Flesh : le test complet du DVD

1968. Réalisé par Paul Morrissey
Avec Joe Dallesandro, Geraldine Smith et Jackie Curtis

Édité par Carlotta Films

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Le 11/10/2003
Critique

Joe et Geri sont mariés et ont un bébé. Ils vivent dans un sous-sol de New York. Elle ne fait rien, lui se prostitue avec les deux sexes pour ramener de l’argent à la maison et se payer de la drogue.

Ce matin-là, Geri secoue Joe pour le tirer d’un profond sommeil, lui reproche sa paresse et lui dit qu’elle a besoin de 200 $ pour payer l’avortement de Patti, sa petite amie…

C’est le premier long métrage de Paul Morrissey, produit par Andy Warhol, encore qu’il ait, peu avant, participé à la réalisation de deux films du pape du op’art.

Flesh est, aussi, le premier panneau d’un triptyque complété par Trash en 1970 et Heat en 1972.

Paul Morrissey filme Joe, nu la plupart du temps, à la manière « nouvelle vague », tout au long d’une journée, un peu comme un objet d’art. Il inspire d’ailleurs un de ses clients, qui fait des croquis de lui dans des poses de statues grecques.

Au-delà des anecdotes, le film est un constat sur l’ambiance de la fin des années 60 qui a largement dépassé le cadre de l’underground new yorkais.

Nos actes ont-ils un sens ? une valeur ? des conséquences ? Notre apparence a-t-elle une quelconque importance ? Où est le bien, où est le mal ?

Le film, une « comédie de moeurs » assez désabusée, pose toutes ces questions, et d’autres encore, sans y répondre. Les personnages, eux, qui traînent leur ennui, sans ambitions, presque sans désirs, font comme s’ils avaient trouvé la bonne réponse : « On fait ce qu’on veut et ça ne gêne personne ».

Généralités - 4,0 / 5

Le disque, logé dans un keep-case transparent jaune fluo, est sérigraphié dans le style op’art, avec le même graphisme que pour les deux autres volets de la trilogie, ici pois bleus sur fond noir.
Excellente restauration de l’image ; un son mono d’origine, bien nettoyé, avec léger souffle très supportable.
Les suppléments sont essentiellement constitués d’un court métrage, non sonorisé, de Paul Morrissey et d’une scène coupée dont l’intérêt est renforcé par les commentaires du réalisateur.
Le menu principal, animé et sonorisé, est dactylographié en blanc sur fond noir, bien dans l’esprit d’un film à petit budget.
Seule la version originale en anglais est disponible.
Pas de découpage en chapitres.
On peut insérer ou supprimer les sous-titres français à la volée.

Bonus - 4,0 / 5

Tous les suppléments sont un format 4/3, son mono.

Scène coupée : (11’, 4/3). Cette scène, qui aurait pu s’insérer au début du film, met en situation Joe et Geri. Elle peut être regardée avec les commentaires du réalisateur ou telle qu’elle a été tournée, en son direct, et nous fournit l’occasion d’apprécier le travail d’étalonnage des couleurs et de nettoyage du son effectué pour l’édition qui nous est offerte. Les commentaires du réalisateur tendent, pour l’essentiel, à resituer les personnages et l’action dans le contexte des années 60 : y avait-il une morale de l’époque ? L’individu était-il fondé à vivre comme il l’entendait, sans gêner personne ou devait-il assumer des responsabilités vis-à vis des autres, des responsabilités sociales ? Qu’est-ce qu’un mariage entre un homosexuel qui se prostitue et une lesbienne ? On croit bien sentir qu’en même temps qu’il pose toutes ces questions le réalisateur leur donne, 35 ans après, une réponse implicite…

Clip de Joe Dalessandro (2’34”), avec photos, bouts filmés et extraits du film.

All aboard the dreamland choo-choo, (13’12”) est le titre d’un court-métrage de Paul Morrissey (non sonorisé et inédit à ma connaissance) : un homme jeune, seul, se roule un joint, qu’il fume méticuleusement, jusqu’à l’extrême bout ; après quelque temps, changement d’occupation : il se caresse avec une sorte de râteau en plexiglas irradié d’une lumière bleue et produisant, on peut le supposer, de l’électricité statique ; finie la rigolade, on passe au troisième stade : l’homme s’enfonce à plusieurs reprise un cutter dans le gras de la cuisse (il me semble même qu’il a réussi à se couper une artère !) Glauque !

Flesh en 1968 est une sorte de diaporama sonorisé qui resitue le film dans son époque avec photos et coupures de presse : mai 68 à Paris, Martin Luther King, l’élection de Richard Nixon, le « printemps de Prague » et quelques uns films à l’affiche : Easy Rider, Bullitt, Bonnie & Clyde, Macadam Cowboy, 2001 a space odissey et, last but not least… La Nuit des morts vivants. Un bon cru ! Des titres à ajouter dans votre DVDthèque s’ils n’y sont pas déjà (Tous encore disponibles en zone 2 : j’ai vérifié !)

Image - 4,0 / 5

L’image a été restaurée avec beaucoup un soin : la vivacité des couleurs, bien étalonnées, les noirs profonds, avec juste ce qu’il faut de grain, une telle qualité étonne pour un film à tout petit budget, tourné il y a 35 ans !
Il reste quelques petites taches blanches, mais rien de bien gênant.
J’allais oublier de vous dire de ne pas vous inquiéter sur l’état de fonctionnement de votre lecteur : les flashes et les claquements qui ponctuent chaque changement de plan sont « d’origine ». Était-ce involontaire ou délibéré, pour faire plus vrai en accentuant l’aspect documentaire un peu fauché… Le dogme avant la lettre !

Son - 3,5 / 5

Le son mono est clair avec un souffle léger, donc pas gênant.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic TX-36PG50F 16/9 86 cm
  • Philips 957
  • Denon AVR 2802
  • Avant : Cabasse Goëlette. Centre : Sony SS-CN15. Arrière : Sony SS-SR15. Caisson de graves Pioneer S

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