Vivre à Ivry : le test complet du DVD

Édité par Ciné-Archives

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Le 02/10/2017
Critique

Vivre à Ivry

En avril 2013, la projection d’une sélection d’archives cinématographiques fut organisée à Ivry, au cinéma Luxy par l’association Ciné-Archives, chargée de la conservation et de la valorisation des archives audiovisuelles du PCF. De nombreux spectateurs auraient souhaité un DVD : il arrive quatre ans plus tard.

Vivre à Ivry propose 17 courts métrages, d’une durée de 2 à 33 minutes, des réalisations anonymes pour la plupart, couvrant une période de 40 ans, de 1935 à 1976, qui retracent le passé de la ville, administrée depuis 1929 par des élus présentés par le Parti communiste français.

La plupart des documents louent la qualité de leur gestion de la ville (50 000 habitants en 1976, 60 000 aujourd’hui) : rénovation de l’habitat et construction d’HLM, construction d’écoles, de dispensaires, de crèches, création de colonies de vacances, de jardins publics, percement de nouvelles voies… Même dans les documents les plus récents de 1976, le montant des investissements est exprimé en anciens francs, plus de 16 ans après leur disparition !

Vivre à Ivry fait aussi revivre quelques évènements médiatiques : les discours de Maurice Thorez (il fut le député de la circonscription d’Ivry de 1932 à sa mort, en 1964), le lancement en 1937 de son livre autobiographique Le Fils du peuple, la célébration en 1950 de son cinquantième anniversaire au cours de laquelle fut lue une lettre de Staline sur l’union de la France et de l’URSS, la visite, en 1963, de Youri Gagarine, deux ans après son vol orbital à bord de Vostok 1, le discours de Jacques Duclos appelant à voter « non » au référendum du 25 avril 1969…

Vivre à Ivry

Vivre à Ivry entre aussi dans l’intimité de ses habitants, avec une scène de la vie de famille dans un appartement nouvellement construit, le départ en colonie de vacances, un 30 juillet 1969, vers Les Mathes, près de Royan ou vers un bassin de retenue de l’Aube pour des stages de voile, les kermesses annuelles…

Vivre à Ivry donne aussi la parole à ses habitants pour enregistrer leur satisfaction, un commentaire glorifiant, en 1946, « la cité modèle, image de la cité de demain ». L’enregistrement le plus récent, celui de 1975, plus crédible quand on connaît la propension à râler des Français, recueille aussi quelques critiques, sur l’esthétique des tours récemment érigées ou sur le manque de distractions.

Dans la couverture du digipack, un livret de 40 pages réunit deux textes bien écrits et illustrés. L’article Ivry la rouge : une capitale politique au XXe siècle d’Emmanuel Bellanger passe en revue les étapes de l’histoire de la commune, à partir de 1925, « date fondatrice » où la ville fut conquise par le PCF, les années « thoréziennes », puis à surmonter les difficultés des années 60, etc. Suit, Un blason de ville rouge en cinéma de Julie Cazenave sur la manière dont les édiles et le PCF ont su saisir l’opportunité du nouveau médium pour leur communication. Le livret se termine par la fiche technique et le synopsis des 17 courts métrages.

Vivre à Ivry, avec son recueil de petits témoignages d’une portée universelle, s’ajoute utilement aux archives cinématographiques qui préservent de l’oubli notre histoire récente.

Vivre à Ivry

Technique - 6,5 / 10

Cette édition inaugure, nous dit le livret joint au DVD, une collection Cinéma en banlieue rouge, lancée par Ciné-Archives, dont la toute première édition vidéo, le coffret La vie est à nous + Le temps des cerises et autres films du Front Populaire, sorti en juin 2016, a remporté le Prix curiosité DVD/Blu-ray décerné en janvier 2017 par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma.

Ciné-Archives sort le 3 octobre un autre coffret de 2 DVD, Grands Soirs et Beaux Lendemains : 1945-1956, le cinéma militant de la Libération et de la Guerre froide contenant plusieurs films pour la première fois disponibles au public.

Vivre à Ivry (180 minutes) tient sur un DVD-9 logé dans un digipack. Les menus animés et musicaux proposent 17 documentaires répartis dans trois chapitres, Banlieue exemplaire, Capitale du communisme et Mutations urbaines.

La qualité de l’image, dans l’ensemble très acceptable, peut cependant varier d’un document à l’autre. Certains films, restaurés par le CNC (un sur trois, environ) offrent une image stable et correctement étalonnée, après un nettoyage qui a toutefois laissé subsister quelques taches. D’autres, filmés en 16 mm, voire un en Super 8, peuvent être plus ou moins dégradés, mais jamais au point de compromettre la lisibilité.

Les films, au format 1.33:1, sont et en noir et blanc, à l’exception de la visite de Youri Gagarine à Ivry, en couleurs.

Le son, Dolby Digital 2.0 mono appelle les mêmes remarques que l’image : les bruits parasites, correctement éliminés des films restaurés, se font entendre dans certains autres, mais dans des limites qui ne gênent pas la compréhension des paroles. Certains des films d’amateurs sont muets.

Vivre à Ivry

Crédits images : © Ciné Archives

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
6,5 / 10
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Philippe Gautreau
Le 2 octobre 2017
Vivre à Ivry, en 17 courts métrages, fait revivre, de 1935 à 1976, le passé de cette ville, administrée depuis 1929 par des élus présentés par le Parti communiste français. Un précieux recueil de petits témoignages s’ajoute aux archives cinématographiques pour préserver de l’oubli notre histoire récente.

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