Salò ou les 120 jours de Sodome : le test complet du DVD

Salò o le 120 giornate di Sodoma

Édition Collector Numérotée

1975. Réalisé par Pier Paolo Pasolini
Avec Paolo Bonacelli, Giorgio Cataldi et Umberto Paolo Quintavalle

Édité par Carlotta Films

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Le 07/11/2002
Critique

Sur une plage d’Ostie, le 2 novembre 1975, Pier Paolo Pasolini mourait sous des coups de couteau, à l’âge de 53 ans. Fin brutale et tragique d’une vie hors du commun : premier recueil de poésie à 19 ans, de nombreux romans, 25 films réalisés depuis « Accattone » (1961), une carrière fantastique, dont les plus beaux jalons sont « Mamma Roma » (1962), « Il vangelo secondo Matteo » ( (1964), « Uccellacci e uccellini » (1966), « Teorema (1968), Le Décaméron » (1970), Les Contes de Canterbury (1971), portant tous la marque lumineuse d’un poète libéré de toute contrainte, provoquant.

« Salò o le 120 giornate di Sodoma » est une évocation assez libre du roman du « divin » marquis de Sade, transposé dans le nord de l’Italie, vers la fin de la seconde guerre mondiale là où, reculant devant les forces américaines, le régime mussolinien trouva son dernier refuge.

Quatre notables du pouvoir fasciste se sont retirés dans un château où ils soumettent huit jeunes « victimes » de chaque sexe, quatre « épouses-esclaves », et quatre « soldats », raflés ici et là, à tous leurs fantasmes et aux rigueurs d’un code qu’ils ont méticuleusement élaboré.

Trois « histoires » dans le film, chacune racontée, après un court exorde, selon la structure de l’enfer du Dante, par une des mères maquerelles : girone delle manie, girone della merda, girone del sangue. Une montée progressive de l’humiliation, de la violence et de l’horreur, qui conduira inexorablement à l’épilogue : le massacre des victimes, auxquelles seront infligés d’effroyables supplices.

Evocation très forte des réflexions de Pasolini sur le pouvoir et ses dangers. Ou comment l’on peut, en instituant des valeurs fausses et aliénantes, soumettre les corps et manipuler les consciences.

Un choc qui ne peut laisser indifférent, dévastateur, impossible à oublier… N’attendez plus si ce film manque dans votre « filmothèque » ! Si vous n’avez jamais vu Salò, offrez vous cet objet mieux que rare : UNIQUE !

Généralités - 4,5 / 5

Un beau coffret à tirage numeroté, enrichi par le dossier de presse de l’époque. Le film est divisé en 8 chapitres, (deux pour le prologue et deux pour chacun des trois « cercles »), repérés par un titre et une vignette animée. Deux chapitres par page, sur un fond présentant les quatre pièces dans lesquelles se déroulent l’action.

On peut changer de langue (italien ou français), activer ou désactiver les sous-titres à la volée.

A ajouter, sans plus tarder, à votre collection !

Bonus - 4,5 / 5

Bande-annonce originelle du film en VOST.

Version « officielle » française, dont on nous dit qu’elle aurait été choisie par Pasolini ; bien que le doublage soit flatteur (voix de Michel Piccoli, Micheline Boudet, Anouck Ferjac), cette version, à mon humble avis, ne sonne pas si juste que la version italienne, plus paroxystique. De plus, si vous n’avez pas besoin des sous-titres, il ne vous sont pas imposés !

Salò, d’hier à aujourd’hui : ce passionnant montage en VOST de 32’, en noir et blanc et en couleurs, réalisé en 2002 par Amaury Voslion, rassemble tournages de scènes, interviews d’acteurs et de Jean-Claude Biette, assistant réalisateur et, surtout, une fascinante déclaration de Pasolini sur le fil rouge du scénario : représenter ce que le pouvoir peut faire de l’individu, comment il peut annihiler sa personnalité jusqu’à le réduire à l’état de chose. On ne peut qu’être ému de voir et d’entendre Pier Paolo Pasolini sachant que sa vie allait toucher à sa fin, la veille du doublage de son film en français.

Enfants de Salò (18’27”, également réalisé par Amaury Voslion). Ce documentaire, moins intéressant que le premier, recueille les fortes impressions laissées par Salò sur quatre réalisateurs français qui ont pu, eux aussi, choquer le public avec au mois l’un de leurs films : Claire Denis (avec Trouble Every Day), Catherine Breillat (avec Romance), Bertrand Bonello (avec Le Pornographe) et Gaspar Noé (avec Irréversible).

Un Diaporama de photos de plateau, sonorisé sur fond de suite pour violoncelle de Bach, complète la liste généreuse des suppléments.

Image - 4,0 / 5

L’image n’est pas parfaite, mais d’une qualité tout à fait acceptable et incomparablement meilleure que celle de l’édition antérieure du British Film Institute (dans un beau boîtier, mais aux bonus indigents), qui souffre d’un mauvais étalonnage des couleurs et de sous-titres imposés.

Peut-on espérer, pour une prochaine fois, une remastérisation impeccable que mériterait un film d’une telle importance ?

Son - 4,5 / 5

Un honnête son mono, assez propre.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic 36PG50F 16/9 82 cm
  • Philips 957
  • Panasonic 36PG50F
  • Enceintes frontales Energy XL-16B, arrières Sony SS-SR15, Caisson de graves Pioneer S-W150-S
Note du disque
Avis

Moyenne

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Franck Brissard
Le 15 novembre 2014
Pas de commentaire.
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Jean-René
Le 13 mai 2003
Pas de commentaire.

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