À perdre la raison : le test complet du DVD

2012. Réalisé par Joachim Lafosse
Avec Niels Arestrup, Tahar Rahim et Émilie Dequenne

Édité par France Télévisions Distribution

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Le 19/02/2013
Critique

Murielle et Mounir s’aiment passionnément. Depuis son enfance, le jeune homme vit chez le Docteur Pinget, qui lui assure une vie matérielle aisée. Quand Mounir et Murielle décident de se marier et d’avoir des enfants, la dépendance du couple envers le médecin devient excessive. Murielle se retrouve alors enfermée dans un climat affectif irrespirable, ce qui mène insidieusement la famille vers une issue tragique…

A perdre la raison s’inspire librement d’un fait divers tragique survenu en Belgique en 2007, où un quintuple infanticide a été commis par une mère de famille. Le réalisateur Joachim Lafosse, très remarqué avec son premier long métrage Nue propriété, tente ici de comprendre ce qui a pu pousser une mère à commettre un acte aussi inimaginable. De la première à la dernière image, le cinéaste happe le spectateur, le prend à la gorge et resserre son étreinte au fur et à mesure, tout en le poussant à réfléchir sur un fait divers qualifié d’inexplicable.

Sorte de tragédie antique axée sur le trop-plein d’amour, ses conséquences, la dette, le lien pervers, les dysfonctionnements familiaux, la question des limites (la femme est ici épuisée, maltraitée, apeurée), thèmes déjà explorés dans Nue propriété ainsi que dans son magnifique moyen-métrage Folie privée (2004), A perdre la raison cherche à faire partager aux spectateurs la vie de personnages complexes (magistralement incarnés par le trio vedette dont Emilie Dequenne, époustouflante), ni jugés ni déresponsabilisés, et démontre que l’acte final monstrueux n’est en aucun cas le fruit du hasard. Avec sa mise en scène au cordeau, ses personnages filmés à hauteur d’homme sans fioriture, au moyen de plans-séquences virtuoses, Joachim Lafosse suscite l’émotion et la réflexion pendant 1h45. On en ressort épuisés et bouleversés. Un grand cinéaste est né.

Généralités - 3,5 / 5

Les menus principaux reprennent l’interface classique chère à France Télévisions. Animés et musicaux, l’ensemble demeure classique et efficace.

Bonus - 4,0 / 5

Les suppléments sont répartis sur une deuxième galette.

Nous trouvons tout d’abord un superbe moyen métrage de Joachim Lafosse, réalisé en 2004 et intitulé Folie privée (1h). Dans la droite lignée des films de Maurice Pialat et des frères Dardenne, ce film bouleversant et magistralement interprété instaure déjà les thèmes chers au metteur en scène, en mettant à l’avant l’amour d’un père pour son petit garçon. Pascale a quitté Jan pour refaire sa vie avec Didier. A contre-coeur, Jan accepte qu’elle obtienne la garde de leur fils, Thomas, qui a 7 ans. Il lui laisse aussi la maison familiale où elle doit vivre désormais avec son nouveau compagnon. Mais lorsque Pascale vient s’installer avec Didier, Jan n’est pas encore parti et finalement, il refuse de quitter les lieux et de se séparer de son enfant. Très vite le conflit explose et en moins d’une journée, le destin de chacun d’entre eux va irrémédiablement basculer.

S’ensuit un court-métrage intitulé Avant les mots (25’), réalisé par Joachim Lafosse en 2010. Le cinéaste annonce : « En filmant le quotidien d’un enfant d’une crèche de Genneviliers, je souhaite tenter de faire naître du cinéma avec un acteur de moins de trois ans. Je désire tenter de faire apparaître un récit sans discours sur le temps de la petite enfance. Juste tenter de filmer ce qui se passe quand nous ne sommes pas là ». Joachim Lafosse filme la vie en train d’éclore, ainsi que les premières relations sociales et le dialogue.

Outre la bande-annonce, vous trouverez également une interview passionnante de Joachim Lafosse (16’), durant laquelle le metteur en scène revient sur la genèse d’A perdre la raison, les thèmes explorés, le travail sur les personnages et l’évolution du scénario, le rapport aux spectateurs, le casting, le tournage de la scène Femme je vous aime, le travail avec les enfants, l’accueil du film en Belgique et en France. Ne manquez pas cet entretien riche et passionnant.

Image - 4,0 / 5

France Télévisions Distribution prend soin du film de Joachim Lafosse et livre un service après-vente tout ce qu’il y a de plus solide, d’autant plus que tous les suppléments sont disponibles sur un autre disque. Les partis-pris esthétiques du chef opérateur Jean-François Hensgens (Tête de turc) sont respectés et la colorimétrie grisâtre habilement restituée. La clarté est de mise, tout comme des contrastes fermes, un joli piqué et des détails appréciables sur l’ensemble des séquences en extérieur, y compris sur les très présents gros plans des comédiens. Notons de sensibles pertes de la définition et des plans un peu flous, qui n’altèrent cependant en rien le visionnage. Un master SD élégant.

Son - 3,5 / 5

L’éditeur joint une piste Dolby Digital 5.1 qui instaure une spatialisation musicale indéniable, même si les basses manquent à l’appel. En dehors de cela, les ambiances naturelles et les effets annexes sont plutôt rares et la scène acoustique reste essentiellement frontale. De ce point de vue il n’y a rien à redire, les enceintes avant assurent tout du long, les dialogues étant quant à eux exsudés avec force par la centrale. La Stéréo n’a souvent rien à envier à la DD 5.1. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également de la partie.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
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Sabrina Piazzi
Le 22 février 2013
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