Nothingwood : le test complet du DVD

2017. Réalisé par Sonia Kronlund
Avec Salim Shaheen, Qurban Ali et Sonia Kronlund

Édité par Pyramide Vidéo

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Le 24/10/2017
Critique

Nothingwood

À une centaine de kilomètres de Kaboul, Salim Shaheen, l’acteur-réalisateur-producteur le plus populaire et prolifique d’Afghanistan, est venu projeter quelques-uns de ses 110 films et tourner le 111ème au passage. Ce voyage dans lequel il a entraîné sa bande de comédiens, tous plus excentriques et incontrôlables les uns que les autres, est l’occasion de faire la connaissance de cet amoureux du cinéma qui fabrique sans relâche des films de série Z dans un pays en guerre depuis plus de trente ans. Nothingwood livre le récit d’une vie passée à accomplir un rêve d’enfant.

Ni Hollywood, ni Bollywood

Nothingwood, présenté à La Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, sorti dans les salles le 14 juin 2017, a été réalisé par la documentariste Sonia Kronlund, animatrice et productrice de l’émission Les Pieds sur terre sur France Culture et réalisatrice, en 2005, de La Télévision des Iraniens dans la case d’Arte Toutes les télés du monde.

Salim Shaheen, inconnu partout ailleurs, est une célébrité en Afghanistan où il a enchaîné la réalisation de plus d’une centaine de films, tournés le plus souvent en trois ou quatre jours avec les moyens du bord et des acteurs improvisés, parmi lesquels des membres de sa famille. C’est probablement Rambo (Sylvester Stallone) qui lui a inspiré de nombreux films de guerre ou d’arts martiaux, à côté de mélodrames mêlant musique, danse et chansons.

Sonia Kronlund a eu l’idée de suivre Salim Shaheen pendant quelques jours, le temps du tournage de son 111e film à Bâmiyân, une ville à 250 kilomètres de Kaboul, rendue tristement célèbre par la destruction par les talibans des deux statues monumentales de Bouddha, sculptées dans la montagne 1 500 ans auparavant.

Nothingwood

Camera. Light. Action!

Nothingwood permet ainsi de voir Salim Shaheen dans le feu de l’action, houspiller sa petite équipe, un cameraman et quelques acteurs pour lesquels il mime la scène juste avant les prises, chante, danse, fait égorger un poulet pour récupérer le sang (qu’il faut aussitôt diluer dans l’eau, sans quoi « ça durcit, comme du plâtre »)… se démène comme un diable jusqu’à ce qu’il décide, en général assez vite, que la prise est bonne et invite les badauds à applaudir.

Nothingwood souffre de quelques longueurs. On finit par être lassé des gesticulations et des rodomontades de Salim Shaheen dont la superficialité du portrait laisse le spectateur un peu frustré.

Ouvertement burlesque, le documentaire montre toutefois l’impact du cinéma de Salim Shaheen sur son public, littéralement fasciné par les images, ne semblant pas du tout gêné par la pauvreté des intrigues, l’amateurisme des interprètes, les effets spéciaux à trois sous…

Nothingwood a aussi le mérite de rappeler le contexte particulièrement difficile dans lequel le faiseur de rêves réalise ses films, notamment en insérant les images de la terrible réalité, les cadavres ensanglantés des victimes d’un attentat à la voiture piégée perpétré pendant le tournage du documentaire.

Filmé par Alexander Nanau, le réalisateur de Toto et ses soeurs, Nothingwood vient s’ajouter à deux autres documentaires récents sur l’engagement de quelques-uns pour la survie du cinéma dans des environnements difficiles : Kaboul Cinéma, sur la préservation des archives cinématographiques d’Afghanistan et Cinéma, mon amour, sur les efforts désespérés d’un exploitant pour sauver l’une des trente dernières salles de cinéma de Roumanie.

Nothingwood

Technique - 7,5 / 10

Nothingwood (86 minutes) et ses suppléments (15 minutes) tiennent sur un DVD-9 proposé dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur check disc.

Le menu animé et musical, reprenant l’illustration naïve de la jaquette, propose le film en version originale (en dari et en anglais) avec sous-titres incrustés dans l’image, placés un peu trop haut dans le cadre, avec le choix entre deux formats audio, Dolby Digital 5.1 ou 2.0 stéréo.

Dans le boîtier, un livret illustré de 20 pages contenant un entretien avec Sonia Kronlund sur les conditions de tournage du documentaire, l’option, proposée par le chef opérateur de la faire apparaître sur l’image, sur le personnage de Salim Shaheen et de Qurban Ali, l’acteur qui aime se travestir… Suivent, en parallèle, quelques repères sur l’histoire de l’Afghanistan et celle de Salim Shaheen, de sa naissance en 1964 à nos jours avec, depuis quelques années, une reprise du contrôle du pays par les talibans et la recrudescence, depuis deux ans, d’attentats terroristes perpétrés par l’État islamique. Pour finir, l’état des lieux du cinéma en Afghanistan : les vingt salles de cinéma recensées à Kaboul ont toutes été détruites pendant les années de guerre. Sur les sept reconstruites, quatre, opérationnelles, proposent, avec des projecteurs vétustes, des films venant pour la plupart de Bollywood.

En supplément vidéo, une bande-annonce et des scènes coupées (13’).

L’image (1.85:1) est irréprochable, nette, bien contrastée avec des noirs denses et des couleurs soigneusement étalonnées. Une parfaite lisibilité, dans toutes les conditions d’éclairage.

Le son restitue clairement les dialogues dans un bon équilibre avec l’accompagnement musical. Pas de grande différence entre la version Dolby Digital 2.0 stéréo et celle en 5.1.

Nothingwood

Crédits images : © Gloria Films, Made In Germany Filmproduktion

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
7,5 / 10
Avis

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Philippe Gautreau
Le 25 octobre 2017
Nothingwood, ce n’est ni Hollywood, ni Bollywood, mais l’œuvre de Salim Shaheen qui enchaîne film après film pour que survive le cinéma en Afghanistan, malgré l’hostilité des talibans et la privation de moyens. La documentariste Sonia Krolund a suivi le réalisateur-producteur-acteur à Bâmiyân où il tourne, avec les moyens du bord, son… 11e film !

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