Lagaan : le test complet du DVD

2001. Réalisé par Ashutosh Gowariker
Avec Aamir Khan, Gracy Singh et Rachel Shelley

Édité par Sony Pictures

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Le 03/02/2003
Critique

En une phrase, « Lagaan » est une étincelle de Bollywood dans toute sa splendeur.

On ne pourrait pas imaginer un meilleur billet d’éntrée dans le cinéma populaire indien. Si vous craignez de vous plonger dans une projection de plus de quatre heures - avec quelques numéros musicaux (mais pas très nombreux), nous vous demandons d’avoir de la foi. Faites confiance au bouche-à-oreille - de proportions jurassiques - qui entoure « Lagaan » ; faites confiance à la capacité des scénaristes indiens de sortir des histoires riches en couleurs ; faites confiance à une technique de réalisation qui n’a strictement rien à envier aux kolossals hollywoodiens.

Certains affirment que « Lagaan » est tiré partiellement d’une histoire vraie. Mais peu importe les sources. Ce film se déroule comme un conte de fées populaire d’une terre lointaine, avec ses gentils incroyablement beaux et ses méchants affréusement caricaturisés.

Le lieu est un petit village au centre de l’Inde. L’an de grâce est le 1893, pendant la domination britannique. Suite à la sécheresse, les villageois ne peuvent pas payer l’impôt agricole, le lagaan. Le cruel chef de la garnison britannique leur pose alors un défi digne de Marie- Antoinette : battez-nous à un match de cricket, et vous serez exemptés de lagaan pendant trois ans. Et si vous perdez, vous payerez le triple. Vous et toute la contée.

Le jeune héros du récit, avec sa soif de liberté, accepte le défi. Après tout, le cricket ressemble à un jeu pratiqué par les enfants du village. Il est secondé par la soeur de l’affréux sujet de Sa Majesté - qui ne tarde pas par ailleurs à s’amouracher de lui…

David contre Goliath, ou plutôt - comme nous sommes dans le Septième Art - Rocky Balboa contre Apollo Creed ? Le ton est donné. La désillusion. L’espoir. L’entraînement. La traîtrise du méchant. Et enfin - le match final. Un match à la vie ou la mort, qui se déroulera pendant l’arc de… trois jours !

Certes, à différence des spectateurs britanniques ou des mêmes Indiens - devenus depuis des demi-dieux du cricket - les règles du jeu peuvent échapper à de nombreux continentaux. Mais cela ne gâche pas le plaisir de vision. La dramatisation du montage et des prises de vue adopte un meta-langage universel. Cela ne fera pas de vous des experts du jeu, mais vous pourrez apprendre l’essentiel.

Réalisé par Ashutosh Gowariker, « Lagaan » est un megakolossal qui réunit des superstars de Bollywood, en commençant par Aamir Khan, qui a égalément produit le film. Point d’angles sombres pour le spectateur occidental : « Lagaan » offre à la fois l’ingenuité et le look & feel des Dix Commandements et des grands epic de la Hollywood d’autrefois, couplé à une réalisation moderne. Un conte de fées de l’autre bout du village global - qu’on se plaît à voir et revoir.

Généralités - 4,0 / 5

Premier éditeur à faire découvrir le cinéma de Bollywood en Zone 2, Columbia France sort le grand jeu avec une séduisante édition Digipack sur deux DVD-9 (remarquer les deux équipes sur les sérigraphies de chaque galette).

Durée de 220 minutes oblige, le film est encodé sur les deux disques. Mais le changement de galette coïncide avec l’entracte, ce qui réduit le desagrément.

Quelques petites déceptions au niveau de la finition. Même s’ils sont beaux, les menus sont… fixes et muets. Et le choix d’insérer la totalité des suppléments sur le 1er DVD n’est pas de plus heureux, car à l’issue de la projection, on devra encore une fois changer de galette.

En contrepartie, les deux langues sont switchables à la volée (dommage pour l’absence d’une piste DTS) et les sous-titres ne sont pas imposés.

Bonus - 2,5 / 5

Pas grand-chose à mettre sous la dent dans cette édition (une version ultimate serait-elle en préparation ?) :

La scène supplémentaire est en fait une séquence complète de près de 18 minutes (en VOST et en 16/9), sur un intrigue sécondaire écarté du montage final. Dommage pour l’absence d’une fonction de seamless branching, ce qui aurait permis de la réintégrer au film.

On poursuit avec deux bandes-annonces, toutes en VOST : Gandhi (en 4/3) et Lawrence d’Arabie (en 16/9). Aucune trace de celle de « Lagaan ».

Les habituelles filmographies font bien entendu partie du lot. Signalons par l’occasion la présence d’un livret plutôt bien ficelé, avec des informations intéressantes sur le cinéma de Bollywood.

Image - 4,5 / 5

Les quelques rayures et drops sont imputables à l’état pas impeccable de la copie argentique. En revanche, l’encodage (en haute définition) est de bonne qualité, avec des couleurs toujours chaudes et un piqué exempt de tout défaut visible.

Son - 4,5 / 5

Deux excellentes pistes 5.1 avec une bonne spatialisation de la musique et des effets. Privilégiez si possible la VO en hindi (avec quelques dialogues en anglais) car, malgré les efforts des doubleurs, la VF ne colle pas vraiment au contexte…

Ceux qui resteront jusqu’au bout du générique final découvriront que le film avait aussi été exploité en salles dans une version DTS, malheureusement absente du DVD Zone 2.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony WEGA 16/9 82 cm
  • Sony 300
  • Denon AVR-1801
  • enceintes frontales, centre et surround Davis Odyssée

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