Fear and Desire : le test complet du DVD

1953. Réalisé par Stanley Kubrick
Avec Frank Silvera, Paul Mazursky et Kenneth Harp

Édité par Films sans Frontières

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Le 30/01/2013
Critique

Dans une guerre abstraite en terre inconnue, une patrouille militaire de quatre hommes, le lieutenant Corby, le sergent Mac et deux soldats, Fletcher et Sidney, se retrouvent derrière les lignes ennemies après que leur avion se soit écrasé. Ils avancent dans la forêt, surprennent deux militaires ennemis et les massacrent. Puis ils rencontrent une jeune fille et, craignant qu’elle ne les dénonce, l’attachent à un arbre. Pendant que ses trois camarades vont vers la rivière construire un radeau qui, espèrent-ils, les ramènera chez eux, Sidney garde la jeune femme. Il se révèle alors avoir l’esprit dérangé, autant à cause des violences de la guerre que de son désir naissant envers la prisonnière…

Fear and Desire est le premier long métrage réalisé en 1953 par Stanley Kubrick, alors âgé de 25 ans. Tourné avec quelques acteurs de théâtre inconnus, une équipe technique réduite et peu de moyens, par ailleurs issus de la tirelire de l’oncle pharmacien du réalisateur et de l’assurance-vie de son père, Fear and Desire prend pour cadre les montagnes de San Gabriel près de Los Angeles et a nécessité 5 semaines de tournage. Egalement directeur de la photographie, ingénieur du son et monteur, Stanley Kubrick a longtemps cherché à détruire toutes les copies de ce premier essai qu’il jugeait trop amateur et qu’il comparait à un « dessin d’enfant sur une porte de frigo ».

D’abord tourné dans le but de devenir un film muet, Fear and Desire devient finalement parlant, le réalisateur ayant été obligé de trouver un apport supplémentaire de 20.000 $ pour le doublage de son film en postsynchronisation. Renié par son auteur qui ne l’incluait jamais dans les rétrospectives qui lui étaient consacrées, Fear and Desire impose pourtant le perfectionnisme de Stanley Kubrick, son sens du cadre, de la composition des plans avec un magnifique N&B et une importance accordée aux gros plans.

Certes, il ne se passe pas grand chose dans ce film d’à peine 1 heure et finalement, seule la beauté des plans interpelle. L’usage de la voix-off est un peu redondant mais certains thèmes comme un groupe d’hommes pris dans un conflit armé (que l’on retrouvera dans Les Sentiers de la gloire, Full Metal Jacket) ici indéterminé avec deux contrées inconnues, la chorégraphie de la violence, ainsi que les personnages, certains marqués par la folie, font lointainement écho à ceux qui jalonneront la filmographie d’un des plus grands metteurs en scène de l’histoire du cinéma.

Technique - 6,5 / 10

La jaquette reprend le visuel de l’affiche de la ressortie du film en salles le 14 novembre 2012. Le menu principal est efficace, animé et musical. Du côté des suppléments, c’est le calme plat, pas même une bande-annonce à disposition.

Fear and Desire a longtemps été considéré comme perdu, d’ailleurs Stanley Kubrick en était persuadé et s’en réjouissait. Cependant, le négatif original du film a été découvert à la fin des années 1980 dans un entrepôt de stockage de pellicules à Porto Rico, acquis par la bibliothèque du congrès de Washington en 1993. Le négatif est maintenant sous bonne garde à la bibliothèque nationale du centre audio-visuel de conservation à Culpeper, état de Virginie. De son côté Kodak possédait encore une copie du film dans ses archives.

En 2012, la bibliothèque du Congrès de Washington, en association avec l’éditeur américain Kino Lorber, a sorti une version restaurée du long métrage. L’image de Fear and Desire n’avait alors jamais subi un tel dépoussiérage et le premier film de Stanley Kubrick ressuscite devant nos yeux. Le master N&B se révèle plutôt impressionnant, les contrastes sont riches, les noirs denses et les blancs lumineux. Si quelques fourmillements subsistent, les gros plans étonnent par leur précision et leur piqué. Les séquences en forêt sont du même acabit, les détails abondent, sans oublier le grain original respecté.

Le mixage anglais en mono d’origine se révèle un peu couvert bien que le dépoussiérage demeure indéniable. La voix off est claire, aucun accroc acoustique n’est à déplorer, à part peut-être un sensible bruit de fond. Si l’ensemble se concentre essentiellement sur le report des voix au détriment des effets annexes, le tout reste soigné et suffisant.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
6,5 / 10
Avis

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Sabrina Piazzi
Le 9 février 2013
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