China Girl : le test complet du DVD

1987. Réalisé par Abel Ferrara
Avec James Russo, Richard Panebianco et Sari Chang

Édité par Opening

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Le 05/06/2003
Critique

New York, années 80.

Une boîte de nuit fréquentée par des jeunes. Il suffit que Tony Monte, livreur de pizza d’origine italienne, danse quelques mesures avec Tye, d’origine chinoise, pour déclencher l’hostilité d’une bande de jeunes chinois qui se lancent aussitôt à sa poursuite, armés de chaînes et de battes de base-ball ; il leur échappe de justesse en traversant Canal Street, qui marque la frontière entre Chinatown et Little Italy.

Non seulement la famille, mais encore les structures du crime organisé des deux communautés, vont s’opposer à l’idylle des deux jeunes amants et les conduire inexorablement vers une fin dramatique.

Avant cette libre adaptation du thème des amours impossibles à la Roméo et Juliette, moult fois repris au cinéma, notamment par (Robert Wise, 1960), Abel Ferrara avait réalisé quelques films de genre, à petit budget, dont Driller Killer (1979), dégoulinant d’hémoglobine, quelques épisodes de séries télévisées et même un film pornographique au titre évocateur du genre (« Nine Lives of a Wet Pussy », 1976). « China Girl » est sa première réalisation dans la cadre de l’industrie du cinéma.

Le réalisateur y développe le thème, qui sera repris dans beaucoup de ses films ultérieurs : celui de la violence qu’est capable d’exercer la famille, ou plus largement la communauté ethnique, à l’encontre de l’individu qui serait tenté de défier ses valeurs de référence.

Les scènes de violence, nombreuses, sont parfaitement chorégraphiées et filmées, avec des combats projetés en ombre chinoise (n’était-ce pas l’occasion où jamais ?)

Transparaît dans cet essai toute la maîtrise d’un grand cinéaste contestataire qui signera, trois ans après, son premier grand film, The King of New York (1990), qui sera suivi de beaucoup d’autres oeuvres marquantes, dont le remarquable Nos funérailles (The Funeral, 1996). Un manque à combler : « Bad Lieutenant » n’est toujours pas disponible en Zone 2 !

Généralités - 2,0 / 5

Des atouts, avec une image et un son propres (pour la version anglaise seulement ; voir plus loin).

Une faute rédhibitoire : le recadrage au format 4/3 qu’on devrait bannir à tout jamais (Même Outre-Manche où, voilà encore une dizaine d’années, on « retaillait » allègrement les films en pour qu’ils remplissent chaque pouce de l’écran de la télé, on est devenu respectueux du format original !).

La sérigraphie du disque reprend l’illustration du boîtier keep case. Seul le menu principal est animé et sonorisé.

Choix entre deux versions : originale en anglais, ou doublée en français, à éviter, non seulement pour le ridicule du doublage, mais aussi pour l’épouvantable qualité du son.

Un bon point pour la possibilité de changer de version ou d’afficher les sous-titres (non imposés) à la volée (curieusement, le choix des sous-titres n’est pas offert dans le menu).

Bonus - 3,0 / 5

Dans une intéressante interview (4/3, 6’23”), Nicole Brenez, maître de conférence en Études cinématographiques à Paris I, fait une rapide et intelligente analyse sociologique du film qu’elle resitue dans la carrière du réalisateur ; ses propos sont illustrés de quelques extraits de scènes du film. La qualité du document est bien au-dessus des interviews classiques souvent limités à un échange de congratulations entre protagonistes du film. Ça aurait mérité un métrage plus généreux !

La bande-annonce (VOST, 4/3, 1’22”) est suivie d’un teaser étique (23”) : trois photos, chacune accompagnée d’un court slogan !

La filmographie d’Abel Ferrara n’est guère plus généreuse : elle tient sur une page et elle est incomplète, bien que cela ne soit pas précisé ; de plus, personne ne s’est donné la peine d’indiquer le titre original des films.

Image - 3,0 / 5

L’image, est propre, raisonnablement contrastée, bien que les noirs tirent légèrement sur le gris.

Les scènes de nuit, nombreuses, sont, malgré cela, tout à fait acceptables.

Un petit effort d’étalonnage des couleurs aurait dû être entrepris, au moins pour corriger la forte dominante rouge des visages, en particulier dans les scènes de jour.

Son - 3,0 / 5

Le son Dolby Digital 2.0 de la version originale est propre, mais contenu dans un spectre étroit. Très honnête, cependant, pour un film de genre qui a fêté ses 15 ans.

Les choses se gâtent pour la version doublée en français : graves coupés et aigus saturés. Horrible ! Et la note s’en ressent (le son de la VO aurait mérité un 4).

Une raison impérieuse, s’il en était besoin, de choisir la version originale, agrémentée de sous-titres discrets, bien que parfaitement lisibles.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic 36PG50F 16/9 82 cm
  • Philips 957
  • Panasonic 36PG50F
  • Enceintes frontales Energy XL-16B, arrières Sony SS-SR15, Caisson de graves Pioneer S-W150-S

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