli, un des amis et des acteurs fétiches de Pasolini, nous dit comment il a fait sa rencontre, en 1964, au hasard d’une balade dans les rues de Rome, intrigué par le rassemblement de l’équipe de tournage de « La ricotta ».
Il nous raconte, aussi, comment il a aidé Pasolini, à Naples et dans les environs, à choisir les personnages du Decameron, dont très peu sont des acteurs professionnels. La technique était simple : Ninetto leur demandait son chemin, pendant que Pasolini, à dix mètres de là, incognito, observait leurs gestes et mimiques à travers le « cadre » de sa main.

Diaporama de photos (2’12”). Une intéressante sélection de photos extraites du film et de photos de plateau, en noir et blanc et en couleurs, sur fond sonore de chansons napolitaines.

Bande-annonce d’époque en VOST (4’33”).

Image - 4,5 / 5

Restauration correcte : la propreté de la photo, un bon rendu, très stable, des couleurs, rendent hommage au soin méticuleux qu’apportait Pasolini à la composition de l’image.

Son - 3,5 / 5

Le son mono d’origine est honnête, malgré quelques saturations occasionnelles.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic 36PG50F 16/9 82 cm
  • Philips 957
  • Panasonic 36PG50F
  • Enceintes frontales Energy XL-16B, arrières Sony SS-SR15, Caisson de graves Pioneer S-W150-S
Note du disque
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Franck Brissard
Le 15 novembre 2014
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