Terreur.com : le test complet du DVD

FearDotCom

2002. Réalisé par William Malone
Avec Stephen Dorff, Natascha McElhone et Stephen Rea

Édité par Sony Pictures

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Le 09/03/2004
Critique

A tous ceux qui ont aimé le film, je tiens à réaffirmer ceci. Encore une fois, je ne cherche ni à faire d’élitisme ni à dénigrer le genre. L’Horreur est à mon sens tout aussi respectable que le thriller, le drame ou la comédie. J’exprime ici mon avis illustré d’exemples. Je ne crois pas qu’il faille s’acharner contre un film parce que (forcément subjectivement), on a que peu apprécié ce dernier. Vous aurez fort heureusement un avis différent du mien. Je pense sincèrement qu’une critique n’est pas destinée à influencer le spectateur ou le dévédénaute à voir ou acheter le film. Une critique doit servir une réflexion avant ou après la vision d’une oeuvre quelle qu’elle soit. Cependant, je reste bien conscient que devant la prolifération des films et DVD, la critique se substitue au libre-arbitre du spectateur ou du dévédénaute concernant le choix ou l’achat d’un film. C’est la raison de ce préambule (que je glisserai à chaque critique négative mais constructive) qui sonne comme une mise en garde. J’ai mon avis sur ce film qui ne reste que mon avis. Ayez le votre. Si certains d’entre vous tiennent à le faire partager. N’hésitez pas !!! Qu’il aille dans mon sens ou qu’il me soit contraire, il sera le bienvenu et comptera tout autant que ce que je pourrai vous livrer sur « Terreur.com ».

Ceci étant dit, « Terreur.com » est typiquement le genre de film racoleur qui pue la mauvaise série B sous ses airs prétentieux de thrillers réfléchi à gros budget. 42 millions de dollars ont été dépensés à faire cette immondice. Pour qui ? Pourquoi ? On se le demande encore ! Pas une once d’imagination, pas un brin d’originalité n’émane du scénario, premier responsable de l’irrépressible ennui qui gagne petit à petit le / les malheureux spectateur(s). On pourrait résumer l’histoire tout entière sur un demi-ticket de métro. De quoi s’agit-il ? D’un site qui héberge le fantôme d’un top model censé avoir souffert et qui vous donne 48 heures pour lui faire obtenir réparation… hou là là… qu’est-ce qu’on a peur ! A mi-chemin entre le mauvais polar et le nanar fantastique, vous aurez le choix entre poursuivre une parodie de serial killer ou bien traquer cette peau de fantôme qui n’en finit pas d’apparaître. Voilà… voilà voilà ! Côté rebondissement, c’est lourd et incohérent. Côté dialogue, on sent qu’on a affaire à une belle plume de champion. Catégorie poids lourd le Moshe (Diamant) ! Mention spéciale aux échanges entre le tueur et sa victime. Plats, grotesques, sans intérêt, ils alourdissent l’histoire et ne font que décrédibiliser le pauvre Stéphane Réa, déguisé pour l’occasion en chirurgien psychopathe.

Quant aux autres, ils sont livrés à eux même dans le vide intersidéral qu’est la bible des personnages (détail présentant chacun des protagonistes de l’histoire). La faute à Diamant qui, une fois encore, dessine d’invraisemblables personnages sans passé, sans histoire, sans relief…bref dont on se fout royalement. Ca vous intéresse vous de savoir que le policier joué par Stephen Dorff a une aversion particulière pour les virus ? D’autant que ça n’est absolument pas le propos… alors Moshe… passe à autre chose ! Et quand il passe à autre chose, c’est pour nous gratifier d’une abracdabrantesque histoire de petite fille hémophile qui a peur des couteaux. Non mais on s’en balance ! Du coup, la performance des acteurs tourne à vide puisqu’ils ne peuvent s’accrocher à un quelconque personnage sérieux. Arriver à autant se faire suer alors que le film bénéficie de la présence de Stephen Dorff, Stephen Réa et Natasha Mc Elhone, ça tient du record ! Triste, je vous l’accorde car on aurait tellement aimé les voir interpréter autre chose que cette pitrerie informe ! Quant à Moshe Diamant, il aurait dû respectueusement s’en tenir aux films de Van Damme, au moins là, en tant que scénariste-dialoguiste, il joue dans sa catégorie.

Et puis vient le tour de la réalisation ! Grands, purs, intenses moments de cinéma ! Logique ! ! ! Aux commandes, on retrouve avec force déplaisir ce bon vieux William Malone, qualifié ici par l’éditeur de  » spécialiste du genre horreur « . Pour un spécialiste, c’est un spécialiste… du sabotage de classiques surtout. Avec en prime, dès qu’il le peut, le traficotage de scènes copiées pour qu’on ait l’impression qu’elles viennent de lui et qu’elles s’insèrent le plus naturellement du monde dans son (?) film (?). Ainsi, son Créature pompait sur Alien, son La Maison de l’horreur sur l’original et « Terreur.com » à moitié sur Seven, à moitié sur La 6ème victime, complètement sur le Ring d’Hideo Nakata. Pourquoi pas ? Après tout, puisqu’on se fout de l’histoire, le pompage risque lui aussi de passer inaperçu. Je vous rassure, l’illusion n’est toutefois que de courte durée car même si vous ne faite pas consciemment la liaison, inconsciemment vous aurez l’impression d’avoir vu et revu 100 fois ces mêmes images. Les tentatives d’arrestation sous la pluie, les gigantesques hangars vides, les apparitions de petite fille en blanc, les suicides sous les rails du métro, les tables d’opérations transformées en tables de torture.

Quitte à copier, autant le faire avec style. Ca se nomme alors « un hommage ». Là, on a plutôt la sensation d’un plagiat, qui plus est navrant. Un travail d’écolier imbécile qui n’apporte rien ; ni à celui qui l’a fait, ni à celui à qui ce travail est destiné. Un ouvrage bâclé, sans âme, sans passion, achevé et monté en dépit du bon sens. Cadrages en biais, travellings à tout bout de chant, montage psychédélique… indices sortis du chapeau, dialogues miséreux, effets spéciaux vulgaires. Rien à sauver si ce n’est la lumière qui éclaire en vain cette accumulation de plans censés terroriser…les plus jeunes. Le plus terrifiant est que l’on donne de l’argent à des gens pour faire ce genre de pellicule imprimée. Que Moshe Diamant pourrait un jour réécrire et William Malone de nouveau réaliser, mobilisant ainsi à nouveau des fonds qui auraient pu servir à John Carpenter, David Cronenberg, Dario Argento. Ca y est, on peut enfin avoir peur… très peur… avec un tel scénario, le cinéma est en grand danger…

Généralités - 2,0 / 5

Difficile de faire grand-chose pour un film dont le titre est « Terreur.com ». C’est même plutôt la poisse. Et encore, je crois que le pire demeure l’affiche… comment peut-on avoir envie d’aller voir un film en voyant une femme pisser le sang sur un clavier d’ordinateur ? Ni terrifiant, ni repoussant, c’est limite bizarre voire incongru et pour finir pas franchement vendeur… on retourne le DVD et la sobriété des images incite là aussi à l’étonnement.

Vite mettre la galette dans le lecteur DVD. Présentation choc, menus fixes, le bleu est la couleur dominante. C’était également celle de l’affiche américaine. Bleu écran…pourquoi pas ? Une légère pression sur les bonus et le DVD dévoile, en apparence, des trésors d’interactivité. Making of, scène supplémentaire, galerie de photos, commentaire audio…

Puis vient le film. Image et son irréprochables. L’éditeur a déployé une attention toute particulière à la qualité du transfert. Côté image afin de renforcer la surprise visuelle. Côté son afin d’appuyer comme il se doit l’anxiété auditive. L’éditeur achève un travail d’excellente facture qui saura peut-être faire illusion et assurer à  » Terreur.com  » un succès vidéo. L’éditeur, qui est l’un des pionniers du DVD, a parfaitement compris et maîtrisé les enjeux du support.

Bonus - 2,0 / 5

A la lecture des bonus, on ne peut que se réjouir d’un aussi grand nombre de suppléments. Circonspects toutefois sur le fait qu’un tel film puisse engendrer une réflexion suffisante pour donner matière à un making of. Mais après tout, pourquoi pas ? Peut-être y a–t-il véritablement un acte de création à la base du projet à côté duquel nous serions passés ? Que nenni mes Seigneurs !!! Derrière de ronflantes et pompeuses dénominations se cache de nouveau un vide intersidéral, preuve (s’il en était encore besoin) que « Terreur.com » n’est qu’un pur produit tout droit sorti de l’imagination mercantile des machines à frics hollywoodienne. Démonstration tout-de-suite maintenant.

Making of (5’07 - VOST)

Mais attention ! 5 minutes de pur bonheur pendant lesquelles on vous explique avec le plus parfait aplomb que l’idée de départ de « Terreur.com » n’a jamais été abordée. Qu’elle a un fort potentiel horrifique. Que William Malone a toujours été fasciné par la peur depuis sa plus tendre enfance. Qu’il passe sa vie à explorer ce territoire sombre de l’âme humaine. Que le film mêle habilement deux époques et deux styles. Les années 30 et nos jours. Enfin que le film fait se rencontrer deux mondes ; celui de la Science et celui du Spiritisme et que si l’on est pas convaincu par l’un, on peut l’être par l’autre. Ouf… quelle densité ! Tout cela en à peine 5 minutes avec forces extraits, interviews et même un semblant de découpage qui a la prétention de faire passer cette featurette bancale pour un making of réflechi. Reste à espérer que ceux qui nous assènent ce tissu d’âneries n’y croient pas eux même. Ce serait à la fois terrifiant et atterrant.

La scène supplémentaire (5’00 - VOST)

William Malone a eu la bonne idée d’exhumer cette scène totalement hallucinante qui s’intitule la champignonnière. De quoi s’agit-il ? Le réalisateur nous l’explique en nous exposant les raisons pour lesquelles elle a été créée et pour lesquelles elle a été supprimée. C’est le clou du DVD. Une gigantesque parodie (volontaire ou involontaire ?) du film « Terreur.com ». Imaginez-vous un homme pris de divagations parce qu’il est allé sur le site de la mort qui tue. Cette homme est gardien dans une usine de champignons (sans doute le genre qui rend heureux) et s’imagine que les champignons en veulent à sa vie. On vous laisse imaginer la loufoquerie de la scène et son armada d’hommes-champignons tous plus grotesques les uns que les autres. Malgré une bande-son de très mauvaise qualité, cette seule scène est un collector qu’il faut absolument conserver. A la hauteur d’un sketch des « Inconnus ». A ne pas rater !…

Filmographies et Galerie d’images

Si la section filmographies et ses 3 noms (Rea / Dorff / Mc Elhone) ne sert pas à grand-chose, celle intitulée Galerie d’images est la vraie bonne surprise de cette édition DVD. On y retrouve une vingtaine de croquis parmi lesquels des captures d’écrans qui ont servi à réaliser certains des effets spéciaux et par-dessus tout des feuilles de storyboards. C’est assez rare pour être souligné et encourager les éditeurs à en produire davantage. Dommage qu’ils ne soient pas commentés ou qu’ils ne bénéficient pas d’une comparaison avant / après, mais il est tout de même réjouissant d’y avoir accès afin d’entrapercevoir la manière dont les scènes ont été pensées. Pour le cinéphile, le storyboard est l’ultime instrument de travail. Y avoir accès est un plaisir autant qu’un privilège. Une mine d’or !

Bande-annonce (2’11 – VOST)

Avec sa très belle qualité de son et d’image, sa piste-son VOST et son rythme endiablé, la bande-annonce est un plus très appréciable dans cette édition DVD. Elle est également l’occasion d’apprécier la manière dont le film a été vendu. Un soupçon d’horreur pour une bonne dose d’action et de suspense. Une vision idyllique de ce qu’est la réalité mais qui a l’immense intérêt de drainer l’audience 15/24 ans, en d’autre termes le coeur de cible du cinéma. Plutôt malin !

Image - 5,0 / 5

Côté image, l’éditeur livre un travail de toute beauté avec un piqué d’une grande élégance et d’une immense finesse. Les contrastes entre couleurs chaudes et froides sont parfaitement appuyés. Vous distinguerez même jusqu’aux halos de lumière travaillés par le réalisateur. Les scènes sous la pluie sont particulièrement bien retranscrites et le clair obscur du chef opérateur rappelle de manière frappante (et pour cause) celui utilisé pour Seven.

L’appartement des allemands blafard à souhait pue l’hôpital et la mort. L’appartement de Denise, le combat perdu d’avance contre les forces du Mal. Le commissariat, le gigantisme technocratique duquel émane le sordide et l’impuissance. Enfin, l’espace de torture sent l’inhumanité et la froideur. Chacune de ces atmosphères (si elles ne sont pas nouvelles) ont ici le mérite de bénéficier d’un rendu impeccable qui vous fera apprécier le travail de copiage-collage du réalisateur.

Enfin, ni bruit, ni gel, ni pixellisation ne viendront troubler la vision du film. Ici, la compression a été parfaitement maîtrisée. Demeure alors un spectacle visuel qui, s’il manque cruellement d’âme et d’originalité, reste agréable à regarder… l’un des deux meilleurs atouts de cette édition DVD.

Son - 4,0 / 5

Le deuxième meilleur atout de cette édition DVD est sa bande son. Après tout, on est là pour sursauter ! Pour ce faire, le DVD se lâche littéralement sur les basses et les aigüs. Le jeu du chat et de la souris se transforme alors en sursautez c’est gagné avec une mention toute spéciale aux scènes d’apparitions, particulièrement bien sonorisées. Dans cette édition, la machine à faire « boo » marche à plein… c’est même ce qui fonctionne le mieux.

Elles bénéficient toutes deux d’un Dolby Digital 5.1 enveloppant, ce qui veut dire en clair que vos surrounds seront très souvent sollicités. Vous n’avez plus qu’à éteindre la lumière, à vous blottir derrière vos draps et à fermer les yeux (car la réalisation contraste très nettement avec le punch de la bande-son) et vous aurez alors quelques bonnes sensations. A signaler égaleemnt qu’entre VF et VO, il n’y a pas de différence notable et que le doublage français est d’assez bonne facture.

Bonnes frayeurs, bon DVD !…

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Rétroprojecteur Toshiba 43PH14P
  • Toshiba SD-330ES
  • Onkyo TX-DS797
  • système d'enceinte 5.1 Triangle
Note du disque
Avis

Moyenne

4,5
5
1
4
1
3
0
2
0
1
0

Je donne mon avis !

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Jessica
Le 22 mars 2006
je trouve ce film génial mais c'est mon avis
Avatar
ludovic
Le 23 avril 2004
ca fait peur de temps en temps.

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