19 mai 2004 — Ces jours-ci commence la grande compagne anti-piratage
du Syndicat National des Editeurs Phonographiques intitulée
“La musique a un prix”. C’est donc la guerre ouverte
entre les éditeurs de musique et les pirates usant des
systèmes d’échange de fichiers (peer-to-peer, P2P)……
L’origine de la guerre
D’après les
divers syndicats d’éditeurs, outre-atlantique comme en Europe,
les échanges P2P sur Internet sont responsables de la plongée
de leurs revenus et mettent donc en péril leur activité.
Les diverses législations sont par ailleurs très
claires sur le sujet : l’obtention de musique par ce biais viole
le droit d’auteur et est donc interdite. La campagne anti-piratage
bat d’ailleurs son plein en France comme aux Etats-Unis. Une vague
d’attaques a sévi là bas il y a quelques mois (on se
souvient de cette fillette de 12 ans réduite à payer
2000 dollars à une major pour ne pas aller au procès
(Slashdot.org, 9 oct 03)). Une campagne publicitaire coup-de-poing est diffusée en
ce moment même en France (Libération, 4 mai 04) et montre du doigt (c’est le cas
de le dire !) les pirates de l’Internet.
Mais regardons un instant les chiffres en face :
|
Ventes de disques |
Ventres de DVD+VHS |
Total CD+Video |
Comptes Nationaux |
| C.A. |
C.A. |
C.A. |
PIB |
Dépenses Ménages |
| M Euros | % Var |
M Euros | % Var |
M Euros | % Var |
G Euros | % Var |
G Euros | % Var |
| 2000 |
1125 | |
| |
| |
1,36 | |
726 | |
| 2001 |
1247 | +10,26 |
723 | |
1970 | |
1,39 | +2,12 |
746 | +2,72 |
| 2002 |
1302 | +4,34 |
985 | +30,68 |
2287 | +14,91 |
1,4 | +1,08 |
759 | +1,73 |
| 2003 |
1112 | -15,74 |
1132 | +13,89 |
2224 | -1,9 |
1,41 | +0,5 |
772 | +1,7 |
(sources : SNEP (SNEP), SEV (SEV), INSEE (INSEE)).
La situation nationale
tout d’abord. Alors que depuis 3 ans la croissance du PIB plonge pour
être ramenée à une croissance quasi nulle en 2003
(+0.5%), les dépenses des ménages continuent de croître
à un rythme certes moindre (+1.7% en 2003).
Les ventes de CD, en
chiffre d’affaire, subissent effectivement depuis 2001 une chute
astronomique de leur progression (+10% en 2001 vers +4% en 2002 puis
-16% en 2003). On ne peut nier cet état de fait (contrairement
à ce qui a été invoqué par certains
responsables de grands magasins, les ventes de CDs en 2003 ne sont
pas les meilleures de toute l’histoire du CD, c’était par
contre effectivement le cas en 2002).
D’où la grogne
des éditeurs de CD regroupés au sein du SNEP.
Ce qui est intéressant
par contre est de poser à côté de ces chiffres
ceux des ventes d’un autre produit culturel proche dans le coeur des
consommateurs : la vidéo (VHS et surtout DVD). Et là
on voit le phénomène inverse : la progression
phénoménale de ce secteur d’activité : +30%
en 2002 ! et encore +14% en 2003. Le fantastique boom du “home
video” et du DVD explique bien sûr cette progression.
Alors que la VHS “achetée” n’était jamais
réellement entrée dans les moeurs des Français,
le DVD a réussi à s’imposer dans les foyers.
Mis bout à bout,
les chiffres de chiffre d’affaire de l’audio et de la vidéo
montrent une forte progression en 2002 (cf. le boom du DVD cette
année) et un résultat en très léger
retrait en 2003 (-2%).
Hors, les dépenses
à la consommation des ménages français étant
dans l’ensemble stable, il est clair que leur budget “culture”
(consituté pour la plus grande partie par CDs et DVDs, le
livre venant loin derrière) est lui aussi relativement figé.
C’est donc de façon
cohérente que l’on peut associer le chiffre d’affaire cumulé
audio + vidéo stable avec des dépenses de consommation
des français stable. La conclusion de cette analyse simple est
sans appel :
La chute des ventes
de CDs provient en grande partie d’un report des dépenses
culturelles des français vers le nouveau support à la
mode : le DVD.
Le piratage via
Internet n’a rien à voir là dedans. Cette analyse
facile à mener à partir de ces chiffres disponibles
pour la France est également vraie outre-atlantique, comme
l’ont montré des chercheurs américains (University of North California).
Cette étude
estime de plus que les échanges de musique via Internet
fonctionnent en fait auprès des internautes beaucoup plus
comme une radio : elle favorise l’écoute “préalable”
de musique qui peut se solder au final en achat. Ils estiment même
que pour la musique la plus écoutée, pour 150
téléchargements gratuits sur Internet une vente de CD
supplémentaire est générée. Ils avouent
par contre que les petits artistes, moins connus, ont plus à
pâtir du téléchargement.
Bref, la conclusion de
ces chercheurs est claire : le téléchargement n’a
qu’un impact économique très limité, très
loin de ce qui est annoncé par les lobbys du disque.
Tous coupables !
A partir du moment où
l’origine du mal est clairement identifiée (même si
c’est à tort), et vue la démocratisation des
connections Internet (y compris à haut débit) la
plupart des maisons de disques ont dès lors considéré
que l’ensemble de la population est a priori coupable.
Le mot d’ordre est
simple : il faut tordre le coup aux échanges peer-to-peer
et empêcher à tout prix la copie digitale de la musique.
Trois pistes sont alors explorées :
La lutte contre la
copie digitale elle même tout d’abord (la source même
du piratage, la conversion du CD vers le fichier MP3). De plus en
plus de disques sont mis dans les bacs avec des mesures “anti-copie”
plus ou moins évoluées. Au grand dam des consommateurs
honnêtes. Impossible désormais de créer des
compilations pour sa voiture. Impossible de transférer le
contenu de ce CD vers son baladeur MP3. Parfois même
impossibilité de lire le disque sur un lecteur de CD non
compatible. Et bien entendu… impossible de lire le CD sur un
ordinateur.
Oh bien sûr
certains disques ainsi protégés contiennent un logiciel
censé permettre la lecture sur PC. Mais ces logiciels sont
bien souvent buggés et ne fonctionnent que sous MsWindows (les
afficionados d’Apple ou de Linux se voient ainsi interdire
l’exploitation de leur achat).
UFC/Que Choisir a
intenté une action en justice contre EMI pour tenter de faire
lever ces protections pour plusieurs raisons :
Elles rendent ces
disques impropres à leur utilisation normale,
Elles brident la
possibilité de l’utilisateur d’effectuer des copies pour
usage privé,
Elles rendent ces
disques non conformes à la norme “CD Audio”.
Le jugement obtenu du
TGI de Nanterre reste mitigé (Libération, 3 sept 03). Le tribunal a bien reconnu
que ces mesures anti-copies équivalent à un vice caché
sur le produit. A ce titre, le consommateur peut demander l’échange
ou le remboursement du produit. Afin de prévenir ces actions,
les revendeurs font désormais attention à bien
mentionner sur les disques la présence de ces protections
(mention “non lisible sur PC”). Par contre, le tribunal a
refusé de rendre ces mesures anti-copies illégales.
UFC/Que Choisir recense
actuellement plus de 400 disques ainsi protégés (UFC/Que Choisir).
La lutte contre les
réseaux peer-to-peer ensuite.
De nombreuses actions ont été tentées par les
majors du disque contre les réseaux qui ont “pignon sur
rue” (Kazaa, Napster…). Napster a ainsi pu être
contraint de fermer son réseau (aux U.S.A). A pays différent
législation différente, Kazaa par contre est resté
pour le moment impuni (au Pays Bas) (Droit et Nouvelles Technologies, 23 mai 02).
Le débat est
classique : une société qui fournit un produit qui
peut être utilisé pour pirater du contenu couvert
par le droits d’auteur est elle responsable de l’usage qui en est
fait par ses utilisateurs ? Un réseau peer-to-peer peut
être utilisé pour diffuser de façon économique
et efficace n’importe quel contenu (par exemple la société
Française MandrakeSoft utilise un réseau p2p pour
distribuer sa version de Linux). Est-ce la faute des fournisseurs de
tels logiciels si les internautes n’échangent majoritairement
que du contenu illicite ?
La lutte contre les
internautes enfin.
Les actions en justice ciblées contre des internautes
utilisateurs des systèmes d’échanges se multiplient
désormais aux Etats-Unis comme en France.
Aux Etats-Unis elle a
pris la forme d’une vaste campagne d’intimidation envers des
téléchargeurs zélés (Slashdot.org, 9 oct 03). Ceux-ci ont en
effet reçu un courrier d’avocat les intimants à verser
une somme forfaitaire à titre de dommages et intérêts
pour éviter le procès. Cette manière de négocier
à l’amiable avant le procès (le plaider coupable)
est courante outre-atlantique et permet aux lobbys d’obtenir gain de
cause grâce à leur puissants cabinets d’avocats sans
même aller jusqu’au procès.
En France, cette lutte
se manifeste par des interpellations suivie d’actions en justice
(effectuées pour le compte du SNEP comme du SEV : audio
et vidéo, même combat). Initalement ciblée sur
des contrefacteurs pratiquant un traffic autour de ces contenus
téléchargés (Musique Magazine, 3 fév 04), les attaques ciblent désormais
des internautes qui téléchargent uniquement à
titre privé (NJuris.com, 3 mai 04).
Au final, puisque tous
les utilisateurs sont des pirates en puissance, il est logique que le
lobby de l’industrie du disque ait réussi à faire voter
dès 1985 le prélèvement de taxes sur les
médias (Taxe
Brun-Buisson). A l’époque l’échange via Internet
n’était pourtant pas à craindre et l’industrie du
disque connaissait une croissance bien plus soutenue que le reste de
l’économie… Actuellement, tout acheteur de média
numérique paye cette taxe, même s’il utilise ces média
pour copier des données ou du contenu dont il a acheté
les droits… Les sommes ainsi récoltées sont reversées
à la SACEM puis aux artistes (en ayant au passage financé
un nombre incalculable de fonctionnaires administratifs…).
 | |
| CD-R | 0,33 ¤ |
| DVD-R | 1,50 ¤ |
| Disquette | 0.015 ¤ |
| Baladeur jusque 5 Go | 8
¤ |
| Baladeur 5 à 10
Go | 10 ¤ |
| Baladeur 10 à
15 | Go 12 ¤ |
| Baladeur 15 à
20 Go | 15 ¤ |
| TOTAL PERCU en
2002 | 135 M ¤ |
Sources : (LégiFrance) (01Net, 16 juin 03)
Le chemin de croix du consommateur
Imaginez : je suis
un consommateur honnête et “dans le vent”. J’ai un
lecteur de CD à la maison, un dans ma voiture, un ordinateur,
un baladeur numérique. J’aime la musique électronique.
Goldfrapp, jeune artiste “electronica” vient de sortir
son nouvel album “Black Cherry”. Je me précipite
chez mon revendeur favori et débourse 21 ¤ pour ce CD de
43 minutes (soit pas moins de 2,10¤ par chanson ou encore près
de 0,50 ¤ la minute de musique…).
Ce CD est “Copy
Controlled”. Cela signifie que :
Je ne peux pas le
lire sur mon ordinateur,
Donc je ne peux
pas le transférer sur mon lecteur MP3,
Donc je ne peux
pas en faire une copie pour écouter dans ma voiture (sachant
que les CDs qui trainent dans la voiture sont très largement
malmenés et que je ne tiens pas à sacrifier un CD à
ce prix…)
Au final, ce disque est
clairement impropre à l’usage normal d’un CD. Pourtant, en
restant honnête, je n’ai pas le choix. Soit j’accepte de ne
pouvoir lire ce CD que dans le confort douillet de mon salon. Soit je
le rends à mon revendeur et me le fait rembourser (mais alors
je ne peux plus écouter cette musique…).
Grâce aux mesures
de protection anti-copie, le consommateur ne peut plus à la
fois être honnête et profiter normalement de ses produits
culturels !!
La seule solution qui
me reste pour écouter Goldfrapp comme je le souhaite est de
pirater cet album sur internet ou de trouver un moyen de contourner
la protection. Le téléchargement est à la limite
de la légalité (ai-je le droit de télécharger
une copie pirate d’un disque que j’ai par ailleurs acheté
légalement ?). Le contournement est déjà
illicite dans certains pays (aux Etats-Unis, la législation
D.M.C.A. interdit de contourner une mesure de protection) et risque
de le devenir bientôt en France (l’Europe prévoit en
effet de transposer la législation D.M.C.A. sous la forme de
la directive E.U.C.D. (EUCF.info)).
Via ces mesures de
protection et les lois interdisant de les contourner, c’est notre
droit à la copie privée qui est clairement remis en
cause. Si la situation semble évoluer enfin dans le bon sens
aux Etats-Unis avec l’examen d’amendements au D.M.C.A. pour remettre
la copie privée au premier plan (Clubic, 11 mai 04), en France la
jusrisprudence confirme au contraire que la copie privée est
remise en question (UFC/Que Choisir a en effet été
déboutée à plusieurs reprises dans ses demandes
de faire lever les mesures anti-copie aussi bien sur les CDs que sur
les DVDs (Libération, 3 sept 03) et (France 2)).
Fausse piste : la dématérialisation
La réponse des
maisons de disques à ce problème est en train de
débarquer en Europe après quelques expérimentations
outre-atlantique : la dématérialisation de la
culture. Puisqu’on ne peux plus extraire des fichiers
informatiques depuis les CDs, on va simplement nous vendre
directement ces fichiers (munis des protections efficaces pour nous
empêcher de les rediffuser sur Internet, bien sûr).
La position du
consommateur empire alors. Non seulement il doit payer pour le
morceau de musique (moins cher nous promet-t-on), mais il doit
également payer pour les moyens techniques de reproduction
(l’ordinateur, le graveur CD) ainsi que pour le média physique
(le CD-R). Ultime paradoxe, le consommateur se retrouve à
payer des droits d’auteurs en double (une fois de façon
forfaitaire grâce à la taxe Brun Buisson sur le CD-R,
une fois dans les morceaux de musique achetés sur Internet).
Supposons donc que
cette pratique se généralise, que la musique ne soit
plus proposée à la vente que de manière
dématérialisée. Prenons de plus quelques
hypothèses réalistes : un consommateur qui achète
2 albums par mois (ce qui est déjà pas mal), qui change
son ordinateur tous les 4 ans (ce qui est déjà
beaucoup), qui utilise son ordinateur à 25% pour la musique,
et qui a payé son ordinateur 1000 euros. Supposons enfin qu’un
album lui coûte 10 ¤ sur Internet (équivalent des
10$/album pratiqué sur l’iTunes Music Store aux Etats-Unis).
 | |
| Coût de
l’ordinateur 25% x 1000 ¤ / 4 ans | 62 ¤ / an |
| Coût des média
CD-R 0.33 ¤ * 2 * 12 | 8 ¤ / an |
| Coût des
fichiers 10 * 2 * 12 | 240 ¤ / an |
| TOTAL | 310 ¤ / an |
Comparons ceci à
un consommateur qui continue d’acheter ses CDs traditionnels qu’il
paye en moyenne 15 ¤ (parfois il doit payer le prix fort jusqu’à
plus de 20 ¤, parfois il peut acheter des CDs à prix
réduit de l’ordre de 10¤).
 | |
| Coût des CDs 15 * 2 * 12 | 360 ¤ / an |
On voit nettement que
pour un consommateur “moyen” l’économie réalisée
en achetant ses morceaux sur Internet est très rapidement
compensée par le fait de devoir graver soi-même ses
disques. Et tout ça pour obtenir au final un produit “sous
qualifié” :
Durée de
vie moindre qu’un vrai CD,
Qualitié
audio (bien) moindre qu’un vrai CD,
Pas de packaging
(livret, jaquette, sérigraphie sur le disque),
Perte de temps du
consommateur à faire en amateur ce que l’industrie faisait
professionellement pour lui.
On voit donc
clairement que la dématérialisation de la musique de
fait que diminuer l’intérêt du consommateur dans l’achat
en lui imposant des coûts et des contraintes de plus en plus
élevées.
Ce discours se place de
plus dans un monde utopique où l’achat de musique en ligne est
un acte qui va de soi. Or plusieurs facteurs bloquants risquent de
freiner le mouvement vers ce nouveau type de commerce culturel :
La
multiplication des formats incompatibles. Le MP3 n’étant
pas protégé contre la copie, chaque fournisseur de
logiciel / matériel a défini son propre format
protégé, tous incompatibles entre eux (Apple et son
AAC, Microsoft et son WMA, Real Media, …). Ainsi un fichier acheté
sur un site de vente consruit sur la technologie Microsoft sera
illisible sur un lecteur iPod. Inversement un fichier acheté
sur l’iTune Music Store de Apple sera illisible sur un lecteur
Creative Labs.
La qualité
n’égale pas celle d’un CD. Même si les formats de
musique sur Internet on fait de gros progrès, ils n’égalent
pas en qualité un véritable CD. Cela met un frein à
l’adoption de la musique en ligne par les audiophiles (clientèle
exigente des secteurs musique classique et jazz notamment).
La pérénité
des achats n’est plus assurée. Qui peut prétendre
que les fichiers achetés sur telle ou telle plateforme seront
encore lisible dans 10 ans ? La guerre actuelle entre les
formats incompatibles causera forcément des “dommages
collatéraux”. Certains formats disparaîtront à
terme… et les logiciels capables de les lire de même. Le
public est-t-il prêt à payer le prix fort pour de la
culture “volatile” ? Outre l’aspect économique
de ce point, il ne faut pas négliger l’aspect affectif que
nous accordons aux produits culturels. La possibilité de
continuer d’y accéder sur le long terme (nostalgie,
constitution d’une collection…) voire de les léguer aux
générations futures n’est pas négligeable. Ce
n’est pas pour rien que le disque vinyle est toujours présent
dans de nombreux foyers.
En attendant une nouvelle voie
Au vu de tous ces
dysfonctionnements, l’industrie musicale est clairement dans une
impasse. A force de considérer a priori le consommateur
comme un pirate en puissance, il est désormais matériellement
impossible de jouir normalement de produits musicaux achetés
légalement. Les solutions proposées sous la forme
d’achat de musique sur Internet ne sont pas non plus satisfaisantes,
loin s’en faut.
Il y a donc fort à
parier que les ventes vont continuer à baisser, voire qu’un
sentiment de ras-le-bol s’installe chez les consommateurs :
marre de devoir payer toujours plus pour en avoir toujours moins.
Et il est inutile ici
de rentrer dans la polémique du fonctionnement des maisons de
disques. D’aucuns prétendent, soutenus par de solides
argumentaires, que cette manne financière ne sert même
pas à aider les artistes mais uniquement à payer de
gros salaires aux dirigeants des majors et à leurs
actionnaires (Downhill battle). Vu du consommateur moyen, à la limite, peu
importe où va l’argent. Ce qui compte pour le moment c’est
qu’il doit payer et payer encore pour une musique qu’il ne peut même
plus écouter…
Sauf que si les majors
elles-même n’arrivent pas à trouver une solution
satisfaisante et respectueuse de leurs clients, il faudra bien que la
relève vienne d’ailleurs, de nouvelles formes de syndications
de droits d’auteurs.
Bref, la nouvelle voie
culturelle reste à dessiner, mais si les majors veulent en
être les acteurs, ce n’est certes pas à grand coup de
procès contre quelques pirates qu’ils vont y arriver.