Chimères : le test complet du DVD

2013. Réalisé par Olivier Beguin
Avec Jasna Kohoutova, Yannick Rosset et Catriona MacColl

Édité par Seven Plus Editions

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Le 29/06/2017
Critique

Chimères

Renversé par une voiture en Roumanie où il passait des vacances avec sa petite amie Livia, Alexandre, un photographe, doit recevoir une transfusion de sang. Revenu en Suisse, il ressent un indéfinissable malaise, perd l’appétit et ne supporte plus la lumière du soleil. Une page d’un journal ramené de Roumanie relate une affaire de sang contaminé. Livia tente de le rassurer…

Avec Chimères, son premier long métrage après quelques courts, dont Dead Bones et Employé du mois (en bonus sur le DVD), Olivier Beguin propose une nouvelle approche du film de vampires, comme le faisait, d’une autre manière, Only Lovers Left Alive, réalisé par Jim Jarmusch en 2013.

Le scénario, coécrit avec Colin Vettier, présente Alexandre et Livia comme des victimes, fragilisées par l’infection qui transforme Alexandre en vampire, à laquelle ils vont tenter de s’adapter en unissant leurs efforts.

Chimères ajoute à l’originalité du thème d’autres atouts : un montage qui entretient le suspense en repoussant le moment où les doutes du spectateur se changeront en certitudes, une mise en scène et une photographie soignées, avec de nombreuses scènes filmées en extérieur.

Chimères

Chimères doit aussi à sa distribution : dans leur premier grand rôle dans un long métrage, Jasna Kohoutova et Yannick Rosset forment un couple très crédible. On a aussi la surprise de revoir Catriona MacColl, une égérie du cinéma d’horreur pour avoir inscrit son nom en tête d’affiche de trois films de Lucio Fulci, Frayeurs (Paura nella città dei morti viventi, 1980), L’Au-delà (…E tu vivrai nel terrore! L’aldilà, 1981) et La Maison près du cimetière (Quella villa accanto al cimitero, 1981). On a même droit à une courte apparition, en boucher, de Ruggero Deodato qui défraya la chronique avec Le Dernier monde cannibale (1977) et Cannibal Holocaust (1980).

Olivier Beguin a également réussi à s’assurer, pour la supervision du maquillage, la collaboration de David Scherer, un des maîtres actuels de la discipline, notamment connu pour l’étrange Thanatomorphose, réalisé par Éric Falardeau en 2012.

Des combats bien chorégraphiés, à défaut d’être réalistes, deux twists finaux assez inattendus, la qualité de l’accompagnement musical de Gisana Lorris, soutiennent l’intérêt pour Chimères, salué par plusieurs prix dans des festivals de cinéma fantastique ou d’horreur.

Une nouvelle démonstration qu’il est possible de réaliser un bon film avec un tout petit budget (le financement a dû être complété par un appel au crowdfunding). Pourtant, bien qu’il ait été présenté dans une quinzaine de festivals, Chimères attend toujours une distribution en salles. Souhaitons que la sortie du DVD assure sa diffusion auprès d’un large public d’amateurs du cinéma de genre.

Chimères

Généralités - 3,0 / 5

Chimères (79 minutes) et ses généreux bonus (76 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un épais boîtier (14 mm), glissé dans un étui. Le menu fixe et musical propose le film dans sa version originale en français, au format Dolby Digital 2.0 stéréo, avec des sous-titres pour les quelques dialogues en roumain. Sous-titres anglais disponibles.

Sur un beau, mais très succinct, livret de huit pages, des photos de tournage et la fiche technique du film.

Chimères est extrait du catalogue de l’éditeur suisse Seven Plus Éditions dont 24 titres ont, à ce jour, été distribués en France, principalement des documentaires, comme Winna : Chemin des âmes, sorti simultanément, mais aussi quelques fictions.</ p>

Bonus - 4,0 / 5

Making of Chimères (34’). Réalisateur et producteur évoquent la difficulté d’assurer en Suisse le financement et la distribution du cinéma de genre. Le tournage, commencé en Roumanie, avec une équipe légère complétée localement, s’est poursuivi à Neuchâtel, puis à Bruxelles (impossible de trouver à Neuchâtel des quartiers à l’apparence assez louche !). Ce documentaire, illustré de scènes de tournage, donne une assez bonne idée du déroulement de l’entreprise.

Entretien avec l’équipe (28’). Interrogés au BIFFF (Brussels International Fantastic Film Festival), le réalisateur et les deux acteurs principaux livrent des anecdotes sur le tournage, notamment celui de la scène de sexe. Olivier Beguin dit que le film attend toujours d’être diffusé en salles, malgré de nombreuses marques d’intérêt venant de différents pays (mais aucune de Suisse) à la suite de l’accueil favorable qui lui fut réservé dans de nombreux festivals.

Employé du mois, court métrage d’Olivier Beguin (2011, 1.77:1, couleurs, 14’). Le BRPML (Bureau de reconversion pour mythes et légendes) voit défiler, tous à la recherche d’un nouvel emploi, Bob le zombi, la Momie, la sorcière Lady Cyanure, Mr. Blue le fantôme, la moustique Chloé, le vampire Vlad Pitt, le diable Anazarel et toute la troupe des elfes du père Noël qui a dû liquider son commerce ! (avec Catriona MacColl et Yannick Rosset).

Pour finir, le commentaire audio du film par le réalisateur et les acteurs principaux : riche en anecdotes, bon enfant, un peu bavard, il permet pourtant de glaner quelques informations intéressantes sur les options de réalisation.

Image - 4,0 / 5

L’image (2.35:1) est bien définie, lumineuse, fermement contrastée, avec des noirs denses et des couleurs chaudes, parfaitement lisible dans toutes les conditions d’éclairage, y compris dans les nombreuses scènes de nuit.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 2.0 stéréo (les nombreuses scènes d’action auraient bénéficié d’un enregistrement 5.1) se caractérise par une bonne dynamique, une assez large ouverture du spectre et une séparation suffisante des deux voies.

Chimères

Crédits images : © Chaoticlock Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 29 juin 2017
Chimères nous propose une approche originale du thème du vampire, présenté comme un victime plutôt qu’une créature malfaisante. Un premier film surprenant, à découvrir.

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