07 sep 2004 — 30 ans. Une maturité reconnue. Un président d’exception : Steven Spielberg emmène
Deauville au 7ème Ciel… cette édition va laisser des traces……
Venu présenter en compagnie de Tom Hanks son dernier film “Le Terminal” (voir notre critique), Steven Spielberg
a fait décoller un Festival que les errances Lelouchienne avaient assombri. Une fois le premier volet du “Genre
Humain” projeté (voir notre critique) et la zone de turbulences passée, le capitaine Spielberg a repris les
commandes. Sa seule apparition a déchaîné les foules prêtes à attendre des heures coincées dans les files
d’attente du “Terminal” pourvu qu’ils aient la chance d’entrapercevoir Spielberg.
Spielberg est venu, Spielberg a vu, Spielberg a vaincu, emportant l’adhésion de tous par son immense talent
et son infinie simplicité. La conférence de Presse débute. L’occasion pour lui de rappeler l’influence capitale
de Truffaut sur son oeuvre, d’invoquer Jacques Tati comme source d’inspiration pour Viktor Novorski (le héros du
Terminal) et d’enchaîner sur son amour du cinéma. Spielberg aime expérimenter. Il utilise ses films comme
laboratoires, abordant tour à tour des genres divers et variés. Son rêve demeure de filmer une comédie musicale.
Sa passion : l’histoire et le documentaire.
La conférence de presse est sur le point de s’achever. Vient alors LA question tant attendue. Y aura-t-il bientôt
un “Indiana Jones 4” ? Réponse : “oui, j’espère même commencer le tournage l’année prochaine” ! Le soir il y
aura la projection de son film “Le Terminal”. L’émotion est palpable : l’un des maîtres du cinéma contemporain
nous fait l’honneur de sa présence. Les festivaliers sont en pamoison. La 30ème édition du Festival de Deauville
est désormais sur un nuage !
Le Festival de Deauville a Matt Damon dans la peau
Matt Damon est le chouchou des festivaliers. Gueule d’ange, l’oeil profond, l’éphèbe fixe intensément la foule.
Lui vient alors immédiatement ce sourire si enjôleur qui le caractérise. Sourire de contentement : on le serait
à moins puisque “La Mort dans la Peau” ramasse quelques 150 millions de dollars aux
Etats-Unis, surpassant ainsi le premier volet mais aussi les rouleaux compresseurs du moment intitulés “Catwoman”
(voir notre critique) ou bien encore “Collateral”. Mais aussi sourire affable d’un
homme-enfant aux qualités humaines indéniables.
Entouré du réalisateur et du producteur, il se livre avec beaucoup de simplicité au jeu des questions / réponses.
Est-ce que cela a été dur de reprendre le rôle de Jason Bourne ? Non, il a bien au contraire eu avec le premier
volet le temps de s’en imprégner et de s’y préparer. Etait-ce excitant ? Oui. Place ensuite aux généralités. L’acteur
honnête jusqu’au bout avoue n’avoir aucun plan de carrière, se laisser porter par les sujets et les cinéastes. Le
jeune homme rougit à la seule évocation qu’il fût un artiste accompli. Certes, il écrit, joue et produit mais il
voudrait un jour passer derrière la caméra.
Paul Greengrass, réalisateur de “La Mort dans la Peau” et de Bloody Sunday (Edition Simple) le confirme. Matt Damon est
adorable à tous points de vus. Et cette implication dans le rôle de ce personnage qui lui ressemble explique
les scores indécents obtenus par le film. Après Deauville, Hollywood a désormais Matt Damon dans la peau. Le
Festival sera contraint de faire ménage à 3.