Twixt (2011) : le test complet du Blu-ray

Combo Blu-ray + DVD

Réalisé par Francis Ford Coppola
Avec Val Kilmer, Bruce Dern et Elle Fanning

Édité par Pathé

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Le 13/12/2012
Critique

Un écrivain sur le déclin arrive dans une petite bourgade des Etats-Unis pour y promouvoir son dernier roman de sorcellerie. Il se fait entraîner par le shérif dans une mystérieuse histoire de meurtre dont la victime est une jeune fille du coin. Le soir même, il rencontre, en rêve, l’énigmatique fantôme d’une adolescente prénommée V. Il soupçonne un rapport entre V et le meurtre commis en ville, mais il décèle également dans cette histoire un passionnant sujet de roman qui s’offre à lui. Pour démêler cette énigme, il va devoir aller fouiller les méandres de son subconscient et découvrir que la clé du mystère est intimement liée à son histoire personnelle.

Dix ans après L’Idéaliste, Francis Ford Coppola était revenu derrière la caméra en adaptant à l’écran une nouvelle écrite par le philosophe Mircea Eliade, L’Homme sans âge, ouvrant alors au cinéaste une nouvelle carrière placée sous le signe de la liberté totale, l’autofinancement et une ère créatrice inédite confirmée ensuite par Tetro, chef-d’oeuvre d’émotions doublé d’une splendeur visuelle à couper le souffle. A l’instar de ses deux précédents films, Francis Ford Coppola signe avec Twixt une transposition d’un rêve qu’il a fait suite à une soirée trop arrosée en Turquie et livre un nouveau film inclassable, un patchwork d’idées visuelles, sonores et narratives qui ne peuvent laisser indifférent.

Comme il était inévitable de rapprocher le personnage principal de L’Homme sans âge incarné par Tim Roth et le cinéaste lui-même, il en est de même dans Twixt avec le personnage de Val Kilmer (excellent), écrivain jugé has-been qui tente un comeback.

Si Twixt n’a pas la même force que ses deux oeuvres précédentes et se perd dans son dernier tiers, Francis Ford Coppola continue ses nouvelles recherches sur le cinéma, loin des contraintes des studios hollywoodiens et perd le spectateur entre le rêve et la réalité, le succès et l’échec, la vie et la mort. Doté d’un budget modeste, le film fourmille de plusieurs dizaines d’idées simultanées qui peuvent perdre le spectateur rapidement s’il n’accroche pas d’emblée au ton adopté.

Comme son premier long-métrage Dementia 13 réalisé en 1963, Twixt est un film gothique où cette fois, le spectateur se doit de détenir les différentes clés pour rentrer dans l’histoire. Que se soient les films précédents du cinéaste, qui évoque les phases et thèmes exploités à travers toute sa filmographie, mais également la perte d’un fils tragiquement disparu dans un accident de speedboat il y a plus de 25 ans et dont la mort le hante encore.

Généralités - 4,5 / 5

Le visuel de la jaquette est légèrement recadré par rapport à celui de l’affiche du film. La sérigraphie, le menu principal animé et musical et la jaquette sont très élégants. L’ensemble est glissé dans un surétui.

Bonus - 4,0 / 5

Francis Ford Coppola a confié la réalisation du making of de Twixt (41’) à sa petite-fille Gia. Il n’est donc pas étonnant que le réalisateur soit visible les 3/4 du temps. On suit avec délice ce documentaire qui nous plonge dans les coulisses de cette petite production de 7 millions de dollars, où règne une ambiance décontractée, même si Francis Ford Coppola fulmine quelque peu le premier jour de tournage, suite à la retenue d’Elle Fanning par la Paramount. C’est aussi l’occasion de voir la bonne entente entre le metteur en scène et son comédien principal Val Kilmer, souvent perdu dans ses délires, le système D mis en oeuvre pour palier au manque de moyens, tandis que Francis Ford Coppola revient sur la genèse de Twixt, issu d’un rêve fait à la suite d’une soirée arrosée au raki lors d’un voyage en Turquie. Ajoutez à cela des images de tournage à foison, des répétitions avec les comédiens, et vous obtenez un excellent making of !

S’ensuit un petit reportage de 16 minutes réalisé lors de la présentation de Twixt à Paris en présence du réalisateur. Si certains propos font évidemment redondance avec ce qui a été entendu lors du segment précédent, Francis Ford Coppola demeure très loquace et répond volontiers aux questions des spectateurs. Le cinéaste semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse depuis L’Homme sans âge et Tetro, et avoue avoir pris beaucoup de plaisir à se réinventer une carrière en totale liberté.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

Image - 4,5 / 5

Francis Ford Coppola retrouve son chef opérateur de L’Homme sans âge et de Tetro, Mihai Malaimare Jr et dispose une fois de plus d’une caméra HD, en l’occurrence de la caméra Sony 900. Autant dire que le résultat technique est à la hauteur des espérances avec un rendu sensationnel de chaque parti pris esthétique, autrement dit un kaléidoscope de couleurs hypnotiques. Dès le prologue, le master HD concocté par Pathé alliant un N&B bleuté et des teintes chatoyantes est luminescent. Les séquences nocturnes sont denses, les contrastes vifs, la palette de gris acérée, le piqué tranchant, et les clairs-obscurs sont à couper le souffle.

L’usage du cadre large permet de profiter d’une profondeur de champ abyssale, les détails (notamment des visages) sont confondants de beauté et seuls quelques pertes de la définition et artefacts (encodage VC-1) sur quelques plans rapides empêchent de donner la note maximale à ce superbe Blu-ray. Pour résumer, on reste souvent ébahi devant la précision de chaque détail au niveau des gros plans et de la splendeur de l’étalonnage. D’une densité extraordinaire, ce master s’impose comme l’un des plus beaux réalisés par Pathé depuis son histoire.

Son - 4,5 / 5

Twixt est disponible en anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1. La piste originale plonge le spectateur dès l’ouverture et promet une projection étourdissante avec des effets frontaux envoûtants. Si le canal central exsude les dialogues avec autant d’efficacité que de pureté, jamais les voix des comédiens ne sont voilées par les différents thèmes musicaux ou les divers effets surround. Ce mixage offre également de fabuleuses envolées soulignant harmonieusement les sublimes images sans jamais tomber dans la surenchère. C’est grâce à une ouverture maximale des enceintes avant et arrière et par l’utilisation intelligente du caisson de basses que nous pouvons apprécier encore plus le film de Francis Ford Coppola, d’autant plus que certains détails nous avaient complètement échappé lors de la vision du film au cinéma. Même chose concernant la piste française au mixage sensiblement différent puisqu’elle délivre moins d’effets latéraux que son homologue anglaise. Ce mixage se révèle moins incisif mais demeure tout de même d’excellente facture.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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