Fellini Roma : le test complet du DVD

Roma

1972. Réalisé par Federico Fellini
Avec Federico Fellini, Anna Magnani et Marcello Mastroianni

Édité par MGM / United Artists

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Le 28/01/2005
Critique

Rome, 1931 : un jeune homme descend du train, venant du Nord : c’est Federico Fellini, en personne.
C’est lui qui nous offrira, quarante ans plus tard, sa vision personnelle et impressionniste de la ville éternelle, à travers divers tableaux et avec de nombreux allers et retours dans le temps, sur une période allant de 1931 à 1972.
Le jeune homme dîne le premier soir dans un restaurant, à l’une des tables installées sur la chaussée : les chansons des rues sont reprises en choeur par les convives que le passage des trams, à quelques centimètres des tables, ne semble pas déranger.
Puis, nous sommes projetés en 1972. Fellini filme, avec des mouvements de caméra extraordinaires, le trafic sur le « raccordo anulare », l’autoroute qui fait le tour de la ville, où toutes sortes de véhicules, d’hommes et d’animaux cahotent sous des trombes d’eau, dans un tintamarre apocalyptique.
Puis nous voilà revenus peu avant la fin de la guerre, au moment du débarquement des Américains en Sicile, dans un music hall minable où se succèdent des numéros plus ringards les uns que les autres, dont celui d’un trio féminin, l’équivalent transalpin des Soeurs Étienne, qui ont sévi en France dans les années 50. Qu’importe la nullité des artistes : le spectacle est surtout dans la salle !
Une petite remontée dans le temps nous conduit dans les bordels, l’un huppé, l’autre misérable, avec les incontournables poitrines felliniennes, monumentales. L’instant d’après, nous sommes au milieu des hippies occupant toutes les marches de la Piazza Di Spagna, puis dans le chantier sous-terrain d’une ligne du métro où les fresques éclatantes d’une villa, vieille de 2000 ans, découverte par hasard, s’effacent en quelques secondes au contact de l’air frais.
Bien d’autres choses encore, dont l’ineffable défilé de mode ecclésiastique présenté par des modèles se dandinant sur un proscenium tapissé de velours rouge, au rythme sautillant d’une composition de Nino Rota, devant un improbable aréopage de cardinaux et de dignitaires. Le clou de la soirée est l’apparition du pape au centre de jeux de lumière rayonnants.
Une galerie de personnages truculents, de tous âges et de tous milieux, qui font bruyamment la fête, jusque tard dans la nuit, avant de laisser les restes aux chiens errants, dont les ombres fantômatiques hantent les façades ocres des immeubles bordant les rues désertées.

Le grand cinéaste jette un regard à la fois cruel et tendre, à la fois sans fard et surréaliste sur Rome et les Romains. Dans la séquence finale, les monuments de Rome surgissent de la nuit, l’un après l’autre, dans la lumière des phares d’une horde vrombissante de motards…
Un film unique, étourdissant, éblouissant, à voir et à revoir !

Généralités - 4,0 / 5

Les menus, fixes et muets, sont proposés en quatre langues. Le film est divisé en 16 chapitres, avec vignettes sans intitulés. Le choix judicieux des images facilite toutefois le repérage des scènes. Les suppléments se limitent à la bande-annonce. Le son et l’image sont, dans l’ensemble, d’une honnête qualité. Choix entre version originale en italien et doublage dans 3 autres langues. La version originale s’impose, plus que jamais : peu de dialogues et des sous-titres discrets (petits caractères, très lisibles, collés au bord inférieur de l’image) ; choix de onze langues pour les sous-titres, dont anglais et allemand pour malentendants. On peut changer de langue ou de sous-titres à la volée.

Bonus - 1,0 / 5

Uniquement la bande-annonce dite « originale », dont les rarissimes dialogues sont bien en italien (OK, jusqu’ici, pour l’appellation de version originale). Mais, voilà qui est original, le seul commentaire en voix off est en… anglais, sans sous-titres (pas compliqué à saisir, dans son laconisme : Fellini examines the fall of the Roman empire - 1931-1972).

Image - 4,0 / 5

Image propre. Les couleurs sont vives, correctement étalonnées, avec un léger manque de contraste. Très correct étant donné l’âge du film. Le format d’image choisi est 4/3, non anamorphique, ce qui permet de respecter le format original 1.66. Le choix du format 16/9 aurait malencontreusement rogné l’image.

Son - 4,0 / 5

Mono d’origine, avec un spectre inévitablement étroit, mais un son propre, sans saut ni grésillement.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic 36PG50F 16/9 82 cm
  • Philips 957
  • Panasonic 36PG50F
  • Enceintes frontales Energy XL-16B, arrières Sony SS-SR15, Caisson de graves Pioneer S-W150-S

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