Hollywood s’en va-t en guerre contre les crackers
(la vérité sur DeCSS et les hackers de DVD).
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22 nov 1999 — On disait le DVD à l’abri de tous les dangers. Et ensuite, un
petit programme nommé “DeCSS” a tout changé. Maintenant, les
Studios et les fabricants ont déclaré la guerre au programme et
aux sites qui l’hébergent, en espérant guérir avec un sparadrap
la crise la plus grave du DVD, depuis l’annonce du DIVX.
Après tout le bruit et les fausses informations diffusées dans
la presse (même prestigieuse), dvdfr vous dit toute la vérité !.
Ce cauchemar hollywoodien a été déclenché par un “oubli” capital dans un
logiciel. Ou, plutôt, tout a commencé à cause de l’absence d’un quelconque
logiciel de lecture des DVD sous Linux. Ce vide avait une raison de taille,
avait expliqué à plusieurs reprises Linus Torvalds : le processus de décodage
des fichiers .VOB (qui contiennent les différentes sources MPEG-2, qui sont à
la base du standard DVD) incluait des éléments propriétaires et des clés de
décryptage sécretès, qui mal s’accommodaient avec la notion du domaine
public propre à Linux.
Dans les derniers mois, plusieurs “hackers” européens se sont intéressés au
désassemblage des DVD players sous Windows, pour essayer de mettre à point un
utilitaire de lecture pour Linux. Et ils ont découvert la “boulette fatale”
dans l’univers du DVD. Les développeurs du player XingDVD avaient
oublié de chiffrer leur clef unique. D’autres clés ont ensuite été découvertes.
En exploitant cette faille, les hackers norvégiens du groupe MoRE (“Masters of
Reverse Engineering”) ont mis au point “DeCSS”, le premier utilitaire au
monde capable de permettre une copie parfaite des contenus d’un DVD (en fait,
le groupe de “Linuxiens” avait commencé le travail en cassant le processus
d’authentification, le group “MoRE” l’a terminé en proposant l’outil complet
de copie parfaite, sous windows, avec une mini interface graphique !).
Le point fort du DVD consiste (ou mieux, consistait) dans le CSS (Content
Scrambling System), un système de cryptage qui empêche la lecture directe des
fichiers .VOB qui sont à la base du DVD. Des soi-disant “rippers” - qui
permettent entre autre de fabriquer un VideoCD à partir d’un DVD - existaient
depuis des mois dans l’underground du Net. Mais le CSS tenait bon, empêchant
toute copie parfaite d’un DVD.
Concrètement, chaque lecteur de salon et chaque player en software, possède sa
clé unique de déchiffrage CSS. En d’autres mots, Sony dispose d’une clé CSS,
Toshiba en a une autre, Creative Labs une autre encore, et ainsi de suite.
Chaque DVD de n’importe quelle Zone contient environ 400 chiffrages CSS. Le
disque vérifie que le lecteur dispose de sa clé correspondante, et les jeux sont
faits. Bien entendu, toutes les clés de déchiffrage sont elles-mêmes cryptées,
pour décourager les désassembleurs.
Toutes les clés, ou presque. Par une terrible mégarde, celle du XingDVD player
(mis au point par une filiale de RealNetworks) était en clair. A partir de là,
les hackers de MoRE auraient réussi à décrypter près de 170 clés, sur les 400
en existence. Et ceci a pris la forme de “DeCSS”, un petit logiciel de 59 Ko
qui a rapidement fait plusieurs fois le tour du monde du Net. Autant dire que
le mal était fait.
Après le premier choc, la riposte. En s’appuyant sur le “Digital Millennium
Coypright Act”, les Studios hollywoodiens ont commencé à traquer tous les sites
Internet qui offraient le téléchargement de DeCSS. Les webmasters de ces sites
(dont www.dvdutils.com, déjà poursuivi pour son hébergement de nombreux
cracks illégaux de players DVD divers) ont reçu des lettres des plus puissantes
firmes légales nord-américaines (le cabinet d’avocat de Warner notamment), en
leur intimant de retirer immédiatement le logiciel de leurs serveurs, pour ne
pas s’exposer à des dures poursuites pénales. Il convient de signaler que même
des sites de renommée mondiale, tel que download.com, avaient rendu DeCSS
disponible au téléchargement, avant de l’effacer de leurs serveurs (Note des
Webmasters : dvdfr.com n’a jamais uploadé “DeCSS” sur son site, et il n’a
aucune intention de le faire).
L’affaire du craquage du DVD a rapidement pris une tournure politique. Lorsque
le deuxième volet du “Digital Millennium Coypright Act” sera approuvé par le
Congrès américain, le désassemblage ou le cracking d’éléments protégés par les
lois internationales du copyright s’exposeront à des poursuites pénales
immédiates. Rappelons que la législation actuelle punit les auteurs de copies
illégales, aux États-Unis comme en France. Mais le problème n’est pas si simple,
car initialement ces outils de craquage ont été conçus pour fournir un outil
de lecture DVD sous Linux. Le reverse-engeneering est autorisé dans beaucoup
de pays lorsqu’il s’agit d’obtenir une interopérabilité. Il y a même
jurisprudence puisque Microsoft avait intenté et perdu un procès aux auteurs
de Samba (un logiciel qui permet de lire/écrire les disques Windows sur le
réseau depuis Linux, pour lequel les auteurs ont fait du reverse-engeneering
sur Windows). Samba est désormais distribué avec son code source contenant des
portions “désassemblées” de Windows, ceci en toute légalité. Le problème est
qu’il faut qu’une compagnie avec les reins solides décide de prendre la défense
du logiciel libre face à un lobby commercial puissant (Microsoft dans le cas
de Samba, les firmes d’Hollywood dans notre cas). En tant qu’individu, les
webmasters ne prennent pas ce risque et obéissent aux intimidations légales.
Nous sommes dans un monde où dans bien des cas l’argent décide de ce qui est
légal ou non, grâce à la menace… Une intention louable (rendre le DVD
disponible sous Linux) est menacée par un usage abusif de la technologie
révélée (DeCSS), car les grandes firmes ne savent pas faire la différence
entre les deux !
De plus, en examinant les faits, de nombreux experts informatiques du monde
entier ont durement critiqué le système de protection du DVD, autrefois
considéré comme “à l’abri des pirates”. Le CSS s’appuie en effet sur des clés
de chiffrage de 40 bits (et encore, il n’utilise pas toute la longueur). Selon
“Wired News”, une seconde (une !) suffit aux super-ordinateurs de l’Electronic
Frontier Foundation pour craquer une clé de 40 bits ! Les regards se sont
clairement tournés vers les autorités américaines, qui ont refusé pendant
longtemps l’exportation de technologies avec un niveau de cryptage élevé. Et
voilà le résultat..
D’un point de vue pratique, qu’est ce que tout cela signifie ? Avec le DeCSS,
un utilisateur est capable de recopier sur son disque dur le contenu d’un DVD.
En l’état actuel, il est peu pratique d’utiliser des tranches de 4,7 ou 9,4 Go
sur son propre disque dur. Mais avec l’arrivée des futurs graveurs de DVD,
capables de gérer des disques de 4,7 Go, l’histoire prends l’allure d’un
cauchemard pour l’avenir de cette norme (entre temps, certains utilisent
des solutions de sauvegarde sur bande DAT pour “copier” parfaitement des
DVDs…).
Le MPAA et les fabricants réfléchissent actuellement à la meilleure façon de
colmater la brèche:
- La solution la plus sûre consisterait à abandonner les actuelles 400
clés CSS, et à en fabriquer des autres. Mais ci-faisant, aucun
des DVD disposants des nouvelles clés ne marcherait sur les lecteurs
actuels. Si les patchs sont tout à fait faisables pour les DVD-Rom,
tous les lecteurs de DVD dans les foyers mondiaux devraient faire un
détour obligé par le SAV, pour une upgrade complète de ses entrailles.
Brrr… De plus, cette solution n’est pas guarantie de fonctionner car
un examen attentif de l’algorithme de cryptage révèle d’autres failles
plus “fondamentales” qui font que l’on doit pouvoir se passer purement
et simplement de cette clef !
- Une deuxième solution beaucoup moins cauchemardesque serait de rendre
plus dissuasive la copie des DVD. Autrement dit, en augmentant de façon
radicale le bitrate des programmes, en faisant en sorte qu’un film de 90
minutes s’étale sur un disque à double couche. Cela impliquerait
l’arrivée rapide du DVD-18, sinon adieu suppléments…
- La troisième voie -la plus logique- est celle du “wait and see”
(attendons pour voir). Si les actions poing de fer des avocats des
firmes hollywoodiennes se révèlent efficaces, la diffusion du DeCSS
pourrait se limiter aux cercles confidentiels “underground”, ce qui
empêcherait une diffusion à large échelle du piratage du DVD. De plus,
il faut considérer que le mal n’est pas si terrible que Hollywood
voudrait le faire croire puisque le principe “légal” du CSS fait
qu’il n’y aura jamais de copieur de DVD officiel. Aucun logiciel avec
“pignon sur rue” et en vente libre ne peut proposer de copier parfaite
de DVD. Le cauchemard vécu actuellement par les éditeurs de CD audio
(on trouve des copieurs de CD audio pour chaîne hifi, en vente chez
Carrefour et produits par Philipps !) ne se reproduira jamais avec le
DVD.
Selon la tournure des événements dans les semaines à venir, il se pourrait que
le lancement des graveurs de DVD grand public soit retardé de quelques mois,
en attendant de trouver une solution contre les copies sauvages. Mais DeCSS a
entretemps causé des dommages gravissimes au sein d’Hollywood, parmi tous les
sceptiques (en commençant par Disney) de l’efficacité de la protection du DVD.
On le sait bien, “E.T.”, “Les dents de la mer”, et les sagas de “Star Wars” ou
“Indiana Jones” ne sont toujours pas annoncées en DVD. Seul le futur dira si le
cas DeCSS contraindra les moguls à remettre dans le tiroir les titres les plus
attendus par les fans, en attendant des jours meilleurs…
Attention : dvdfr.com ne fournira aucune information “concrête”
à propos de ces outils de piratage, ni URL, ni download, ni rien. Il est inutile
de nous contacter à ce sujet. Si vous voulez en savoir plus, faites vous même
des recherches sur le net. Nous ne cherchons pas à encourager le piratage,
bien au contraire, il nous semble simplement de notre devoir d’informer sur
un “fait d’actualité”.