Amen.
France, Allemagne - 2002
Katharina/Renn Productions, TF1 Films Production, KC Medien, Canal+
Critique par Philippe Gautreau
Critique
Le lieutenant Kurt Gerstein (Ulrich Tukur), médecin, a
passé quelque temps en prison pour avoir affiché
son opposition au régime nazi. Avec le soutien de son
père, il a cependant été incorporé
dans les Waffen SS, en qualité de spécialiste de la
désinfection des casernes. Au cours d’une mission en
Pologne, il découvre avec horreur l’extermination des
Juifs, à l’aide d’un des produits de désinfection
qu’il a fait fabriquer. Pour alerter l’opinion internationale, il
demande à l’ambassade de Suède une réaction
officielle. En vain.
Il alerte alors le nonce du Vatican à Berlin, qui
l’éconduit. Mais, Riccardo Fontana (Mathieu Kassovitz),
jeune jésuite détaché à la
nonciature, promet d’exhorter le Pape à dénoncer le
génocide. Mais n’y parviendra pas, même avec le
témoignage de Kurt. Riccardo, étoile jaune sur la
soutane, embarque alors dans un convoi de 1.000
déportés juifs romains ; son habit lui
épargne la mort : il est affecté aux fours
crématoires.
Kurt rejoint les troupes françaises auxquelles il remet un
dossier contenant des preuves formelles de l’existence des camps
d’extermination et des statistiques mesurant leur
efficacité. Malgré cela, il sera
incarcéré avec un lourd dossier d’accusation,
jusqu’à ce qu’il soit retrouvé pendu dans sa
cellule…
Le récit, un peu lent parfois, est sobre (rien n’est
montré des atrocités des camps), scandé par
le passages des trains, pleins à l’aller, vides au retour,
et par une belle musique originale, de facture classique,
d’Armand Amar.
Après Z (1979) « L’aveu » (1970) et « État de
siège » (1973), Costa-Gavras signe là un autre « film
réquisitoire » dont il s’est fait une
spécialité.
4,0 / 5 Généralités
Bonne qualité de l’image et du son. Suppléments
généreux (dont deux passionnants) sur le
deuxième DVD.
Le choix des options du menu principal n’est pas évident :
difficile, au premier contact, de savoir où la touche
« entrée » de votre télécommande va vous
conduire !
Découpage en 25 chapitres (sur 7 pages),
repérés par des vignettes animées en noir et
blanc et des intitulés.
Pour le film, choix entre deux versions audio (version originale
en anglais et version doublée en français) toutes
deux au format Dolby Digital 5.1. On ne peut pas changer de
version audio ou de sous-titres à la volée.
Les sous-titres français sont, fâcheusement,
imposés (Toutefois, si vous avez un lecteur Philips DVD
957, la recette détaillée dans la rubrique
Généralités de la critique du film
Bad Luck ! vous permettra de vous en
débarasser).
4,5 / 5 Suppléments
Les suppléments sont en version originale
sous-titrée ou commentés et traduits
simultanément en français, sauf les extraits de
scènes du « Making of ».
DVD 1 :
Commentaires du réalisateur et du scénariste
(Jean- Claude Grumberg, également auteur du
scénario du Le Dernier Métro de François
Truffaut), en français, axés le plus souvent sur le
rappel de faits historiques.
Bande-annonce en anglais, sans sous-titres ; cette absence
n’est guère gênante vu la rareté des
dialogues, et une bande-annonce en français.
DVD 2 :
Une remarque préliminaire sur le temps d’accès au
menu principal des bonus : 70 secondes, pas une de moins ; c’est
bien long, en dépit de la qualité du fond musical
!
Biographies succinctes de Costa-Gavras, Jean-Claude
Grumberg, Armand Amar (dont on nous dit qu’il a composé
plus de 50 pièces pour des chorégraphies
contemporaines), Mathieu Kassovitz, Ulrich Tukur, Ulrich
Mühe, Michel Duchaussoy, Ion Caramitru et Marcel Iures
(interprète de Pie XII).
Making of (4/3, VOST, 35’, et non 45’ comme indiqué
sur la jaquette !) : scènes de tournage (en Roumanie,
à partir de janvier 2001), interviews de Ulrich Tukur (en
anglais) et de Mathieu Kassovitz et Jean-Claude Grumberg (en
français) ; les extraits de scènes sont
présentés en anglais, sans sous- titres.
Reportages :
1. de Kurt Gerstein à Ulrich Tukur (4/3, VOST, 16’55”) :
le personnage principal du film, le lieutenant des Waffen SS,
nous est présenté de manière
émouvante par son interprète : photos de famille,
enregistrement de sa voix…
2. interview de Mathieu Kassovitz (4/3, VOST, 7’51”) reprenant,
malencontreusement, une séquence déjà
utilisée dans le « Making of ».
3. Témoignage chrétien : reproduction du dossier
publié par l’hebdomadaire le 23 février 2002,
à l’occasion de la sortie du film. Présenté
sous forme de déroulants (pendant 22’) le dossier contient
des déclarations et témoignages à charge et
à décharge, dont l’appréciation,
portée par l’historien François Bédarida, du
message de Noël 1942 de Pie XII, retransmis dans le film :
« la formulation en est si enveloppée que, mis à
part les dirigeants hitlériens, qui ont
immédiatement décodé le message et fait
savoir leur mécontentement, le sens et la portée du
texte ont échappé à l’immense
majorité ». Il faudra attendre l’ouverture des archives du
Vatican, en 2005, pour connaître les raisons qui l’ont
poussé à une telle réserve.
4. Pie XII, les Juifs et les nazis (4/3, 58’41”) Ce remarquable
documentaire de la BBC (commenté en français avec
traduction simultanée des interviews) s’ouvre sur la
fumée blanche qui annonce l’élection de Pie XII, 6
mois seulement avant que la guerre n’éclate. Dans leurs
déclarations, les témoins de cette époque
confirment que le Vatican était parfaitement
informé, par les nonciatures des pays d’Europe centrale,
des exactions commises par les forces hitlériennes contre
l’église catholique, notamment en Pologne, et de
l’extermination systématique des Juifs, hommes, femmes et
enfants.
Effets spéciaux : rien ou presque derrière
ce titre alléchant, si ce n’est quatre courtes
séquences muettes, sur fond musical et sans aucun
commentaire ; le train (1’40”), les camps (45”),
intérieurs voitures (1’42”) et le Vatican (1’57”).
4,0 / 5 Image
L’image du film est remarquable avec un soin particulier
porté à l’étalonnage des couleurs, opposant
les tons chauds des scènes (prétendument)
tournées au Vatican à la froideur glacée des
autres scènes.
Il faut toutefois fustiger la mauvaise qualité de
reproduction de certains des extraits du dossier de
Témoignage chrétien.
4,5 / 5 Son
Le son est clair avec beaucoup de relief, dans chacune des deux versions audio ; sa finesse valorise la musique originale.
Configuration de test :
- Téléviseur 16/9 Panasonic 36PG50F 16/9 82 cm
- Philips 957
- Panasonic 36PG50F
- Enceintes frontales Energy XL-16B, arrières Sony SS-SR15, Caisson de graves Pioneer S-W150-S
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