Cosmopolis

Cosmopolis (2012) : le test complet du Blu-ray

Réalisé par David Cronenberg
Avec Robert Pattinson, Juliette Binoche et Sarah Gadon

Édité par Stone Angels

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Le 02/11/2012
Critique

Dans un New York en ébullition, l’ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

Publié en 2003, Cosmopolis, le treizième roman de l’auteur américain Don DeLillo avait jusqu’alors été jugé inadaptable au cinéma, y compris par l’écrivain lui-même. C’était sans compter sur David Cronenberg qui a brillamment relevé le défi en transposant fidèlement une oeuvre considérée aujourd’hui comme prémonitoire sur la crise financière internationale. En confiant le rôle principal à Robert Pattinson, le cinéaste canadien offre au jeune comédien l’opportunité de prouver qu’il peut incarner autre chose qu’un vampire imberbe phosphorescent. Certes, les dialogues, issus directement du roman, demeurent la plupart du temps hermétiques et assommants, et le spectateur peu concentré aura l’impression d’une torture verbale de près de deux heures, notamment la fin réellement pénible. Mais la virtuosité de la mise en scène et le jeu glacial de Robert Pattinson (de tous les plans) l’emportent aisément.

L’essentiel de l’action demeure confinée à l’intérieur d’une limousine blindée (un cercueil ?) high-tech à l’intérieur de laquelle le personnage principal régit son univers et n’a donc plus aucun lien avec l’humanité ni la réalité. D’ailleurs, il ne ressent plus rien du tout, sauf que la mort est peut-être proche. Le monde s’écroule autour de lui durant son périple (il est à la recherche d’un salon de coiffure), les manifestations d’indignés se font plus violentes et organisées, le chaos s’installe et le jeune golden boy multimilliardaire assiste impuissant à l’effondrement de l’empire qu’il a fondé, tout juste est-il informé de ce qui se passe à travers les différents témoignages de collègues, de sa femme et de sa maitresse qui passent quelques minutes avec lui dans son repaire mobile. Cosmopolis est une fable aussi déconcertante que terrible sur le capitalisme, un film qui interroge, qui ne laisse nullement indifférent et donne même envie de se plonger immédiatement dans l’écrit de Don DeLillo, si cela n’avait pas été fait.

Généralités - 4,0 / 5

Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche du film. Le menu principal est animé, musical et très élégant.

Bonus - 4,0 / 5

Cette édition est disponible uniquement dans les magasins Fnac.

Dirigez-vous immédiatement sur l’impressionnant making of d’1h45, d’une durée égale à celle du film. Vous y apprendrez tout sur la genèse du film, l’adaptation du roman de Don DeLillo par David Cronenberg (rédigé en six jours), le casting (notamment le choix de Robert Pattinson) le tout étant parsemé d’interviews de l’ensemble des comédiens, du réalisateur et des producteurs. Les images de tournage à Toronto (réalisé dans l’ordre chronologique) répondent évidemment à l’appel et démontrent toute l’ingénierie de l’équipe des effets visuels et des décorateurs qui ont mis au point une limousine démontable afin de permettre à David Cronenberg d’y filmer ses acteurs comme il le souhaitait. Ce making of demeure passionnant, dense et permet d’admirer un grand metteur un cinéaste perfectionniste mais détendu, visiblement serein et en pleines possessions de ses moyens.

Après cela, la masterclass du réalisateur réalisée à la Fnac Montparnasse juste après la sortie de Cosmopolis dans les salles françaises ne sert pour ainsi dire à rien puisque David Cronenberg répète point par point la même chose que dans le supplément précédent. De plus, aucun échange ne se fait avec l’animatrice Béatrice Wachsberger qui se contente de poser ses questions et de transcrire sur papier les réponses du réalisateur, sans le regarder une seule fois.

Image - 2,5 / 5

Cosmopolis est le premier film tourné en numérique de David Cronenberg. Autant dire que le Blu-ray était tout indiqué pour revoir cette oeuvre singulière. Hélas ! Alors autant les scènes réellement tournées en extérieur sont correctes avec un relief certain, un piqué agréable, un aspect rutilant et une colorimétrie variée, autant celles filmées sur fond vert dans la limousine sont absolument affreuses et ne passent absolument pas le cap du petit écran. La faute à des incrustations horribles du paysage qui défile qui ressemblent à une copie de travail où les effets visuels ne seraient pas finalisés. Ces séquences paraissent constamment artificielles, les teintes demeurent laides, les détails sont altérés et les comédiens semblent être entourés d’un halo parasite. Ajoutez à cela quelques fourmillements, un encodage AVC hésitant et une gestion aléatoire des contrastes et vous obtenez ce qui est probablement la grande déception HD de l’année 2012.

Son - 3,5 / 5

Ce n’est pas avec le Blu-ray de Cosmopolis que vous épaterez la galerie du point de vue acoustique ! L’essentiel du film se concentre sur les échanges (incompréhensibles ?) entre les personnages et donc, les enceintes latérales ne sont guère mises à contribution en version anglaise comme en français, au doublage fort médiocre. Les deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 n’ont donc que peu d’occasions de briller, le caisson de basses reste au point mort, et seule la composition du fidèle Howard Shore (la quinzième collaboration avec Cronenberg) jouit d’une réelle spatialisation. Dans les deux cas, la délivrance des voix manque souvent d’ardeur. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Franck Brissard
Le 26 septembre 2014
Pas de commentaire.
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Sabrina Piazzi
Le 4 novembre 2012
Pas de commentaire.

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