True Blood - L'intégrale de la Saison 2 (2009) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par Daniel Minahan
Avec Anna Paquin, Stephen Moyer et Sam Trammell

Édité par HBO

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Le 06/07/2010
Critique

Nouvelle création du fameux Alan Ball à qui l’on doit les inoubliables cinq saisons de Six Feet Under qui retraçaient la lutte de toute une famille pour survivre au décès accidentel du patriarche croque-mort. Alan Ball s’est fait pardonner un trop long silence en revenant nous voir avec un beau cadeau dans sa valise, la belle histoire d’amour de Bill, lieutenant pendant la guerre de sécession, maintenu par la belle et vénéneuse Lenora la vampire dans une non-vie éternelle, toujours jeune et beau un siècle et demi plus tard, quand il tombe amoureux, à Bon Temps, un petit village de Louisiane au bord des bayous, de la jeune Sookie Stackhouse, serveuse dans le restaurant de Sam ; sur les étagères du restaurant - pas dans le frigo, ce serait une faute de goût - la boisson favorite des vampires, le Tru:Blood, qui a la couleur du sang, le goût du sang, mais n’est pas du sang (disponible dans tous les groupes, y compris le rarissime et très apprécié AB- !). Sookie a un pouvoir, celui d’entendre les pensées des autres : déroutée par les divagations libidineuses des hommes, elle avait, jusqu’à son coup de foudre pour Bill le vampire, conservé sa virginité, bien qu’abusée, encore enfant, par son grand-oncle ; le rôle est tenu par Anna Paquin, la fillette de La Leçon de piano, qui, 24 rôles plus tard, a joliment poussé et été couronnée par un Golden Globe de la meilleure interprétation pour sa prestation dans la série. À ses côtés l’Anglais Stephen Moyer (Bill) dont l’accent tranche avec celui de l’interprète de la femme de sa « vie », pourtant née au Canada et élevée en Nouvelle Zélande !

La saison 2 accorde une grande place à deux personnages inquiétants, le fanatique pasteur Newlin à la tête d’une milice levée pour l’extermination des vampires, les Soldiers of the Sun et Maryann, le mal à l’état pur, prêtresse de Dionysos, qui possède l’âme des villageois pour les entraîner dans de sanglantes orgies. À signaler aussi l’excellente Rutina Wesley, déjà très présente dans la saison 1, dans le rôle de Tara Thornton.

Un autre personnage fait son entrée dans la série, celui de la jeune Jessica qui, après avoir été mordue par un vampire avec l’insistance requise pour la faire entrer dans le monde des non-vivants, tombe amoureuse de Hoyt, un garçon de son âge ; mais la pauvre est condamnée à rester vierge jusqu’à la fin des temps, son hymen se régénérant après chaque rapport amoureux ! Encore une belle histoire d’amour, un tantinet risquée, entre vampire et humain qui nous rappelle celle de Buffy et d’Angel dans Buffy contre les vampires, celle de Claudia et de Louis dans Entretien avec un vampire ou encore, celle de Minna et de Dracula dans le magnifique Dracula de Francis Ford Coppola.

Le récit fait voyager dans le temps, jusqu’à 2 000 ans en arrière, quand Eric le Viking est devenu vampire ou encore à l’époque de la prohibition et du Charleston, nous fait suivre les ébats sylvestres de deux shapeshifters (des humains capables de se transformer en animal), nous invite dans le somptueux palais d’une reine vampire qui trompe son ennui en jouant aux dés après s’être goulûment désaltérée à l’artère fémorale d’une fille tout offerte, nous fait partager les souffrances des infortunés prisonniers que des vampires rebelles ont enchaînés à une roue, dans un sous-sol sombre et humide…

Aucun doute, l’imagination d’Alan Ball a, encore une fois, été fertile. Peut-être trop au goût de certains, qui pourraient trouver trop foisonnant le scénario inspiré d’une collection de romans de Charlaine Harris, The Southern vampire mysteries.

Ajoutent au plaisir procuré par cette oeuvre la qualité des dialogues (voir par exemple la conversation sur l’oreiller entre Sookie et Bill au début de l’épisode 2), de beaux moments poétiques, comme la fin tragique de Godric qui, après trois millénaires, décide de dire adieu à sa trop longue « non-vie » en s’offrant aux premiers rayons du soleil sur la terrasse d’un gratte-ciel de Dallas et des scènes érotiques filmées avec un indiscutable bon goût.

Voilà un enivrant cocktail de sociologie, de fantastique, d’horreur, de poésie, d’amour, d’érotisme et d’humour, mis en valeur par une belle photo et la musique remarquable de Nathan Barr. Plus épicée que le très médiatisé Twilight - Chapitre 1 : Fascination et sa séquelle Twilight - Chapitre 2 : Tentation, cette oeuvre vient remplir le vide laissé par l’interruption après une seule saison de l’intéressante mini-série Moonlight, qui explorait aussi, dans un registre moins poétique, la cohabitation entre humains et vampires.

Une mention spéciale au générique, composée d’une succession effrénée de courts plans, en couleur et en noir et blanc, parmi lesquels apparaissent des scènes d’émeutes raciales et de fanatisme religieux, évocatrices de la série, avec pour accompagnement la fameuse chanson « I Wanna Do Bad Things With You ».

En attendant la sortie sur DVD et Blu-ray de la saison 3, dont HBO a lancé la diffusion le 13 juin 2010…

Généralités - 4,0 / 5

Le coffret de cinq disques s’insère dans un étui de carton orné d’une photo presque en noir et blanc de Bill, penché sur Sookie : deux petites blessures au cou, deux petits filets de sang (bien rouge !) du plus bel effet.

Des infos techniques détaillées au dos de l’étui et une navigation facile dans des menus généreux. Un récap’ de la saison 1, preview des épisodes suivants…

Si l’accès au menu principal est assez long (2 minutes avec le lecteur de ce test), un flacon de Tru:Blood apparaît très vite sur l’écran noir, se remplit et se vide, pour nous dire que la procédure suit son cours.

Des menus en français auraient pu être utiles à certains.

Bonus - 4,0 / 5

Enhanced viewing (vision améliorée) accessible pour chacun des douze épisodes offrant :
- character perspectives qui fournissent en picture in picture des informations complémentaires sur certains personnages,
- flashbach/flashforward : retours en arrière sur certains points-clés du récit et sauts en avant, avec possibilité de reprendre le déroulement normal du récit avec les touches de déplacement gauche et droite,
- pro/anti vampire feeds : infos sur les deux camps, pro et anti vampires, en fonction du camp choisi,
- hints/FYI : sous forme de textes superposés à l’image, petites choses utiles à connaître.

Cette remarquable interactivité, propre à l’édition sur Blu-ray, n’est malheureusement offerte qu’à celles et ceux suffisamment à l’aise avec la langue de Shakespeare : la fonction enhanced viewing, n’accède qu’à la version originale et désactive les sous-titres ; cette particularité est indiqué au dos de l’étui.

Commentaires de six épisodes par Alan Ball, des scénaristes, des réalisateurs et six acteurs, en anglais, sans sous-titres, ce que l’étui ne mentionne pas.

Character perspectives : quatre des personnages interviennent plusieurs fois pour chaque épisode (ou presque) pour nous confier des anecdotes, cette fois en plein écran et… avec des sous-titres dont étaient nécessairement privés les inserts PIP.

Fellowship of the Sun: reflections of light. L’inquiétant pasteur Newlin et sa femme Sarah nous délivrent quatre prêches (autour de 3 minutes chacun) sur l’abomination des relations sexuelles avec les vampires et l’ardente obligation de fidélité conjugale ; Sarah apparaît la plus convaincante, bien qu’elle ait avidement, et sous nos yeux indiscrets, trompé son pasteur de mari avec Jason Stackhouse !

The Vampire report: Special edition (24’). Suite de courts reportages présentés à la télévision par Victoria Davis (Emma Buckley) sur le thème de la coexistence entre humains et vampires, entrecoupés de pubs ; l’une vante les qualités d’une nouvelle boisson « V Longate », substitut au sang de vampire, puissante drogue dont le commerce est prohibé ; une autre invite les humains à un dépistage de l’hépatite D, qui s’est révélée dangereuse pour les vampires. Dans l’actualité, l’arrestation d’un vampire âgé de 278 ans, démasqué par son ADN, pour un meurtre commis en… 1857 ! Ce qui soulève immédiatement l’angoissante question : n’est-il pas « inhumain » de condamner un vampire à perpétuité ? Désormais, il n’est plus politiquement correct d’employer le terme « vampire » ; on doit dire : « Vampire American ». Une pochade pince-sans-rire d’un bon niveau, autre chose que les redoutables bonus d’auto-congratulation !

Ces trois derniers bonus sont au format MPEG4-AVC, 16/9, avec un son DTS stéréo et sous-titrables en français.

Image - 4,5 / 5

L’encodage MPEG4-AVC est parfait. Une excellente définition met en valeur les savants clairs-obscurs des nombreuses scènes filmées la nuit (c’est bien connu, les vampires apprécient peu le soleil !)

Son - 4,5 / 5

DTS-HD Master Audio 5.1 d’une clarté exceptionnelle pour la version originale, nettement plus enveloppant que le son DTS 5.1 de la version doublée en français, pourtant de bonne qualité. Des basses un peu trop gonflées pour certaines ambiances musicales.

Configuration de test
  • Vidéo projecteur InFocus IN76
  • Panasonic DMP-BD30
  • Denon AVR-3806
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918 (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080i - Diagonale image 270 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

4,5
5
1
4
1
3
0
2
0
1
0

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Jax Teller
Le 9 décembre 2010
Pas de commentaire.
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Philippe Gautreau
Le 8 juillet 2010
Pas de commentaire.

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