Les Aventuriers du désert (1949) - DVD

Édition Spéciale

The Walking Hills

Pays : USA

Les Aventuriers du désert (Édition Spéciale) - DVD

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Synopsis : À la frontière entre les Etats-Unis et Mexicali, Shep passe au Mexique. Il est suivi par Frazee, un détective privé. Shep retrouve le vieux Willy, un prospecteur, Jim Carey, un éleveur de chevaux et deux autres hommes à l’occasion d’une partie de poker dans un bar. Ils évoquent l’existence d’un wagon bourré d’or perdu dans la Vallée de la Mort depuis plusieurs années et décident de retrouver le magot…

Durée

Éditeur

Sidonis Calysta

Distributeur

Seven7

EAN

3512392706226

Sortie vidéo

Disponibilité

Disponible

Date de sortie en salle :

Studio

Columbia Pictures Corporation

Contenu et Goodies
Couleurs et pistes audio restaurées
Boîtier DVD avec fourreau
Bonus vidéo
Présentation du film par Patrick Brion
Pépins

- Aucun connu à ce jour.

Avis et critiques

Il y a 1 avis sur cette œuvre  :

Les Avis des Lecteurs

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pak
Le 15 décembre 2017
Les Aventuriers du désert est l'une des premières réalisations de John Sturges, et quasiment le premier western de celui-ci. Quasiment car l'histoire est en fait contemporaine au tournage, donc sensée se passer dans les années 1940, bien qu'ayant rapidement pour cadre le désert de la fameuse Vallée de la Mort, notamment sur sa partie surface de sel marquant l'emplacement d'un ancien lac, ou sur ses fameuses dunes de mesquite, ou encore dans les Alabam Hills, lieu de tournage de nombreux westerns et films d'aventures. L'environnement se prête donc bien au western, même si pour Sturges, sa première vraie tentative dans le genre, qui plus est sa première réussite dans le genre aussi, ce sera l'excellent Fort Bravo, quatre ans plus tard (ou onze films plus tard, le réalisateur tournant alors à un rythme soutenu des petits budgets), avec lequel il connaitra l'un de ses premiers succès publics. Avec ce film, il reste donc encore ancré dans l'univers du film noir de ses débuts et il y retournera encore après pour un temps. Pour la petite histoire, c'est seulement le second film de Sturges à trouver le chemin des salles françaises, le 3 juin 1949, après Le Signe du Bélier (The Sign of the Ram, 1948) sorti moins de deux mois auparavant, le 27 avril 1949, alors que l'homme en était à sa huitième réalisation. Nombre de ses premiers films restent inédits en salles et à la télévision en France, et ce n'est qu'après la réussite du déjà nommé Fort Bravo que ses œuvres auront ensuite systématiquement droit à une distribution chez nous, avec des fortunes diverses, Le Vieil homme et la mer n'engrangeant qu'à peine plus de 250 000 entrées alors que La Grande évasion, son plus gros carton, en enregistrera plus de 8,5 millions.

Mais avec Les Aventuriers du désert, on est nettement dans un registre plus modeste. Bien qu’estampillé Columbia, ce film est en grande partie produit par son acteur principal, Randolph Scott, qui débute là dans la production et son association avec le producteur Harry Joe Brown. Ce premier partenariat pose en fait les bases de la Ranown Pictures (d'abord nommée Scott-Brown Productions) qui aboutira au fameux cycle Ranown, une prolifique collaboration entre l'acteur et le réalisateur Budd Boetticher qui donnera des films comme La Chevauchée de la vengeance ou Comanche Station...

Première production avec réalisateur quasi débutant bien qu'habile, n'ayant pas encore donné de succès au box-office, Randolph Scott, pas réputé pour gaspiller l'argent, bien au contraire (il stoppera sa carrière d'acteur avec un beau pécule), joue la prudence et offre un budget serré, le tournage dans le désert permettant d'économiser des locations de studios et des constructions de décors.

Pourtant l'introduction est typique du film noir, dans une ville frontalière avec le Mexique, où un flic file un homme suspecté de meurtre et semble sur le point d'arrêter ce dernier. Filature qui conduit poursuivi et poursuivant à une partie de poker durant laquelle l'aventure va s'inviter. Cette idée de départ est d'ailleurs excellente car permettant à plusieurs personnages très différents les uns des autres, dont certains peu taillés pour une ballade dans le désert, d'être mêlés, parfois bien malgré eux, à une chasse au trésor. Chaque participant étant lié aux autres par la suspicion, la présence de tous garantissant le secret de l'entreprise, c'est ainsi que barman, musicien itinérant et détective côtoieront cowboys et aventuriers. C'est donc pour beaucoup d'entre eux l'appât du gain qui les met à dos de cheval, les affinités personnelles étant de second ordre, mais pour d'autres, ce sera par la force des choses même si l'assurance d'une richesse rapide balaie rapidement les réticences.

Le film étant assez court, à peine 1h20 de métrage, Sturges emballe rapidement et efficacement ce début, posant directement les enjeux principaux, afin de plonger son petit groupe dans les étendues désertiques. C'est à ce moment-là que le récit prend des allures de western, que seules les tenues vestimentaires ancrent dans les années 1940. Bien que l'action soit finalement assez chiche, même si elle fait mouche quand la violence éclate, notamment lors d'une méchante bagarre à coups de pelles, le récit se déroule sans temps morts, avec un suspense assez bien huilé puisque de la dizaine de protagonistes qui cherchent fortune, bien malin celui qui saura combien d'entre eux rentreront chez eux à l'issue de l'aventure, même si l'on sait parfaitement que Randolph Scott, la seule star du casting, ne peut disparaître, et que le bad guy de service, lui, restera dans le désert. Toutefois, à mesure que les personnalités se dévoilent, l'auteur brouille les pistes avec leurs passés troubles, et l'on se rend vite compte que beaucoup trainent mauvaise conscience et autres boulets de culpabilité, ce qui génère méfiance, défiance et qui-propos dramatiques. Ainsi, le personnage de Scott lui-même est relativement antipathique, remâchant une rancœur qu'il parvient difficilement à ravaler, préférant la compagnie de son cheval à celle de ses congénères. En soit une bonne idée d'écriture là aussi, sauf que les atermoiements psychologiques sont trop simplistes et on ne s'attache pas vraiment ni au rôle central, ni à ceux qui gravitent autour. Il y a aussi une inversion pas très adroite des héros de polar, le flic devenant de plus en plus violent, le suspect meurtrier de plus en plus sympathique : là encore, une bonne idée, mais exploitée de manière pas très subtile. C'est la limite imposée par le budget modeste de cette production. Trop de personnages à développer en peu de temps, il était donc difficile d'approfondir les mentalités de tous, et sur un sujet proche, ce film est bien en-deçà d'un Trésor de la Sierra Madre de John Huston, qui lui recentrait son attention autour de trois personnages principaux, et auquel on ne fait que penser à la vision du film de Sturges.

Pourtant ce dernier a assez d'atouts pour séduire les amateurs d'aventures. Déjà, parce que le réalisateur fait preuve d'une belle maitrise du casting, puisqu'il doit gérer une dizaine de personnages, même si certains sont fatalement sacrifiés et moins développés, là encore du fait d'un montage serré imposé par les moyens mis à sa disposition. Mais ils existent bel et bien, grâce à une petite phrase qui sonne juste, ou un geste essentiel, d'autant que Sturges ne monopolise pas la caméra sur sa star. Cette capacité à gérer les castings multiples sera une constante chez lui, ce qui est particulièrement visible dans des films comme Fort Bravo, Les Sept mercenaires, La Grande évasion, et jusqu'à son dernier film, L'Aigle s'est envolé.

Autre point positif, le réalisateur a un indéniable sens du cadre. Loin du Cinémascope de ses futurs grosses réalisations, il n'en est pas moins à l'aise avec son format 1.37, et compose de beaux plans, comme ceux d'ensemble montrant le groupe creusant le sable à la recherche d'un indice de la présence du magot tant convoité, sur lesquels se penchent, vu le sujet, et toutes proportions gardées, les fantômes des Rapaces d'Erich von Stroheim (1924), puisque c'est essentiellement la cupidité qui va amener ces hommes dans le désert et s'y affronter. La photo noire et blanche, du chef opérateur Charles Lawton, un habitué du cinéma d'aventure et du western (L'Homme du Nevada, Le Cavalier de la mort, Le Relais de l'or maudit, Trois heures pour tuer, Comanche Station... ), est très belle et nuls doutes que si l'homme avait un peu moins œuvré pour le genre au détriment d'un cinéma plus « oscarisable », il aurait eu droit dans sa carrière au moins à une nomination pour une statuette dorée...

Enfin, John Sturges n'est pas maladroit à filmer la tension montante dans le groupe, installant une sorte d'ambiance de huis-clos à ciel ouvert. Il sait aussi filmer l'action, comme en témoigne le règlement de compte final durant une tempête de sable qui dispute sa violence à celles des hommes.

Dernier atout, un chouette casting de « belles » gueules. Randolph Scott reste minéral, on connait son jeu figé à la mâchoire serrée. Mais il est très bien entouré avec le solide Edgar Buchanan, le mauvais (dans le sens pas gentil) John Ireland, et l'énigmatique Arthur Kennedy. Le casting offre d'autres curiosités, par la présence de l'oublié William Bishop, au jeu tranquille pas loin d'un Robert Mitchum, mais au physique à la Rock Hudson, acteur prématurément disparu à 41 ans des suites d'un cancer, qui ne sera jamais vraiment une star au cinéma, mais qui eut une certaine notoriété à la télévision américaine. Plus étonnante est la participation du guitariste chanteur Josh White, bien connu des amateurs de blues, puisqu'il est l'un de ses pionniers historiques, et une de ses vedettes dès les années 1930 : il fit très peu d'apparitions au cinéma et ce fut là son ultime rôle, mais cela a son importance car c'est l'un des premiers noirs américains à avoir autant de temps de présence dans un film américain (rappelons que le tournage a débuté en 1948), même si, époque oblige, son importance dans le récit est hélas bien moindre que les autres et même dispensable, ceci dit il y chante, et fort bien. La touche féminine et fruit de discorde autre que l'argent, est apporté par la jolie et assez rare Ella Raines qui fait mieux que de la figuration face à ce casting entièrement mâle, et si elle n'a pas de pistolets, elle a des yeux revolvers aptes à attendrir un bourru comme Randolph Scott...

Si ce film a les limites d'une production fauchée sur laquelle un producteur débutant et prudent (qui a dit radin ? ) se fait les dents, bridant un film choral et son potentiel psychologique amorcé au début (avec tous ces passés cachés et leurs éventuelles futures conséquences trop facilement balayées par une tempête bienvenue, on reste fortement frustré du dénouement un peu facile), il y a suffisamment de quoi éveiller la curiosité des amateurs du cinéma américain des années 1940-50, et même du western, ne serait-ce que pour voir les premiers pas timides d'un réalisateur dans un genre où il va s'illustrer quelques années plus tard, en lui donnant quelques uns de ses titres les plus célèbres.

Évidemment, on préférera les prochains films de Randolph Scott, ici à l'aube de sa meilleure période à mon sens, les années 1950 et ses futures collaborations avec Bud Boetticher.

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